La deuxième tentative de suicide de l’Europe perpétrée par l’Allemagne sera probablement la bonne…


Par Pierre Leconte – Le 20 octobre 2015 – Source Forum Monétaire de Genève

On peut considérer qu’au siècle dernier, en août 1939 pour être précis, l’Allemagne en signant le Pacte germano-soviétique, a commis une première tentative de suicide de l’Europe qui a bien failli réussir… Elle s’apprête – dans l’indifférence générale – à en commettre une deuxième, qui sera probablement la bonne, en signant le Pacte germano-turc. 

En effet, l’Impératrice européenne Merkel a pris l’initiative unilatérale (de quel droit?) de se rendre à Istanbul rencontrer Erdogan le Sultan de l’Empire ottoman et de lui concéder tout ce qu’il exigeait : aide financière massive de l’UE [€3 Mds], visas Schengen pour 78 millions de Turcs, installation de mosquées un peu partout en Europe, relance du processus d’entrée de la Turquie dans l’UE mais déjà statut d’observateur auprès des institutions européennes, blanc seing pour massacrer les Kurdes et tuer le peu de démocratie restant dans son pays, etc… Tout cela contre une vague promesse du Grand Mamamouchi – lequel n’a évidemment aucune intention de la tenir puisqu’il fera monter constamment les enchères ce qui lui a si bien servi – de ralentir le flux massif de migrants musulmans misérables qu’il organise sciemment et systématiquement en direction de l’Europe depuis des mois pour la déstabiliser puis la subvertir…

Des images qui tuent…

ISTANBUL, TURKEY - OCTOBER 18: German Chancellor Angela Merkel (L) meets Turkey's President Recep Tayyip Erdogan at the Yildiz Palace State apartments during her visit in Istanbul, Turkey on October 18, 2015. (Photo by Turkish Presidency / Murat Cetinmuhurdar/Anadolu Agency/Getty Images)

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L’Europe en octobre 2015 tente de se suicider une deuxième fois et cette fois-ci ce sera probablement la bonne. Nous en concluons que l’éclatement à terme de l’UE et de l’euro est de plus en plus probable, étant donné que les lamentables politiciens, de Hollande à Juncker et leurs prédécesseurs et/ou successeurs (Sarkozy et consorts), qui sont aux ordres de Merkel, ne feront rien pour mettre immédiatement un terme à l’invasion de l’UE en rétablissant des frontières intérieurs et extérieures étanches (via la suppression des accords de Schengen et de Dublin), ni pour stopper l’alliance germano-turque, qui vient d’être scellée sans que Berlin et Istanbul leur aient demandé leur avis, et sans évidemment de consultation par référendum des peuples européens.

Le suicide européen, quelques excellents commentaires à lire :

Migrants : Comment l’Europe se suicide sans hâte
A Istanbul : Merkel met toute l’Europe en danger. De quel droit?
L’Europe : La tentation de la soumission à Ankara
Turquie : La divine surprise d’Erdogan
Vers une adhésion de la Turquie à l’Union européenne ?
Adhésion de la Turquie : L’UE fait à nouveau une promesse à Ankara

Ce sont les guerres des USA, de l’Otan et de l’Europe qui ont mis le Moyen-Orient à feu et à sang, raison pour laquelle il faut les cesser pour tarir le flux de migrants.

Merkel a fait d’énormes erreurs en encourageant d’abord l’arrivée de millions de migrants sur le territoire européen, en fermant ensuite les frontières de l’Allemagne une fois son pays submergé, puis en exigeant des autres états de l’UE (que Berlin traite constamment par le mépris) qu’ils se répartissent lesdits migrants et contribuent financièrement à leur prise en charge, pour finalement capituler devant Erdogan. Sans parler des mauvais démons que l’incohérence de Merkel fait renaître en Allemagne, un pays dont le peuple a déjà succombé à la barbarie et dont il faut se garder des impulsions irrationnelles ici et .

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Dans de telles conditions, la sortie de l’UE par le Royaume-Uni et par plusieurs États européens de l’Est est inévitable, avant que les opinions publiques des États européens de l’Ouest exigent elles-aussi de mettre un terme à la lamentable aventure fédérale européenne et à sa monnaie unique… en votant pour des dirigeants nationaux souverainistes (ainsi que les Autrichiens et les Suisses viennent de le faire pour leur part).

La construction européenne actuelle mène au désastre parce que ce n’est pas une fédération d’États vassaux de la puissance centrale (en l’occurrence l’Allemagne) qu’il fallait essayer de construire, mais une confédération (à l’image de la Suisse) d’États souverains préservant l’essentiel de leurs spécificités (identités nationales et régionales, langues et cultures locales, structures politiques et administratives, habitudes culinaires et autres, etc.). Il fallait encore moins créer une monnaie unique structurellement déflationniste imposée par la force et dirigée par une banque centrale indépendante, en fait totalitaire, décidant de tous les paramètres économico-monétaires s’appliquant à des économies divergentes (lesquelles ont besoin de monnaies nationales pour s’adapter aux chocs asymétriques qu’elles subissent), avant même d’élaborer progressivement l’union politique, économique et fiscale sur une base consensuelle, laquelle aurait dû être forgée avant la création de la monnaie unique. Il n’y a de monnaie que nationale (ou privée à certaines conditions bien précises), la monnaie supranationale n’est qu’un cauchemar…

La zone euro est toujours en déflation, donc l’euro ne peut que baisser au fur et à mesure que la BCE continuera son QE

Reuters : l’inflation de la zone euro confirmée à – 0.1 %

Rechute probable de l’euro/dollar US vers 1,046 / 1,05 puis, après consolidation, cassure à la baisse en direction de 0,85 :

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L’échec fédéral européen 

Malgré les efforts du ministre français des Finances, Emmanuel Macron, pour instaurer la solidarité financière entre Européens, l’Allemagne s’oppose toujours à l’Union bancaire.

Après six ans d’austérité, 36% des Grecs vivent au dessous du seuil de pauvreté. Varoufakis conseille à la gauche portugaise de ne pas respecter les exigences européennes.

Face au constat accablant par Zero Hedge du déclin de l’euro, devise autrefois puissante, Jacque Sapir analyse ce que seraient les conséquences d’une sortie de la monnaie unique.

Quant à l’imposition à l’UE du modèle allemand d’exportation, il faut la refuser parce qu’il n’y a plus grand chose à attendre de la mondialisation dans un contexte de stagnation mondiale séculaire et que ce sont des marchés nationaux domestiques solvables qu’il faut construire afin d’obtenir de la croissance économique durable tout en permettant de réduire le chômage de masse. C’est d’ailleurs aussi le problème de la Chine qui doit, au moment où ses exportations s’effondrent faute de débouchés extérieurs supplémentaires, bâtir un puissant marché intérieur, lequel est seul capable de lui fournir, via la relance de sa consommation domestique, la croissance qu’elle est en train de perdre.

Ce qui signifie que l’Europe, l’Allemagne au premier chef, et la Chine sont durablement sinistrées (leurs marchés d’actions ne pouvant donc à terme que chuter) parce qu’il leur faudra des années pour passer d’un système d’exportation à tout-va à un système de développement d’un marché intérieur solvable et prospère…  C’est aussi, à notre avis, le moment de liquider le plus possible les euros que l’on peut encore avoir au profit du dollar US, non pas pour acheter des actions US surévaluées ni de l’or manipulé, mais des obligations d’État US tant que la déflation se poursuivra.

Pierre Leconte 

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