Trump l’emporte : retour sur les leçons et les mensonges entourant l’accord de paix avec l’Iran


Par Brandon Smith − Le 19 juin 2026 − Source Alt-Market

Il existe deux obstacles principaux à la recherche de la vérité dans n’importe quelle situation : la dissonance cognitive et la propagande. L’une alimente toujours l’autre. Une propagande efficace fonctionne parce qu’elle joue sur les préjugés ou les peurs de son public cible. La dissonance cognitive est la porte ouverte par laquelle la propagande pénètre dans l’esprit et le contrôle.

En ce qui concerne Donald Trump et son administration, la propagande et la dissonance cognitive sont omniprésentes, et la grande majorité de celles-ci sont utilisées contre lui plutôt qu’en sa faveur. Si vous êtes impartial, cela saute aux yeux. Si vous espérez que son administration échoue, vous ne le verrez pas du tout ; vous trouverez simplement une raison de voir le pire.

À ceux qui lisent ces lignes en espérant que je vais alimenter leur passion pour la haine de Trump, désolé de vous décevoir. Je ne m’intéresse qu’aux faits et aux preuves ; je me moque des préoccupations des mouvements étrangers ou nationaux qui cherchent à manipuler l’opinion publique, et ils sont nombreux.

L’Iran n’était qu’un adversaire parmi tant d’autres

Il existe un vaste réseau d’agents de désinformation à travers le paysage politique, les médias traditionnels et les réseaux sociaux. Toutes ces personnes et les groupes pour lesquels elles travaillent ont inondé l’espace informationnel de mensonges sans fin, notamment au sujet de la guerre en Iran et des négociations de paix.

Malgré la désinformation, le résultat a été une victoire écrasante pour Trump à presque tous les niveaux. Cette position va en énerver certains – je m’en fiche complètement. Certaines personnes ne saisissent tout simplement pas la portée globale de cet événement. D’autres nient carrément cette victoire parce qu’ils ont BESOIN que Trump perde, ou parce qu’ils ont besoin que le public interprète l’accord de paix comme un échec.

Il est important de comprendre que l’Iran n’est pas le seul adversaire dans cette guerre. Ce n’est même pas l’adversaire le plus dangereux. Il existe aux États-Unis un certain nombre de groupes subversifs qui se disputent le contrôle du discours. Je classe ces opposants en quatre catégories :

Les bellicistes néoconservateurs : Des personnalités comme John Bolton, Lindsey Graham ou Mike Pence (les membres de l’Atlantic Council) qui souhaitent depuis longtemps l’anéantissement total de l’Iran et se moquent du nombre de vies américaines mises en danger pour atteindre cet objectif. Ils sont furieux contre l’accord de paix car il sape leur programme visant un changement total de régime et une occupation américaine de la région.

Le lobby israélien : À l’instar des néoconservateurs, le lobby israélien souhaite une invasion terrestre et un changement total de régime. Depuis longtemps, ils brandissent la menace d’un Iran nucléaire comme justification d’un déploiement terrestre américain. Oui, ils ont le droit de se défendre. Non, ce n’est pas le rôle des États-Unis de mener ce combat à leur place. Si nous le faisons, ce doit être parce que nos intérêts y trouvent leur compte.

La gauche politique : La gauche souhaite un enlisement en Iran, car elle pense que cela relancerait ses propres campagnes pour les élections de mi-mandat. Elle tente également de former une alliance avec les forces islamistes afin de démanteler la civilisation occidentale. Les gauchistes considèrent toute victoire de Trump, toute nouvelle positive, comme une menace pour leur retour au pouvoir.

Les « Black Pillers / pilules noires » : Une chose que j’ai remarquée concernant la dissonance cognitive entourant l’accord avec l’Iran, c’est que certaines personnes, y compris des commentateurs pour lesquels j’ai beaucoup de respect, ont rejoint le train de la propagande sans prendre en compte la situation dans son ensemble. Les médias d’État iraniens ont constamment diffusé des affirmations trompeuses pendant les négociations, et pourtant, certaines personnalités du mouvement pour la liberté se jettent sur chaque communiqué de presse en provenance d’Iran comme s’il s’agissait d’une aubaine.

Pour les partisans de la « pilule noire », je pense qu’il s’agit avant tout de ne pas vouloir avoir tort. Ils affirmaient que le conflit allait dégénérer en Troisième Guerre mondiale. Ils affirmaient que la fermeture du détroit d’Ormuz allait faire s’effondrer l’économie mondiale.

Ils ont affirmé que Trump allait déployer des dizaines de milliers de soldats au sol et que les navires de guerre américains seraient détruits par des missiles hypersoniques. Ils avaient tous tort. Rien de tout cela ne s’est produit.

J’ai moi-même mis en garde contre ces scénarios pendant de nombreuses années, en soulignant les nombreux écueils d’une guerre de longue durée. Cependant, dès que j’ai compris ce que Trump faisait réellement et qu’une invasion terrestre ne faisait pas partie du plan, j’ai dû revoir mon point de vue.

Comment Trump a gagné

Dans mon article « Crise énergétique mondiale ou capitulation iranienne en cinq semaines ? », publié en mars, j’ai expliqué comment l’objectif de Trump, à savoir forcer le régime iranien à s’asseoir à la table des négociations, pouvait être atteint SANS invasion terrestre (ce qui permettrait potentiellement de sauver des milliers de vies). Il s’agissait de ma stratégie du « blocus du blocus », conçue pour étrangler l’industrie pétrolière iranienne. Deux semaines plus tard, l’administration Trump a mis en œuvre exactement cette stratégie.

Gardez à l’esprit qu’à l’époque, tout le monde affirmait que l’Iran allait se battre jusqu’au dernier homme et qu’il n’avait aucune raison de négocier. Il a fallu plus de cinq semaines après le blocus pour pousser l’Iran à conclure un accord ; cela a pris neuf semaines au lieu de cinq. Je pense que le blocus a joué un rôle essentiel dans ce résultat.

Les détracteurs (et les groupes d’intérêts particuliers) affirment désormais que cet accord est une forme de « capitulation » des États-Unis. Il n’y a pas si longtemps, ils affirmaient qu’un accord était impossible. Mais chaque groupe a une conception différente, et souvent ridicule, de ce à quoi doit ressembler la victoire. Examinons le résultat final concret obtenu par Trump…

Pourquoi l’accord de paix est une victoire indéniable pour l’administration Trump

Au moins deux échelons de la hiérarchie iranienne ont été détruits. Les attaques iraniennes à la roquette et au drone ont considérablement diminué vers le milieu de la guerre, ce qui suggère que leur capacité de lancement a été réduite. Les dirigeants iraniens ont été contraints de négocier. Le détroit d’Ormuz est grand ouvert, sans droits de passage. Les matières nucléaires iraniennes enrichies à 60 % sont enfouies sous une chaîne de montagnes et le programme d’armement est officiellement terminé. Les inspecteurs de l’AIEA et des États-Unis superviseront la dilution de ces matières une fois qu’elles auront enfin été déterrées, et retireront probablement l’uranium du pays sous la surveillance des États-Unis.

En conséquence, le cartel pétrolier de l’OPEP touche à sa fin. Les Émirats arabes unis ont annoncé leur retrait, ce qui signifie que d’autres membres suivront afin de concurrencer l’augmentation de la production pétrolière des Émirats. Cela se traduira par une offre de pétrole nettement plus importante sur le marché et par des prix bien plus bas à long terme.

Mais qu’est-ce que l’Iran aurait obtenu en échange ? C’est là que les propagandistes entrent en scène et mentent sur les détails de l’accord, souvent par omission.

L’Iran n’obtient rien qui ne puisse lui être facilement retiré à nouveau

Abordons l’argument courant selon lequel l’Iran recevrait un versement de 300 milliards de dollars de la part des États-Unis. C’est faux et il s’agit d’une déformation délibérée des faits. Premièrement, ce fonds d’investissement potentiel n’existe pas encore, il s’agit simplement d’une idée sur le papier. Deuxièmement, pas un seul centime provenant des contribuables américains ne sera versé à l’Iran dans le cadre de ce fonds, s’il venait à être créé.

Ce fonds est présenté comme une carotte potentielle pour les Iraniens, constitué d’investissements privés étrangers provenant en grande partie des pays voisins. Il ne serait mis en place QUE SI les Iraniens se comportaient correctement et modifiaient en profondeur leurs politiques gouvernementales, probablement sur plusieurs années.

C’est l’administration Trump qui détient tout le pouvoir de décision pour autoriser la création de ce fonds ou de le supprimer à tout moment. L’affirmation selon laquelle il s’agirait de « réparations » de la part des États-Unis est un mensonge. L’affirmation selon laquelle l’Iran serait payé en échange d’un accord est un mensonge.

Qu’en est-il du déblocage des avoirs iraniens ? S’agit-il d’une capitulation de la part des États-Unis ? Non, pas du tout. Ces avoirs appartenaient déjà à l’Iran avant la guerre. Si la guerre prend fin, il est évident qu’ils finiront par récupérer ces avoirs. Par ailleurs, les États-Unis ne détiennent qu’environ 2 milliards de dollars du montant total, le reste étant dispersé dans une douzaine d’autres pays.

Qu’en est-il des droits de passage dans le détroit d’Ormuz ?

On ne cesse d’affirmer que cela va se produire, mais ce n’est pas le cas.
Nulle part dans l’accord de paix il n’y a de disposition permettant à l’Iran d’instaurer des péages dans le détroit d’Ormuz. Il est vrai que le protocole d’accord actuel sert de base à des négociations plus détaillées au cours des 60 prochains jours, mais encore une fois, PERSONNE au sein de l’administration Trump n’a accepté un système de péage, et personne ne le fera. Car cela créerait un précédent pour les voies navigables internationales partout dans le monde, ce qu’aucun gouvernement ne peut permettre.

Il convient de noter que l’Iran n’avait même pas de moyen de pression sur le détroit d’Ormuz pendant le conflit. Les opérations navales américaines ont permis à plus de 200 pétroliers de traverser le détroit sans que l’Iran ne puisse les en empêcher. Les compagnies d’assurance constituent un obstacle plus important à la traversée du détroit par les navires que ne l’est l’Iran.

Je pense que le blocus américain du détroit d’Ormuz a, en réalité, causé de graves dommages à un certain nombre de puits de pétrole iraniens. Je pense que nous en saurons davantage sur ces dégâts dans les mois à venir. En d’autres termes, la capacité de l’Iran à maintenir son économie vient d’être considérablement réduite. Je pense que l’accord de paix met autant l’accent sur d’éventuels financements précisément parce que la capacité pétrolière iranienne vient d’être réduite. Pour les amener à s’engager, il faut qu’il y ait une lueur d’espoir au bout du tunnel. C’est la base des négociations.

Qu’en est-il des prix élevés du pétrole et du gaz ? N’est-ce pas un désavantage pour les républicains lors des élections de mi-mandat ? Soyons clairs : rien n’indique une véritable pénurie d’approvisionnement pendant le blocus du détroit d’Ormuz. Les cours du pétrole s’effondrent précisément parce que la majeure partie du choc sur les marchés a été causée par la spéculation, et non par des pénuries (une fois de plus, les sceptiques avaient tort). Cela se traduira par d’importantes baisses à la pompe au cours des six prochaines semaines, à moins qu’une crise ne survienne.

Et qu’en est-il de l’uranium, la principale raison pour laquelle la guerre a été lancée au départ ? Oui, les Iraniens construisaient tout ce dont ils avaient besoin pour produire des armes nucléaires. Et oui, les États-Unis contrôlent désormais essentiellement ces ressources.

Pendant des années, on nous a répété que l’Iran était sur le point de se doter de l’arme nucléaire, mais la plupart d’entre nous n’y croyaient pas en raison de la désinformation passée du gouvernement concernant les ADM irakiennes. Cette situation est différente. L’Iran a ouvertement admis https://www.cbsnews.com/news/iranian-foreign-minister-abbas-araghchi-face-the-nation-transcript-03-15-2026/ disposer de près de 1 000 livres d’uranium enrichi à 60 %, et reconnaît qu’il peut être enrichi davantage jusqu’à un niveau de qualité militaire (90 %) en l’espace de quelques semaines. La guerre a révélé que les missiles balistiques iraniens ont une portée bien supérieure à ce qui avait été initialement prévu, et qu’ils sont capables de frapper toute l’Europe, y compris le Royaume-Uni.

Le régime affirme qu’il n’avait pas l’intention d’utiliser ces composants pour fabriquer une véritable bombe, mais si c’est vrai, pourquoi n’a-t-il pas simplement renoncé à l’uranium enrichi dès le début ? Cela ne sert qu’à une seule chose. Pourquoi risquer une guerre totale pour cela, à moins d’avoir pleinement l’intention de fabriquer des armes nucléaires ? N’importe qui doté d’un peu de bon sens peut voir ce qu’ils mijotaient.

On pourrait faire valoir que l’Iran devrait être autorisé à posséder l’arme nucléaire et que la guerre était injuste. Je ne suis pas d’accord.

Ce régime islamique autoritaire ne devrait pas être autorisé à posséder de telles armes. Trump avait raison sur ce point, et oui, la guerre telle qu’elle s’est déroulée en valait la peine. Une culture qui croit qu’elle sera récompensée au paradis en échange d’un suicide religieux « juste » ne devrait jamais avoir accès à des armes capables de détruire des villes entières en un clin d’œil. Personne ne me convaincra jamais du contraire.

Quelques leçons tirées de la guerre

Si l’Iran a réussi quelque chose, c’est bien l’exploitation des réseaux sociaux occidentaux pour diffuser de la désinformation. Je soupçonne qu’il a probablement bénéficié d’une aide importante à cet égard, peut-être de la part de la Russie ou de la Chine. Dans le même temps, il a privé sa population d’accès à Internet, rendant impossible pour les dissidents locaux de publier des informations contraires.

L’administration Trump continue d’accuser un retard lorsqu’il s’agit de lutter contre la propagande étrangère et la propagande de gauche. Cela dit, elle s’est nettement améliorée au cours des deux derniers mois.

Le soutien de la base politique de Trump n’a pas changé malgré la guerre. Ceux qui affirmaient qu’il allait perdre le soutien des conservateurs avaient tout à fait tort. Mais s’il avait lancé une guerre terrestre, je pense que cela n’aurait pas été le cas.

Enfin, les armes fournies à l’Iran par la Chine et la Russie se sont révélées largement inefficaces contre les forces américaines dans la région. Des centaines de tentatives visant les forces navales américaines ont échoué. Un élément qui a semblé aider l’Iran, ce sont les renseignements satellitaires fournis par la Russie. Cela a rendu leurs attaques contre des cibles au sol plus efficaces, mais pas au point de constituer une menace sérieuse.

Peut-être n’êtes-vous pas d’accord avec le déclenchement de la guerre. Peut-être n’appréciez-vous pas le résultat final. Mais le fait est que Trump obtient tout ce qu’il voulait de cet accord. L’Iran n’obtient rien à moins de s’y conformer. Et les groupes d’intérêts particuliers qui espéraient une invasion terrestre et un conflit à grande échelle n’obtiennent rien. À mon sens, c’est un succès retentissant.

Certes, l’accord pourrait échouer et nombreux sont ceux qui tentent de le faire échouer. Peu importe. Trump peut facilement rétablir les mesures précédentes, celles-là mêmes qui ont contraint l’Iran à s’asseoir à la table des négociations au départ. Il a toute latitude pour agir. Soyons reconnaissants que le blocus ait fonctionné et qu’une invasion terrestre n’ait jamais été envisagée. Admettons qu’il s’agit d’une victoire, et passons à autre chose.

Brandon Smith

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

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