Le 29 mars 2025 − Source Moon of Alabama
Poutine, le président russe, a récemment prononcé un discours au cours du 6ème Forum Arctique International. Sa présentation s’est intéressé aux sujets généraux. Poutine a également fait mention des tentatives menées par les États-Unis en vue d’acquérir le Groenland par tous moyens.
Sans surprise, plusieurs médias ‘occidentaux’ ont réagi à cet événement. Mais les gros titres qu’ils ont produits sont étonnamment différents les uns des autres. C’est comme si deux discours différents avaient été prononcés, écoutés, puis résumés.
D’un côté, on affirme que Poutine souscrit ou soutient les tentatives menées par Donald Trump de voler le Groenland au Danemark :
- La souscription de Poutine à la prise du Groenland par Trump reflète leur vision d’un nouvel ordre mondial — The Guardian, le 28 mars 2025.
- Pourquoi Vladimir Poutine encourage-t-il les ambitions de Donald Trump sur le Groenland ? — National Interest, le 28 mars 2025.
- Alors que Vance est en route vers le Groenland, les espoirs d’acquisition de Trump obtiennent l’aval de Poutine — NBCnews, le 28 mars 2025.
D’autres journaux présentent un point de vue très différent :
- Poutine menace le projet de prise du Groenland de Trump — Metro, le 28 mars 2025.
- Poutine envoie aux États-Unis un avertissement glacial concernant leur poussée vers le Groenland — New Daily, le 28 mars 2025.
- Poutine prévient qu’une guerre arctique se déclenchera si les États-Unis s’emparent du Groenland et que la Grande-Bretagne et la France envoient une ‘force de réassurance’ en Ukraine — LBC, le 28 mars 2025.
À la lecture du discours de Poutine, je n’ai guère trouvé d’élément propre à étayer les affirmations avancées par le premier groupe de gros titres.
On n’y trouve aucun signe d’acquiescement au vol du Groenland — aucun. Seulement un rappel du fait que ce n’est pas la première fois qu’un président étasunien essaye d’accaparer le Groenland. Et ce tout en avertissant au sujet de potentielles réactions :
Dans le même temps, le rôle et l’importance de l’Arctique pour la Russie et pour le monde entier sont de toute évidence croissants. De manière regrettable, la compétition et la lutte géopolitiques pour prendre des positions dans cette région connaissent également une escalade.
Il suffit d’évoquer les projets des États-Unis en vue d’annexer le Groenland, dont chacun est au fait. Mais vous savez, on ne peut s’en trouver surpris qu’au premier abord. Considérer cela comme une affirmation grotesque de la part de la nouvelle administration étasunienne est une erreur profonde. Ce n’est absolument pas cela.
En réalité, les États-Unis entretiennent des projets en ce sens depuis les années 1860. Dès ces années, l’administration étasunienne a considéré une possible annexion du Groenland et de l’Islande.
…
En bref, les États-Unis ont des projets sérieux au sujet du Groenland. Ces projets ont des racines historiques anciennes, et comme je viens de l’évoquer, il est évident que les États-Unis vont continuer de faire avancer immanquablement leurs intérêts géostratégiques, militaro-politiques et économiques en Arctique.
La Russie, affirme Poutine, va devoir y réagir :
Concernant le Groenland, c’est un sujet qui concerne deux nations spécifiques et avec lequel nous n’avons rien à voir. Mais bien entendu, dans le même temps, nous sommes préoccupés du fait que les pays de l’OTAN désignent de plus en plus souvent le Grand Nord comme tremplin pour de possibles conflits, et réalisent des exercices militaires sous ces latitudes, y compris avec leurs « nouvelles recrues » — la Finlande et la Suède, avec lesquels, accessoirement, nous n’avions jusqu’il y a peu aucun problème, pas le moindre. Pour une raison ou une autre, ils créent des problèmes de toutes pièces. Pourquoi ? C’est incompréhensible. Mais néanmoins, nous allons nous baser sur les réalités existantes et nous répondrons à tout ceci.
Je me dois de souligner que la Russie n’a jamais menacé quiconque en Arctique. Cependant, nous suivons de près les développements dans la région, et formulons une stratégie de réponse appropriée, améliorons les capacités de combat des forces armées, et modernisons les infrastructures militaires.
Il n’y a rien dans le discours de Poutine propre à soutenir les articles publiés par le Guardian, NBVnews ou National Interest. Il semble que leurs auteurs continuent d’entretenir un Syndrome de Dérangement du Russiagate. Ils voient toute action étasunienne — exactement comme pendant le premier mandat de Trump — peu importe leur dimension funeste, comme favorables à la Russie. Les avertissements russes sont décrits comme des acquiescements à une hostilité ouverte de la part des États-Unis.
Quand vont-ils comprendre que le spectacle est terminé ?
Moon of Alabama
Traduit par José Martí pour le Saker Francophone