Les plans des Rothschild consistent à imposer encore une fois l’étalon-or au monde


Le Fixing de Londres est mort depuis plus de quatre ans


Par Valentin Katasonov − Le 22 octobre 2019 − Source reosh.ru

Валентин КАТАСОНОВCertains média ont rapporté qu’une réunion de banquiers et de financiers influents s’était tenue à Londres le 19 septembre, dans un cercle très étroit et à huis clos, à l’occasion du 100ème anniversaire du dénommé London Gold Fixing.


Des représentants de Barclays, de HSBC, de la Deutsche Bank, de la Scotia Bank et de la Société Générale, ainsi que les principaux dirigeants de la direction du London Gold Market Fixing Limited (LGMFL) et de la Banque d’Angleterre ont assisté à la réunion anniversaire. Au début du 21ème siècle, tous participaient au London Gold Fixing (LGF). Le LGMFL est la société qui gère l’organisation du LGF, ses fondateurs étaient les mêmes cinq banques, tandis que la Banque d’Angleterre, qui ne participait pas officiellement aux procédures du LGF, a coordonné de manière invisible les travaux du LGF. La réunion a eu lieu au bureau de la banque NM Rothschild & Sons à St. Swithin’s Lane dans la capitale anglaise. Les invités ont été reçus par le chef de NM Rothschild & Sons, David René James de Rothschild.

Давид Рене Де Ротшильд
La date de naissance du fixing de Londres est considérée comme étant le 12 septembre 1919. Les fondateurs du LGF sont les Rothschild qui, un siècle auparavant, étaient devenus les « maîtres de l’or » en Europe; ils l’amassèrent grâce aux guerres napoléoniennes. Et la Banque d’Angleterre, soit dit en passant, passa sous leur contrôle total en 1815, lorsqu’ils achetèrent ses actions à bon marché grâce à une opération minutieusement préparée.

La Première Guerre mondiale conduisit à la suspension de l’étalon-or, imposé par les Rothschild au XIXe siècle. Mais l’étalon-or a alimenté la demande de métal jaune, que le clan de la famille Rothschild octroyait sous forme de prêts aux États pour maintenir leur circulation monétaire. Pour compenser les pertes causées par la fin de l’étalon-or, les Rothschild ont décidé d’établir un contrôle sur les marchés du métal jaune. Et l’instrument de contrôle était le Gold Fixing, qui permettait aux Rothschild de mouvoir le prix de l’or dans la direction qui leur était nécessaire.

Dans tous les manuels d’économie, on peut lire que LGF est une méthode de fixation quotidienne du prix de l’or, utilisé sur le marché interbancaire de l’or à Londres depuis le 12 septembre 1919. Le prix était fixé par la société London Gold Market Fixing Limited, créée à ce moment-là, sur la base de l’offre et de la demande d’or. Le prix de l’or, issu du Gold Fixing de Londres, devenait quasiment un prix mondial, et servait de référence dans la grande majorité des contrats de fourniture d’or physique dans le monde.

Participèrent à la naissance du LGF cinq organisations impliquées dans le commerce et le raffinage du métal jaune et constituant le « club de l’or » informel de Londres (créé en 1850) : N. M Rothschild & Sons, Mocatta & Goldsmid, Pixley & Abell, Samuel Montagu & Co; Sharps Wilkins. Tout cet ensemble de la « magnifique quinte » était sous le contrôle du clan Rothschild.

Lors du premier fixing, le prix de l’once d’or Troy fut fixé à 4 livres, 18 shillings et 9 pence. À New York, le prix était alors de 19,39 dollars. Dans un premier temps, les parties prenantes au Gold Fixing communiquaient et fixaient le prix par téléphone, puis elles commencèrent à se réunir régulièrement au bureau de la banque Rothschild. C’était une sorte de rituel.

Le Gold Fixing de Londres avait lieu deux fois par jour: à 10 h 30 (fixing du matin) et à 15h00 (fixing du soir), heure locale, par les représentants de la «magnifique quinte». Ils maintenaient un contact permanent avec leurs revendeurs, et par leur intermédiaire, avec des sociétés de négoce proposant et/ou achetant de l’or physique dans le monde entier. La procédure commençait par l’annonce du prix faite par le président, prix qu’il considérait comme optimal à ce moment. S’il n’y avait pas de vendeurs à ce prix, alors le prix augmentait. S’il n’y avait pas d’acheteurs, le prix baissait. Si des contre-offres étaient reçues, le rapport entre vendeurs et acheteurs d’or était calculé. Le processus se poursuivait jusqu’à ce qu’un équilibre du marché soit instauré.

Bien sûr, c’était un beau spectacle. En omettant les détails, je dirai que les représentants de la «Quinte d’Or» pouvaient, le cas échéant, retenir des ordres  d’achat et de vente de métal jaune, ou aussi bien lancer dans le jeu de faux ordres de la part des Rothschild. En conséquence, les prix de l’or étaient fixés par ceux qui procédaient aux échanges de cet or.

Dans les années 1939-1954, le marché de l’or à Londres ne fonctionna pas et le Gold Fixing n’eut pas lieu. Entre 1954 et le début des années 1970, la capacité de la Quinte  d’Or (Golden Five) de manipuler les prix du métal jaune fut limitée, l’étalon-dollar créé lors de la conférence de Bretton Woods prévoyant que les autorités monétaires pouvaient maintenir les prix de l’or à un niveau fixe de 35 dollars l’once Troy. Certes, il n’exista pas de fixing du prix à strictement parler, au cours de ces années, dans la mesure où, parallèlement au marché officiel de l’or, il existait un marché privé, où les prix pouvaient différer considérablement de la valeur fixe de 35 dollars.

Après l’effondrement de l’étalon dollar-or dans les années 1970, le prix de l’or a commencé à danser. Cela fut un moment en or pour la «magnifique quinte». Sur le marché de Londres ne se présentaient que quelques pourcentages du commerce mondial du métal physique, mais la «Quinte» dirigeait le marché mondial. Avec cela les parties prenantes au LGF stratégiquement jouaient à la baisse.

Le fait est que dans les années 1980, le cartel mondial de l’or a commencé à prendre forme, qui comprenait la Réserve Fédérale de New York, la Banque d’Angleterre, les plus grandes banques de Wall Street et de la ville de Londres. Le clan Rockefeller avait besoin d’un dollar fort pour qu’il devienne vraiment une monnaie mondiale. Le rival du dollar était l’or. L’entente sur l’or avait été conçue pour faire baisser le prix du métal précieux afin de permettre au dollar américain de se mettre sur l’orbite mondiale. Il semblerait que les décisions de la conférence de la Jamaïque sur la démonétisation de l’or devraient être qualifiées de défaite des Rothschild. Il en fut ainsi tactiquement parlant, mais dans une perspective stratégique, les Rothschild peuvent devenir gagnants.

Au cours des quatre dernières décennies, de grandes quantités de métal jaune ont été lancées sur le marché mondial. L’offre provenait des réserves d’or de nombreuses banques centrales, des Trésors et du FMI. En sus des ventes officielles d’or issues des réserves, il y eut des sorties de métal jaune provenant des coffres des autorités monétaires.

On soupçonne fort que, pendant longtemps, le cartel de l’or abaissa les prix à l’aide des métaux précieux des réserves de Fort Knox (le principal dépositaire de l’or du Trésor américain). Bien que les statistiques officielles des États-Unis affichent le même chiffre de réserves d’or de 8100 tonnes, les experts soupçonnent qu’il s’agit d’une fiction. Certains disent que Fort Knox ne stocke pas d’or, mais des lingots de tungstène dorés, c’est-à-dire qu’il y a une fraude pure et simple aux États-Unis. D’autres affirment que l’or a quitté le coffre-fort à la suite d’opérations appelées «prêts or» et «crédit-bail or». Au lieu d’or métallique, le Trésor américain ne disposerait que de morceaux de papier confirmant ses besoins en or. Très probablement, l’or physique ne reviendra jamais à Fort Knox. Une question se pose : où l’or s’est-il écoulé depuis les réserves officielles ? Je pense que c’est dans la structure contrôlée par les Rothschild. Ils en ont besoin pour imposer à nouveau un étalon-or au monde. Les Rothschild ont attendu patiemment pendant plusieurs décennies, mais il semble maintenant que le transfert de l’or dans leurs coffres-forts soit sur le point de s’achever.

Certains auteurs attribuent au London Gold Fixing les fonctions de cartel mondial de l’or. C’est une erreur. Le LGF a uniquement pris en compte le jeu d’or global dans ses activités. Et les parties prenantes au LGF ont continué à gagner beaucoup d’argent, même dans les conditions du jeu à la baisse. Si l’on regarde les courbes de la dynamique du prix de l’or, nous verrons que ces courbes sont en créneaux. Et à la fin du XXè siècle, la « quinte d’or » a finalement perdu toute prudence. Son ingérence dans la manipulation des prix du métal précieux est devenue visible à l’œil nu.

Et au début de ce siècle, la «quinte» a réalisé que cela sentait le roussi. Les parties prenantes traditionnelles ont commencé à quitter le LGF. Le groupe de Rothschild s’est retiré du commerce de l’or et, par conséquent, du fixing de l’or ; depuis 2004, il est remplacé par la Barclays Capital Bank. La place de Mocatta & Goldsmith a été prise par Scotia-Mocatta, successeur de Mocatta et membre de la Banque Nova Scotia. La place de Pixley et Abel a été prise par la Deutsche Bank, propriétaire de Sharps Pixley. La place de Samuel Montagu & Co a été prise par la banque HSBC, qui, en fin de compte, s’est avérée le  vrai propriétaire de cette société. Enfin, une autre grande banque transnationale, la Société Générale, a rejoint la nouvelle « Quinte d’Or », qui a poursuivi les activités du LGF.

Les nouveaux membres du LGF entretenaient des relations étroites avec les Rothschild. Ainsi, le chef de la Barclays, Marcus Agius s’est avéré être le gendre de l’ancien chef de NM Rothschild & Fils Edmund de Rothschild, et est devenu le représentant principal du clan des milliardaires dans la « quinte d’or ». Et les déclarations bruyantes selon lesquelles les Rothschild, impliqués dans le commerce de l’or depuis deux siècles, l’ont inopinément abandonné, sont une exagération, voire une supercherie.

Les autorités de surveillance financière de l’UE, de l’Allemagne et du Royaume-Uni se sont «réveillées» de manière inattendue et ont commencé à surveiller de près les opérations du LGF. Les responsables de la surveillance financière ont commencé à faire des allégations relativement aux abus présumés commis par des participants du LGF. Les nerfs ont lâché chez un des membres de la « Quinte d’Or » renouvelée, à savoir la Deutsche Bank.  Elle a tenté de vendre sa place au sein du LGF, mais n’a pas trouvé preneur. En 2014, la Deutsche Bank a quitté le LGF. Pour la première fois, la «quarte» est apparue en lieu et place de la «quinte d’or» : la Scotia Mocatta, la HSBC, la Société Générale, la Barclays Capital. La Financial Conduct Authority (FCA), l’autorité de réglementation britannique, a ouvert une enquête sur la Barclays Capital en mai 2014. Les autorités britanniques ont ensuite tenté d’éteindre le feu du scandale, avec une amende au  montant ridicule (environ 30 millions d’euros) imposée à la banque Barclays, contrôlée par les Rothschild.

En décembre 2015, un groupe d’investisseurs canadiens a poursuivi tous les membres du London Gold Fixing, y compris la London Gold Market Fixing Limited, devant la Haute Cour de l’Ontario, les accusant de « conspiration en vue de corriger, augmenter, maintenir, stabiliser, contrôler ou abusivement augmenter le prix de l’or et des instruments de placement liés à l’or. »

Et maintenant je reviens là où j’ai commencé. À la réunion secrète de banquiers du 19 septembre 2019 à Londres à l’occasion de l’anniversaire du défunt. Le Fixing de Londres est décédé il y a quatre ans et demi – en mars 2015. Il a été remplacé par un tout nouveau système, spécialement conçu, d’enchères électroniques optimalement transparentes qui admet un grand nombre de participants. Les bases ont été jetées pour la création d’un marché de l’or international 24 heures sur 24.

Le nouveau système s’appelle LBMA Gold Price. Il fut un temps où la «quinte d’or» du LGF et la London Bullion Market Association (LBMA) coïncidaient complètement. Aujourd’hui, le nombre de membres de la LBMA est beaucoup plus large. Au début du fonctionnement du nouveau système, il y avait 13 participants aux enchères électroniques, et tous étaient des organisations bancaires : la Bank of China, la Bank of Communications, la Construction Bank of China, Goldman Sachs International, la HSBC Bank USA NA, la ICBC Standard Bank, la JPMorgan Chase, la Morgan Stanley, la Société Générale, la Standard Chartered, la Bank of Nova Scotia – la Scotia Mocatta, la Toronto Dominion Bank, UBS.

Parmi les vétérans du LGF, nous retrouvons ici la HSBC, la Société Générale, La Banque de Nova Scotia – la Scotia Mocatta. Les dix autres participants sont des nouveaux venus, notamment des banques chinoises et américaines.

Et que dire des Rothschild: car, après tout, dans le système LBMA Gold Price, il n’y a ni NM Rothschild & Sons, ni Barclays Capital ?

Je pense que pour les Rothschild, les jeux au Fixing de l’or, désormais, ne sont plus intéressants. Ils ont des plans plus stratégiques. Il y a beaucoup de signes montrant qu’ils parient sur la restauration de l’étalon-or dans le monde, et il s’agit d’un projet d’une toute autre ampleur. Tout peut partir des pays dont les banques centrales ont été particulièrement actives dans l’accumulation de métal jaune ces dernières années. Nous parlons de la Banque populaire de Chine et de la Banque de Russie …

Valentin Katasonov

Traduit du russe par Carpophoros, relu par Kira pour le Saker Francophone

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