Par Moon of Alabama – Le 6 février 2026
La première série de nouveaux pourparlers entre l’Iran et les États-Unis à Mascate, Oman, s’est terminée par des résultats satisfaisants.
Le président américain Donald Trump a grandement besoin de ces pourparlers pour échapper à ses menaces d’attaquer à nouveau l’Iran. Toute attaque contre l’Iran serait ripostée par des missiles qui causeraient des dommages massifs aux actifs américains et israéliens.
Il y a d’abord eu un peu de drame sur le lieu, la configuration et le contenu de la réunion.
Les États-Unis ont d’abord insisté pour que les pourparlers se déroulent en Turquie. Ils souhaitaient que les ministres des Affaires étrangères des autres pays du Moyen-Orient y participent. Ils exigeaient de négocier sur les domaines nucléaires, les missiles balistiques, le soutien iranien aux milices locales et la reconnaissance d’Israël par l’Iran.
Mercredi, le secrétaire d’État Marco Rubio a déclaré que les pourparlers devaient inclure les missiles balistiques, les milices alignées sur l’Iran et le traitement réservé à son propre peuple “pour que les pourparlers aboutissent réellement à quelque chose de significatif.”
L’Iran a rejeté toutes les conditions que Rubio a tenté de poser.
Il voulait limiter les discussions à la question nucléaire et à l’allégement des sanctions. Il ne voulait pas de la Turquie, qui n’est ni neutre ni amie de l’Iran, comme hôte des pourparlers et préférait Oman car ce dernier suit traditionnellement une politique étrangère neutre. L’Iran a également rejeté la participation d’autres pays du Moyen-Orient, car ceux-ci tomberaient probablement sous la pression des États-Unis pour se liguer contre l’Iran.
Certains pays du Moyen-Orient, désireux d’empêcher une autre guerre dans leur région, sont intervenus auprès du président Trump :
Craignant que les discussions sur les missiles iraniens et les mandataires régionaux ne provoquent une impasse immédiate, d’autres pays de la région ont fait pression pour que la session se concentre sur le programme nucléaire iranien, ont déclaré deux diplomates du Moyen-Orient.
Ils ont exhorté à accepter les conditions de l’Iran et les États-Unis leur ont concédé.
Les discussions tenues aujourd’hui étaient indirectes. Le ministre des Affaires étrangères d’Oman, Badr Al Busaidi, s’est déplacé d’une pièce à l’autre pour transmettre la position de chaque partie.
Badr Albusaidi – Last news@badralbusaidi – 14: 15 UTC * 6 février 2026
Des pourparlers très sérieux de médiation entre l’Iran et les États-Unis à Mascate aujourd’hui.
Il était utile de clarifier la pensée iranienne et américaine et d’identifier les domaines de progrès possibles. Nous visons à nous réunir à nouveau en temps voulu, les résultats devant être examinés attentivement à Téhéran et à Washington.
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a informé la presse iranienne des résultats:
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que le nouveau cycle de négociations indirectes sur le nucléaire avec les États-Unis dans la capitale omanaise Mascate était un “bon début” et pouvait se poursuivre.
“La décision sur la manière de poursuivre les négociations sera prise après des consultations avec les capitales”, a-t-il déclaré à l’IRIB après la conclusion des pourparlers sous médiation omanaise vendredi.
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Pendant environ six heures de pourparlers, plusieurs réunions indirectes et séries de consultations ont eu lieu et le ministre omanais des Affaires étrangères, Sayyid Badr Al Busaidi, a joué un rôle “actif” en accueillant et en transmettant les messages et les points de vue des deux parties, a déclaré Araghchi.
“Au cours de ces pourparlers, [qui ont eu lieu] après une longue période d’interruption, les positions et les préoccupations de l’Iran ont été pleinement transmises et nos intérêts, les droits du peuple iranien et toutes les questions qui devaient être abordées ont été transmis dans une atmosphère très positive, et les points de vue de l’autre partie ont également été entendus”, a-t-il expliqué.
D’autres médias iraniens rapportent qu’Araghchi, au cours des pourparlers, a insisté sur la poursuite de l’enrichissement en Iran et qu’aucune des parties n’a bougé sur ses positions précédemment énoncées.
Après des consultations avec les capitales, un nouveau cycle devrait avoir lieu dans une semaine environ.
Pour une raison intrigante (ou stupide), la délégation américaine, dirigée par Steve Witkoff et le gendre de Trump, Jared Kushner, comprenait l’amiral Brad Cooper, commandant des forces américaines au Moyen-Orient. La délégation iranienne était purement civile et certainement pas impressionnée par un homme en uniforme assis dans une pièce éloignée de la leur.
Je n’ai pas encore vu de « fuites » ou de rumeurs du côté américain des négociations.
Il y a beaucoup de gens autour de la Maison Blanche, plus précisemenrt de Marco Rubio, et en Israël qui veulent que les pourparlers échouent. Ils feront de leur mieux pour décrire la position iranienne comme déraisonnable et pour faire pression pour la fin immédiate des négociations.
Mais Trump a besoin d’une issue. Toute nouvelle conflagration au Moyen-Orient pourrait facilement se transformer en une catastrophe durant plusieurs mois avec d’importantes pertes américaines. Les conséquences politiques d’un tel combat ruineraient probablement sa présidence.
Moon of Alabama
Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.