La guerre contre l’Iran. Trump sous le feu des critiques pour un protocole d’accord pas encore publié


Par Moon of Alabama – Le 17 juin 2026

Plusieurs versions du mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran circulent dans les médias. Elles ne sont pas la version finale.

Hier, j’ai cité une version préliminaire publiée par l’agence de presse iranienne Mehr. On savait que cette version n’était pas non plus finale.

Depuis lors, Bloomberg, via Time, a publié une autre version. CNN en a une autre légèrement différente.

Aucune de ces versions n’est la version définitive sur laquelle les parties se sont mis d’accord.

Tard dimanche, la version finale avait été élargie car Trump a du faire des concessions supplémentaires pour empêcher l’Iran de riposter massivement contre Israël à cause de son attaque de dimanche matin sur Beyrouth.

Ces nouvelles concessions comprennent, selon des sources iraniennes, un retrait complet d’Israël du Liban, stipulé au paragraphe 1 du mémorandum d’entente. Le contrôle du détroit d’Ormuz a également été concédé à l’Iran. Les versions actuellement publiées dans les médias occidentaux n’incluent pas de telles clauses.

L’Iran dénonce explicitement l’inexactitude des versions actuellement publiées :

Une source réfute le prétendu texte du Protocole d’entente de Bloomberg, disant qu’il est inexact – Tasnim

TÉHÉRAN (Tasnim) – Une source bien informée a déclaré à Tasnim que le texte publié par Bloomberg concernant le protocole d’accord entre l’Iran et les États-Unis n’était pas exact.

« Comme annoncé précédemment, le mémorandum se compose de 14 clauses, et les sujets couverts par ces 14 clauses ont été discutés à plusieurs reprises dans les médias. Cependant, les détails présentés par Bloomberg concernant chaque clause sont, à bien des égards significatifs, incomplets », a déclaré la source.

« Par exemple, la première clause et la clause concernant le détroit d’Ormuz, telles que présentées par Bloomberg, sont clairement inexactes et omettent plusieurs termes clés importants », a expliqué la source.

La source a en outre noté que, sur la base de l’accord entre les parties, le texte du protocole d’accord sera publié après sa signature le vendredi 19 juin.

Il y a des spéculations sur les raisons pour lesquelles de fausses versions sont mises en circulation :

Mohammad Ali Shabani @mashabani – 13:54 UTC · 17 juin 2026

Hier, le Lobby israélien a commencé à faire circuler ce qui semble être une ébauche antérieure du protocole d’entente Iran-États-Unis. Aujourd’hui, les principaux médias américains ont magiquement mis la main sur un document fondamentalement identique. Le projet divulgué ne contient pas de changements apparents de dernière minute, tels qu’une référence à la nécessité de “garantir” la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban.

L’Iran et les États-Unis ont déclaré que rien ne serait publié avant la cérémonie officielle de signature en Suisse vendredi.

Israël est clairement désemparé par ce protocole d’entente, et sa clause initiale en particulier, car les forces israéliennes devront probablement quitter le Liban en vertu de l’accord final.

Le but de cette fuite, apparemment fausse, semble être d’augmenter la pression sur Trump pour qu’il renonce.

Il y a des pressions sur Trump de la part du lobby sioniste ainsi que des Républicains purs et durs pour qu’il se retire du protocole d’entente. Les Démocrates financés par l’AIPAC condamnent également l’accord. Ils attaquent le président de droite pour ne pas avoir gagné cette guerre alors que leurs électeurs pensent que Trump devrait être attaqué pour avoir déclenché cette guerre.

Les deux parties critiquent également la levée des sanctions sur les ventes de pétrole iranien.

Mais à quoi serviraient ces sanctions si elles ne peuvent pas être levées en échange d’une concession offerte par la partie sanctionnée ? L’Iran a fermé le détroit d’Ormuz. Sa condition pour sa réouverture est la levée des sanctions.

Trump va subir des pressions par les deux partis au Congrès pour faire annuler ce protocole d’entente. Ses détracteurs ne parviennent cependant pas à proposer de meilleures alternatives. Les réserves stratégiques de pétrole sont à sec, les pétroliers sont toujours bloqués à Ormuz, et même si les choses se passent bien, il faudra de nombreux mois pour que les prix du pétrole reviennent à des niveaux plus normaux. (Les choses seraient d’ailleurs bien pires si la Chine n’avait pas rapidement réduit ses importations de pétrole.)

Le manque persistant de pétrole sur le marché donne à l’Iran un énorme avantage pour les prochaines négociations.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

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