Poule pornicheuse


[La procureure générale de New York, Letitia] James a toujours suivi la politique de la Reine de Cœur dans *Alice au pays des merveilles* : la peine d’abord, le verdict ensuite. − Jonathan Turley


Par James Howard Kunstler – Le 5 octobre 2026 – Source Clusterfuck Nation

Un groupe de jeunes hommes, debout côte à côte, fixaient la maison du regard, criant et injuriant la fraternité dissoute ainsi que les sept anciens membres que Jane Doe accusait d’agression. L’un d’entre eux a menacé de lancer une pierre à travers une fenêtre avant que ses compagnons ne l’entraînent à la hâte. (Crédit : The New York Times)

Vous pouvez être certain que personne impliqué dans ce cirque de viol collectif au sein de la fraternité de l’université de Cornell ne s’en sortira bien : ni les membres de la fraternité, ni la jeune fille, ni le procureur du comté, ni la procureure générale de l’État de New York Letitia James, ni la gouverneure de New York Kathy Hochul. Ces deux dernières ont décidé de se mettre en avant dans ce qui est devenu une affaire de viol, en cette année électorale où elles briguent toutes deux un nouveau mandat de quatre ans.

Tout d’abord, les faits eux-mêmes : le 19 octobre 2024, un samedi soir où le nord de l’État de New York est à l’apogée de ses couleurs d’automne et où le campus est en effervescence, « Jane Doe », âgée de 20 ans, commence à boire au sein de sa sororité, Delta Delta Delta (Δ Δ Δ, « Tri-Delt »), dont la devise est « Aimons-nous les uns les autres avec constance ». Vers 23 heures, Jane se rend dans le centre-ville d’Ithaca pour continuer à boire dans un bar. Elle n’a pas l’âge légal, mais parvient à se faire servir.

Pendant ce temps, les messages fusent sur les réseaux sociaux, Snapchat, etc. Une fête bat son plein à la fraternité Chi Phi (ΧΦ). Jane échange avec l’un des membres présents. Il l’invite cordialement à se joindre à eux pour « un plan à trois ». Jane a apparemment la réputation d’être une fille déchaînée sur le campus. Elle accepte et se rend à Chi Phi déjà bien éméchée, à « cinq sur dix » sur l’échelle d’ivresse, comme elle l’écrira plus tard dans une déposition de neuf pages remise à la police du campus.

Elle arrive à Chi Phi vers minuit. Encore des verres. Très vite, elle se retrouve dans ce plan à trois dans une chambre. Les membres de la fraternité sont eux aussi complètement bourrés. L’ambiance devient encore plus débridée. Quatre autres membres de la fraternité font leur apparition. En plus de l’alcool, ils commencent à prendre de la kétamine, connue pour provoquer une sensation dissociative de « flottement, comme hors du corps ». Le jugement n’est déjà pas au beau fixe sous cet effet, et il est encore plus altéré lorsqu’on mélange cette drogue avec de l’alcool. La scène chez Chi Phi tient du film *Animal House*, en pire. Diverses frasques s’ensuivent. Finalement, Jane Doe rentre chez elle.

Jane fait de nombreuses déclarations à ses amis et à ses consœurs de la sororité après l’incident. L’analyste juridique Jonathan Turley déclare au New York Post : « Des amis ont raconté que Jane Doe avait plus tard ri de l’incident et dit : “Oh mon Dieu, c’est fou, non ?” » Elle a également « dit plus tard à sa “grande sœur” de la sororité : “Tu entendras peut-être des rumeurs à mon sujet, et malheureusement, elles sont vraies.” »

Trois jours plus tard, elle a échangé des messages avec l’un des membres de la fraternité, qui a exprimé ses regrets quant à « la façon dont les choses s’étaient passées ». Jane lui aurait répondu par SMS : « J’ai vraiment aimé être avec toi », et « rien de ce qui a trait au sexe n’était illégal ». Elle a ajouté qu’elle voulait passer chez lui pour fumer encore « mais, genre, sans les 5 milliards d’hommes en plus et sans la kétamine ».

Cinq jours plus tard, elle a eu vent que Chi Phi organisait une soirée d’Halloween et a demandé à être invitée. Le garçon du trio a répondu : « Chi Phi, c’est ta maison, tu es la bienvenue ici. » Elle a répondu par SMS : « Merci, j’apprécie vraiment… J’apporterai mes clopes demain. » Voulait-elle parler de cannabis ? Peu après, le président de la section Chi Phi lui a envoyé un SMS pour annuler l’invitation. Jane, furieuse, a répondu : « Je savais que ça allait arriver. C’est toujours la femme qui se retrouve lésée. Vous n’êtes pas mes amis. Vous ne faites que vous couvrir. » Une femme bafouée…

Une semaine plus tard — on est désormais en novembre —, elle a signalé l’incident à la police du campus, mais a fait une déposition confuse, affirmant qu’elle avait consenti au trio initial : « Ouais, autant que possible, parce que, encore une fois, j’étais complètement bourrée quand je suis arrivée… Mais tout ça ne me dérangeait pas vraiment », ajoutant : « Je peux affirmer avec une certitude absolue que j’ai été violée. » On peut supposer que c’était également le cas, dans la mesure où la kétamine qu’elle avait prise l’avait probablement plongée dans un état semi-hallucinatoire. En raison de cette confusion entre intentions et actes dans les déclarations de Jane Doe, le procureur du comté de Tompkins (New York), Matthew Van Houten, a refusé de poursuivre les membres de la fraternité.

Quoi qu’il en soit, c’était à l’époque, en 2024. Depuis lors, la section de Chi Phi à Cornell a été fermée. Deux ans plus tard. Jane Doe a désormais intenté des poursuites civiles contre l’université de Cornell et les sept membres de la fraternité Chi Phi, ainsi que contre l’organisation nationale de Chi Phi, la sororité Tri-Delt, le bar du centre-ville d’Ithaca où Jane s’est saoulée, ainsi que des membres du corps enseignant, des anciens élèves et des membres du conseil d’administration dont les noms n’ont pas été divulgués. Elle allègue avoir subi de graves préjudices physiques et psychologiques et affirme avoir quitté Cornell par la suite.

Il y a une semaine, le procureur du comté de Tompkins, Van Houten, a rouvert l’enquête pénale. Puis la gouverneure Hochul est intervenue et a nommé la procureure générale Tish James « procureure spéciale » pour l’État, retirant ainsi l’affaire au procureur Van Houten. Tish James, vous vous en souvenez peut-être, s’était initialement présentée au poste de procureure générale en 2022 en promettant de s’en prendre sans merci à Donald Trump.

Cette affaire pose toutefois un petit problème : selon la loi de l’État de New York, la consommation volontaire d’alcool et de drogues altérant le jugement ne constitue pas légalement une incapacité à consentir à un rapport sexuel. Mais on peut compter sur Tish pour trouver un moyen de s’en sortir. Elle a tenu sa promesse de traîner Donald Trump devant les tribunaux en 2023 pour fraude civile (sous la présidence du juge Arthur Engoron à la Cour suprême du comté de New York [Manhattan]). Cela a abouti à un jugement d’environ un demi-milliard de dollars [à payer par Trump, NdT]. En août 2025, un collège de cinq juges de la Division d’appel a annulé ce jugement d’un demi-milliard de dollars.

Le New York Times a lancé sa propre enquête contre l’université Cornell. Cette couverture médiatique constitue essentiellement une campagne publicitaire gratuite en faveur de la gouverneure Hochul, peu populaire, et de la procureure générale « Big Tish » James, qui préside fièrement un système judiciaire de l’État de New York qui libère sans caution des criminels violents récidivistes inculpés, leur permettant ainsi de pousser librement des gens devant des rames de métro lancées à toute vitesse. Le président de Cornell, Michael I. Kotlikoff, a fait la déclaration obligatoire, larmoyante et pleine de remords, promettant de faire mieux. Chacun doit désormais jouer le rôle qui lui est attribué dans ce psychodrame.

On se demande si cela va se terminer comme l’affaire du viol impliquant l’équipe de lacrosse de l’université Duke il y a vingt ans, où le procureur qui avait engagé les poursuites a été discrédité et radié du barreau, où les étudiants mis en cause ont tous été acquittés, et où la jeune fille qui avait porté plainte pour viol a admis avoir menti avant d’être condamnée par la suite pour meurtre. Mais pas avant d’avoir fait grimper les frais d’avocat de toutes les parties concernées à des millions. Notre pays…

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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