Par Moon of Alabama – Le 25 aout 2026
Alors que la campagne de bombardements Américano-israélienne contre l’Iran a totalement échoué, le président américain Donald Trump a transféré la tâche de changer le régime iranien des mains du Secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, pour la confier au Secrétaire au Trésor, Scott Bessent.
Il est peu probable que le transfert de la tâche d’un ancien animateur de télévision à un gestionnaire de fonds (deux fois) défaillant change l’issue du conflit.
Il y a dix jours, Bessent annonçait de nouvelles pressions économiques sur l’Iran. Malgré le temps qu’il lui a fallu pour élaborer cette nouvelle politique, le résultat est maigre. Il y a quelques nouvelles sanctions contre des entités iraniennes qui feront un peu mal. Mais l’Iran est sous sanctions américaines depuis la naissance de la République islamique en 1979 et y est habitué.
La nouvelle menace majeure des États-Unis sont les sanctions secondaires prises contre des entités non iraniennes qui continueraient de commercer avec ce pays. Mais le discours de Bessent, de près de huit minutes hier, était vague sur les mesures réelles prises. Aucun calendrier ni aucune échéance n’ont été énoncés.
Les raisons en sont évidentes. Toute tentative de prendre au sérieux des sanctions secondaires, en particulier contre la Chine, provoquera des ripostes. Bessent a concédé par inadvertance que :
Reconnaissant qu’un barrage de nouvelles sanctions visant des pays du monde entier pourrait avoir des conséquences indésirables, M. Bessent a ajouté : “Pourquoi voudrais-je faire exploser le système financier mondial ?”
Toute ces menaces s’avèrent donc être du bluff :
L’annonce de Bessent a suivi un schéma familier. Il a passé des jours à promettre un « jour J économique« , des sanctions équivalentes à la prise d’assaut des plages de Normandie. Mais quand l’annonce est finalement arrivée, comme l’a dit l’un de nos journalistes, cela ressemblait plus à un simple coup de semonce.
Le gouvernement chinois, pour sa part, n’est pas d’accord avec les sanctions américaines :
« La guerre économique et les tactiques de pression maximale n’aident en rien à résoudre les problèmes. Ils ne feront qu’alimenter davantage les conflits, déclencher des risques en retour, perturber l’ordre économique et financier mondial et porter atteinte aux droits et intérêts d’autres pays », a déclaré [le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian].
La priorité absolue est de désamorcer la situation et de revenir rapidement sur la voie du dialogue et de la négociation, a déclaré Lin, ajoutant que la Chine prendrait les mesures nécessaires pour sauvegarder résolument ses propres droits et intérêts légitimes, a ajouté Lin.
Téhéran en déduira que cette nouvelle série de sanctions ne vise qu’à donner aux États-Unis le temps de se préparer à une autre attaque. Son avantage réside dans sa capacité à l’anticiper :
Au cours du week-end, le chef de la sécurité iranien a lancé un avertissement selon lequel tout pays qui se joindrait aux efforts américains pour isoler l’Iran serait « considéré par nous comme un ennemi ». Si la pression économique devait augmenter, a déclaré un analyste à Anton, l’Iran cherchera probablement un moyen d’exercer une nouvelle pression militaire sur les États-Unis ou ses alliés du Golfe.
La nuit dernière, l’Iran a endommagé un autre pétrolier qui tentait de traverser le détroit, sous la protection des États-Unis.
Il y a quelques questions auxquelles Scott Bessent n’a pas encore répondu :
– Qu’est-ce qui se passe ensuite ? Quand ?
– Étant donné que l’option militaire a échoué, comment les États-Unis réagiront-ils lorsque (pas si) l’Iran intensifiera ses attaques ?
Moon of Alabama
Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.