Combien de temps faudra-t-il pour que les États-Unis s’effondrent ?


Par Brandon Smith − Le 3 janvier 2020 − Source Alt-Market.com


Il existe une multitude de fausses hypothèses sur ce à quoi ressemble l’effondrement d’une nation ou d’un « empire ». Les Américains d’aujourd’hui n’ont jamais vécu ce type d’événement, seulement des crises et des crashs périphériques. Grâce à Hollywood, beaucoup de gens dans le public ont l’illusion qu’un effondrement se produit du jour au lendemain. Ils pensent qu’une telle chose est impossible de leur vivant, et si cela arrivait, cela se produirait comme dans les films – Ils se réveilleraient simplement un matin et trouveraient le monde en feu. Historiquement parlant, ce n’est pas ainsi que cela fonctionne. L’effondrement d’un empire est un processus, pas un événement.


Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de moments de choc et d’effroi ; il y en a certainement. Comme nous l’avons vu pendant la Grande Dépression, ou en 2008, le système ne peut être soutenu artificiellement que pendant un certain temps avant que la bulle n’éclate. Dans les cas où la banque centrale est intervenue par le passé, le délai de manipulation est d’environ dix ans entre deux événements, à quelques années près. Pour l’individu moyen, une décennie peut sembler longue. Pour les élites bancaires à l’origine de la dégradation de notre société et de notre économie, une décennie est un clin d’œil.

Entre-temps, les signaux de danger abondent, car les analystes conscients de la situation tentent d’avertir la population de la dégradation sous-jacente du système et de la direction qu’elle prendra inévitablement. Des économistes comme Ludwig Von Mises ont prévu l’effondrement du mark allemand et ont prédit la Grande Dépression ; presque personne n’a écouté jusqu’à ce qu’il soit trop tard. De nombreux économistes alternatifs ont prédit la crise du crédit et le crash des produits dérivés de 2008 ; et presque personne n’a écouté jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Les gens ont refusé d’écouter parce que leur parti pris de normalité a pris le contrôle de leur capacité à raisonner et à accepter les faits qui se présentaient à eux.

Il y a un certain nombre de facteurs qui provoquent une cécité de masse face à la réalité économique et sociale. D’abord et avant tout, les élites de l’establishment créent délibérément l’illusion de la prospérité en truquant les données économiques à la hausse. Dans presque tous les cas de crise économique ou de désastre géopolitique, le public est conditionné à croire [juste avant, NdT] que l’économie est en plein « boom » financier ou en pleine ère de « paix ». Il est encouragé à ignorer les signes avant-coureurs fondamentaux en faveur d’une foi insensée dans le système. Les gens qui tentent de briser l’apathie et de dévoiler la vérité sont appelés des « poules mouillées » et des « faiseurs de malheur ».

Dans l’esprit des joyeux lemmings, un « effondrement » est quelque chose de très évident ; ils pensent qu’ils le sauront en le voyant. C’est comme essayer d’enseigner à un aveugle les couleurs ; ce n’est pas impossible, mais il est très difficile de faire comprendre à toutes ces Helen Kellers que ce qu’elles perçoivent n’est pas la réalité entière. Il y a un vaste monde qui leur est caché et ils n’ont aucune idée de la façon de l’observer.

Les accidents sont comme des étapes dans le processus d’effondrement ; ils créent des moments de clarté pour les aveugles. Cependant, ils sont aussi souvent conçus pour profiter à l’establishment. Il y a une raison pour laquelle les élites mettent tant d’énergie à cacher les vraies données sur l’état de l’économie, et ce n’est pas parce qu’elles essaient d’empêcher le système de vaciller en utilisant l’ignorance pure et simple du public. Plutôt, un crash est un outil, un moyen pour arriver à une fin. Comme le député Charles Lindbergh Sr. l’a averti après la panique de 1920 :

Avec le Federal Reserve Act, les paniques sont créées scientifiquement. La panique actuelle est la première créée scientifiquement, élaborée comme un problème mathématique…

Les banquiers centraux et leurs cohortes manipulent les données économiques et promeuvent la fausse notion d’un boom avant presque chaque crash majeur parce qu’ils VEULENT tendre une embuscade à la population. Ils VEULENT créer la panique, puis l’utiliser à leur avantage alors qu’ils reconstruisent et font muter le système en quelque chose qui était méconnaissable il y a seulement quelques décennies. Chaque crash consécutif contribue à l’effondrement de l’ensemble, jusqu’à ce que finalement la société que nous avions autrefois ne soit plus qu’un lointain souvenir.

Ce processus peut prendre des décennies, et les États-Unis y sont soumis depuis un certain temps déjà. Une fois de plus, en 2019, nous voyons le mensonge d’un « boom économique » se perpétuer dans les médias dominants. Le public est devenu trop conscient du danger et a dû être maîtrisé. Plus précisément, les conservateurs devenaient trop conscients. Ce qui est triste, c’est que la propagande du boom économique est aujourd’hui plus importante chez les conservateurs, qui essaient désespérément d’ignorer les fondamentaux pour tenter de défendre l’Administration Trump.

Les mêmes personnes qui soulignaient la bulle économique sous Obama nient maintenant son existence sous Trump. Trump lui-même a soutenu que les marchés étaient une dangereuse fraude économique créée par la Réserve fédérale pendant sa campagne, mais une fois en poste, il a fait volte-face et a commencé à s’attribuer tout le mérite de la bulle. Ce qui me sidère, c’est que beaucoup de gens, même dans le Mouvement pour la Liberté, choisissent encore de rejeter ce comportement en faveur du culte de Trump comme une sorte de héros sur un cheval blanc.

Cela ne fait que renforcer ma théorie selon laquelle le système est appelé à connaître un autre accident majeur et que l’effondrement actuel des États-Unis va bientôt s’accélérer. Chaque cas de calamité économique dans l’histoire moderne a été précédé par un pic d’optimisme délirant et aussi un pic d’avidité. Lorsque les personnes traditionnellement les plus vigilantes face à la crise capitulent soudainement et revendiquent la victoire, c’est à ce moment que la réalité frappe le plus fort. C’est alors que l’establishment déclenche une nouvelle démolition contrôlée.

Afin de déterminer la durée de vie d’un empire, il faut tenir compte du programme des élites qui contrôlent ses institutions. Tant qu’elles occuperont des positions clés de pouvoir au sein du système et tant qu’elles pourront y injecter leurs propres politiciens fantoches, elles auront la capacité d’influencer la chronologie de l’effondrement de ce système.

Peuvent-ils prolonger et éviter la crise ? Oui, pendant un court moment. Cependant, une fois que la dynamique d’un crash a été mise en marche, le mieux qu’ils puissent faire est de ralentir le Titanic ; ils ne peuvent pas changer sa trajectoire vers l’iceberg. Et franchement, à ce stade, pourquoi le feraient-ils ? J’entends souvent dire que les élites vont « faire tourner la planches à billet » pour maintenir l’économie et qu’elles ne veulent pas perdre leur « poule aux œufs d’or » au sein de  l’économie américaine. Cela révèle une naïveté chez les sceptiques du véritable programme.

Premièrement, les élites ont une marionnette politique très utile sous la forme de Donald Trump ; il est utile en ce qu’il inspire un déchirement national aigu, et, il est un champion conservateur et nationaliste autoproclamé. Si les élites ne déclenchaient pas un crash sous Trump, alors cela donnerait au public l’impression que les idéaux conservateurs et la souveraineté nationale fonctionnent. C’est le contraire de ce qu’ils veulent. Pourquoi les globalistes qui veulent l’effacement des États-nations et la création d’une « utopie » socialiste centralisée chercheraient-ils à donner bonne figure aux conservateurs et aux nationalistes ? Eh bien, ils ne le feront pas.

La seule préoccupation des banques est qu’elles ne prennent pas le blâme alors que leur effondrement artificiel de l’ancien ordre mondial frappe le public avec des conséquences de plus en plus douloureuses. Ces conséquences sont déjà visibles.

Le prochain crash majeur a commencé sous la forme d’une chute des fondamentaux, et beaucoup trop de conservateurs font l’autruche pour prouver égoïstement que la gauche politique a tort. Les baisses dans le secteur manufacturier américain, le fret américain, les exportations et les importations mondiales, les fermetures massives dans le commerce de détail américain, ainsi que les sommets historiques de la dette à la consommation, de la dette des entreprises et de la dette nationale sont mis de côté et rationalisés comme rien de plus que des « hoquets » dans une économie par ailleurs en plein essor. Les achats de la Fed sur le marché Repo, qui suivent la demande des entreprises privées pour des liquidités, ne sont pas non plus pris au sérieux.

Les conservateurs et les analystes vont devoir oublier de soutenir Trump, un mandataire de Rothschild, et commencer à reconnaître la réalité une fois de plus. La seule question qui se pose maintenant est la suivante : les élites vont-elles laisser le krach se propager davantage dans la vie réelle et frapper les marchés avant ou après les élections de 2020 ?

Comme nous l’avons mentionné plus haut, pour prédire le moment de l’effondrement d’une nation ou d’un empire, il faut examiner les programmes des élites qui dominent ses institutions. Les déclarations publiques d’organisations globalistes comme le FMI et l’ONU nous donnent une idée du moment choisi. Chacune a annoncé l’année 2030 comme date cible pour la finalisation de la globalisation, d’une société sans cash et des objectifs de durabilité. Cela signifie que les élites ont environ dix ans pour créer une crise et ensuite « résoudre » cette crise avec le globalisme.

Dix ans est une fenêtre étroite, et si les élites ont l’intention que les conservateurs prennent la responsabilité de la prochaine crise, elles devront l’initier rapidement. Ils n’auront peut-être pas le choix de toute façon, car la chaîne des dominos a déjà été mise en branle par la Fed en 2018 avec ses politiques de resserrement des liquidités.

Nous pouvons également évaluer le moment où un effondrement se produit en comprenant les tactiques courantes que l’establishment utilise pour cacher ce qu’il fait. En général, lorsqu’un effondrement est sur le point d’accélérer, les élites utilisent les événements de crise comme couverture pour distraire le public et produire des boucs émissaires. Dans mon article « Les globalistes n’ont besoin que d’un événement majeur de plus pour finir de saboter l’économie« , j’ai décrit trois distractions potentielles qui pourraient être utilisées à court terme, et si l’un de ces événements se produisait, alors les gens devraient surveiller l’effondrement qui s’accélère. Deux de ces événements semblent maintenant imminents : Le premier étant une guerre avec l’Iran, et le second étant un Brexit « sans accord ».

Enfin, nous pouvons prendre en compte la nécessité pour les globalistes d’avoir un bouc émissaire, et il semble que les conservateurs et les nationalistes soient leur cible pour recevoir les blâmes. Cela laisse moins d’un an pour un événement de crise si Trump doit quitter la Maison Blanche en 2020, ou moins de quatre ans s’il doit y rester pour un second mandat. Gardez à l’esprit qu’il peut se passer BEAUCOUP de choses en une seule année, et qu’un second mandat de Trump n’est certainement pas encore garanti.

Mais pourquoi d’abord créer un effondrement ? Les effondrements permettent à l’establishment de consolider le contrôle sur les biens durables, car la pauvreté oblige la population à vendre ce qu’elle possède pour survivre. Cette pauvreté crée également la peur, ce qui rend le public malléable et plus facile à contrôler. Chaque nouvelle crise ouvre la porte à des changements politiques et sociaux, des changements qui se traduisent par moins de liberté et plus de centralisation. L’effondrement est une succession de crashs qui mène à un effacement complet de la société d’origine. Ce n’est pas un événement à la Mad Max, c’est un cancer caché et insidieux qui s’empare du corps national et le déforme en une forme misérable. L’effondrement est complet lorsque la nation se brise ou est si endommagée pendant si longtemps que personne ne peut se rappeler à quoi elle ressemblait auparavant.

Ce que nous voyons aujourd’hui, c’est le début d’un nouvel effondrement, et les phases finales d’un effondrement de notre mode de vie. Le récit du boom économique chez les conservateurs est une farce destinée à nous pousser à la complaisance. La bulle contre laquelle nous vous avions mis en garde sous l’administration Obama a été crevée sous l’administration Trump. Rien n’a changé en dix ans depuis le krach de 2008, si ce n’est que la motivation pour planquer le krach est en train de disparaître rapidement.

Les crashs sont inévitables, mais l’effondrement n’est possible que lorsque le public est non préparé. Notre civilisation et ses valeurs sont attaquées, mais elles ne peuvent être détruites que si nous restons apathiques à la menace et refusons de nous préparer à les défendre. Nous devons adopter une philosophie de décentralisation. Nous avons besoin d’économies localisées et autosuffisantes, ainsi que d’un retour à une production localisée. Au-delà, nous devons nous préparer à l’éventualité d’un combat. Le sort de l’économie américaine est déjà scellé, mais les gens qui la détruisent peuvent encore être arrêtés avant qu’ils ne profitent de l’effondrement pour contraindre la société à la soumission. Nous devons offrir la sécurité, nous devons offrir des alternatives au « nouvel ordre mondial » et nous devons supprimer définitivement la menace globaliste.

Ne vous y trompez pas, nous vivons un moment historique ; l’issue de l’effondrement dépend de nous et de nos réactions. Ce n’est pas la tâche de la prochaine génération, c’est une tâche pour notre génération. Nous n’avons pas une autre vingtaine d’années pour prendre le danger au sérieux. Les dominos ne tombent pas, ils sont déjà tombés.

Brandon Smith

Traduit par Hervé, relu par Kira pour le Saker Francophone

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