Covid-19 : de nouveaux tests rapides, des États-Unis pouilleux, et un déficit de morts en Norvège


Par Moon of Alabama − Le 13 juillet 2020

Le besoin d’un test rapide pour les infections par le SRAS-CoV2 se fait urgent. Il arrive maintenant sur le marché :

La Food and Drug Administration autorise le premier test antigène pour aider à la détection rapide du virus qui provoque la Covid-19 chez les patients

Le nom « test antigène » est un peu déroutant. Ces tests recherchent des fragments de protéines qui se trouvent sur, ou dans, le virus. Dans ce cas, l’échantillon est prélevé via un écouvillon nasal. D’autres tests de ce type fonctionneront bientôt avec de la salive sur un tampon buccal. Que ces tests utilisent un antigène de la protéine est un artefact technique et n’est pas vraiment pertinent.

Ce type de test est comparable au test rapide de la grossesse. Ils doivent être utilisés à la maison ou dans des lieux de soins pour un dépistage rapide. Le délai d’exécution habituel pour de tels tests est d’environ 15 minutes et ils ne nécessitent pas d’équipement spécial.

Aujourd’hui, nous utilisons des tests RT-PCR qui nécessitent des préparations particulières et un équipement de laboratoire coûteux. Les tests PCR sont très spécifiques et ont une sensibilité élevée, ce qui signifie qu’ils ne montrent que très peu de personnes positives au SRAS-CoV-2 comme négatives. Les tests antigène sont moins sensibles. Un faible pourcentage de personnes atteintes du virus aura un test d’antigène négatif.

Mais l’avantage des tests antigène est leur simplicité, leur rapidité et les coûts de production de masse d’environ un dollar. Ils peuvent être intégrés dans des processus de vie normaux comme les voyages internationaux sans causer de longs retards. Que les tests aient des faux négatifs n’a pas beaucoup d’importance. La modélisation épidémiologique montre que lorsqu’ils sont souvent utilisés, ils sont supérieurs aux autres méthodes de surveillance épidémique :

Étant donné le schéma de la cinétique de la charge virale, nous modélisons l'efficacité de la surveillance en tenant compte de la sensibilité des tests, de la fréquence et du temps de réponse de l'échantillon. Ces résultats démontrent qu'une surveillance efficace, y compris le délai avant la première détection et le contrôle de l'épidémie, dépend en grande partie de la fréquence des tests et de la rapidité de notification, et n'est que légèrement améliorée par une sensibilité élevée des tests. Nous concluons donc que la surveillance devrait viser en priorité l'accessibilité, la fréquence et le temps de réponse de l'échantillon ; les limites analytiques de la détection devraient être secondaires.

Beaucoup de ces types de tests arriveront bientôt sur le marché. Ils seront très utiles pour maîtriser les épidémies.

Ici en Allemagne, le délai habituel entre le prélèvement d’un échantillon pour un test PCR et la communication du résultat à la personne testée est d’environ 24 heures. Aux États-Unis, les tests PCR sont désorganisés, ce qui explique en grande partie pourquoi le pays n’est pas en mesure de maîtriser ses épidémies :

Certains sites de test ont du mal à fournir des résultats en cinq à sept jours. D'autres prennent encore plus de temps. Les épidémies dans la Sun Belt [États du Sud et de l'Ouest aux USA] ont mis à rude épreuve les laboratoires. Cette demande croissante, à son tour, a provoqué des pénuries de tampons, de réactifs chimiques et d'équipements, même jusqu'à New York.

Les longs délais d'exécution des tests empêchent les États-Unis de reproduire la stratégie centrale utilisée par d'autres pays pour contenir efficacement le virus : tester, pister et isoler.

Un test PCR coûte environ $150. Les tests antigène seront probablement disponibles pour moins de $10.

Comme les tests antigène et  PCR recherchent des morceaux du virus, ils peuvent montrer qu’une personne qui a eu le virus n’est plus contagieuse, mais affiche toujours des effets de SARS-CoV-2 positif. Un test sérologique rapide supplémentaire qui recherche des anticorps contre le virus peut séparer ces cas de ceux qui sont nouvellement infectés.

La Covid-19 pourrait bien être là pour durer. Si tel est le cas, je m’attends à ce qu’à l’avenir, tous les personnels médicaux, tous les visiteurs des lieux de soins, les voyageurs internationaux et toute personne entrant dans un hôpital ou même un cabinet médical soient tenus de passer un test antigène et, si positif, également un test sérologique. Combinés et largement utilisés, ces tests peuvent rendre la vie quotidienne de chacun un peu plus sûre.


Les États-Unis sont devenus un lieu de « pouilleux » et seuls quelques pays acceptent désormais des visiteurs venant de là-bas. La carte montrant l’effet est impressionnante :

Les projections les plus fiables font état de 200 000 morts et 50 millions de personnes infectées le jour des élections de novembre. Même ces projections ont du mal à tenir compte des actions fédérales complètement irrationnelles, telles que le fait de dénigrer les masques, de pousser à déconfiner trop tôt, et de ramener les élèves dans les écoles. Ce n'est pas l'absence de santé publique, c'est son contraire.

C'est, en fait, la Covid-19 qui gouverne. Ce n'est pas un État défaillant. C'est un État pestiféré.

Combiné avec les mesures anti-immigration de Trump, cela rendra les études aux États-Unis pour les étudiants étrangers beaucoup moins attrayantes. La National Foundation for American Policy constate :

Les inscriptions de nouveaux étudiants internationaux dans les universités américaines à l'automne 2020-2021 devraient diminuer de 63% à 98% par rapport au niveau de 2018-2019, avec entre 6 000 et 12 000 nouveaux étudiants internationaux dans la fourchette basse, et 87 000 à 100 000 dans la fourchette haute, selon une analyse de la National Foundation for American Policy. Le déclin de pas moins de 263 000 étudiants par rapport à l'année académique 2018-2019, dont le total avait été d'environ 269 000 nouveaux étudiants internationaux serait le niveau le plus bas depuis la Seconde Guerre mondiale, lorsque les chiffres ont commencé à être enregistrés. 

Le niveau haut de 12 000 pour la fourchette basse ne sera atteint que si de nouveaux étudiants internationaux du Mexique et du Canada se sont inscrits. Étant donné les incertitudes entourant même ces derniers, les prévisions les plus pessimistes ne placeraient le nombre de nouveaux étudiants internationaux inscrits qu'à la moitié du niveau de 12 000. L'inscription de nouveaux étudiants internationaux était d'environ 7 800 en 1948-1949, la première année enregistrée.

Les étudiants étrangers paient généralement les frais de scolarité pour s’inscrire dans des établissements américains. Si ces chiffres se confirment, le manque de nouveaux « clients » étrangers entraînera un énorme déficit du budget des universités américaines.

Ce n’est là qu’une des nombreuses conséquences graves de l’emballement de l’épidémie aux États-Unis.


Certains covidiots ont affirmé que « le confinement tue des gens ! »

Bien …

Thomas Hegghammer @Hegghammer - 20:05 UTC · 12 juil.2020

Les pompes funèbres norvégiennes demandent une aide économique au gouvernement parce que le confinement du coronavirus a entraîné une baisse du nombre de décès: Færre dør - krise for begravelsesbyrå

La Norvège a agi en temps opportun. Son pic de  nouveaux cas de la Covid-19 était d’environ 270 par jour – moyenne sur 7 jours – et le nombre total de décès était d’environ 250. Le pays a rouvert ses portes et compte maintenant moins de 10 nouveaux cas par jour. Le verrouillage n’a pas seulement empêché une extension épidémique hors de contrôle, il a également empêché les accidents de se produire. Moins de stress a conduit à moins d’autres incidents comme les crises cardiaques. Au total, le nombre de décès a diminué !

Moon of Alabama

Traduit par jj pour le Saker Francophone

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