J’adore que les accros de Skid Row soient au courant des enjeux, connaissent les candidats et parviennent à faire entendre leur voix entre deux doses de méthamphétamine. − Peachy Keenan sur X
Par James Howard Kunstler – Le 8 juin 2026 – Source Clusterfuck Nation

Nithya Raman, candidate à la mairie de Los Angeles, championne des plus démunis
Qui l’eût cru ? On dirait que la charismatique Nithya Raman a dépassé le candidat anticonformiste Spencer Pratt dans la primaire « de la jungle » pour la mairie de Los Angeles, pour… des raisons de jungle. En effet, les habitants des vastes campements de sans-abri de Los Angeles — autrefois appelés « jungles de clochards » — ont apparemment voté massivement par correspondance pour la championne, diplômée de Harvard, des toxicomanes de rue des quartiers de Silver Lake, Echo Park, Los Feliz, Atwater et Hollywood (SELAH) qu’elle représente au conseil municipal de Los Angeles.
Il y aura donc un second tour en novembre entre la super-progressiste sortante Karen Bass et la simplement super-progressiste Mme Raman. Mieux vaut réserver votre remorque U-Haul dès que possible, alors que la Cité des Anges achève sa transformation en Cité des Zombies. Et pas de plaintes, s’il vous plaît. C’est pour ça que vous avez voté.
Au fait, que signifie réellement « progressiste » de nos jours ? Le progrès vers… quoi ? La désintégration finale d’une société civile ? L’échec concerté à gouverner un vaste organisme urbain ? La capitulation inconditionnelle face aux forces de l’entropie ? On pourrait soupçonner qu’il y a aussi un soupçon d’animosité raciale dans tout cela, une sorte de doigt d’honneur à cette chose appelée suprématie blanche dont on entend tant parler. Il faut l’éradiquer à tout prix, y compris au prix d’un lieu qu’une population productive aimait autrefois — ces mêmes personnes qui louent toutes ces remorques U-Haul, se dispersant dans le crépuscule américain.
Bien sûr, ce Parti démocrate « progressiste » s’est transformé en une dizaine d’années en une véritable organisation de racket, c’est-à-dire en une entreprise criminelle vouée au détournement de l’argent des contribuables au profit de ses membres, dont beaucoup ne sont pas citoyens. Le modèle n’est pas sans rappeler des versions plus primitives, telles que le réseau de Boss Tweed dans le New York du XIXe siècle, ou le gang du maire James Curley, le « Rascal King » de Boston. Le système était connu sous le nom de « clientélisme ». Les électeurs étaient les clients du parti, et les clients étaient sur la liste des salariés. Certains occupaient de véritables postes au sein du parti. D’autres recevaient simplement des avantages gratuits en échange de leurs votes. On appelait cela une « machine » car son fonctionnement était devenu automatique, s’auto-alimentant.
Il y avait toutefois une grande différence : ces premiers escrocs du Parti démocrate, malgré toutes leurs manigances cupides, étaient des patriotes américains. Ils célébraient un pays si ostensiblement « libre », si farouchement attaché à l’ascension sociale, qu’il faisait place à leur corruption politique criarde. La machine Démocrate de Los Angeles d’aujourd’hui est tout le contraire : c’est une faction qui méprise et déteste le système américain et cherche assidûment à le détruire, tout en s’accaparant autant de butin que possible au passage.
La maire Karen Bass a été formée à cette mission à Cuba. À partir de l’âge de 19 ans, en 1973, Mme Bass s’y est rendue à huit reprises avec la Brigade Venceremos (fondée en 1969 par le SDS, une organisation d’extrême gauche) pour « manifester sa solidarité avec la révolution cubaine », qui, vous vous en souvenez peut-être, était une révolution communiste pure et simple. On pourrait donc en déduire que la maire Bass est une communiste pure et dure, avec l’ambition de détruire la ville capitaliste de Los Angeles, afin de la remplacer par une utopie communiste — où toute production (s’il y en a) est détenue et contrôlée par le gouvernement, qui distribue ensuite les fruits de la production au peuple, selon ses besoins, comme les responsables gouvernementaux le jugent bon.
Dans un tel système, comme l’histoire le montre, le peuple n’a aucune capacité à prendre lui-même des décisions quant au type de travail à exercer pour son propre épanouissement et son bien-être — ce que nous appelons la liberté économique. Tout cela est laissé aux responsables politiques, aux commissaires, aux décideurs, qui dictent à tous les autres ce qu’ils doivent faire (car, voyez-vous, ils savent mieux que quiconque). Cela n’a pas très bien fonctionné dans la pratique, comme l’a démontré l’effondrement de la Russie soviétique, et comme le confirmera l’effondrement imminent de Cuba.
C’est exactement ce que l’on constate au lendemain des incendies de Los Angeles de 2025. Il y a eu le fiasco de l’incendie lui-même, où tout ce qui pouvait mal tourner a mal tourné, tant au niveau de la prévention que de l’atténuation. L’incompétence des responsables municipaux de Los Angeles était si totale — de l’absence du maire, parti en Afrique à l’incompétence du chef des pompiers, en passant par les réservoirs vides et les bouches d’incendie hors service, etc. — que Pacific Palisades et Altadena, de l’autre côté de la ville, ont été complètement détruits. Au cours des dix-huit mois qui ont suivi, la bureaucratie municipale (avec l’« aide » de l’État) s’est assurée que pratiquement rien ne puisse être reconstruit. Comme un grand nombre de personnes employées dans l’industrie cinématographique vivaient dans ces quartiers et se sont retrouvées ruinées financièrement, le gouvernement de Karen Bass a également contribué à détruire l’activité phare de la ville… un coup de maître pour les communistes !
La théorie économique marxiste séduit ceux qui haïssent et s’opposent au fait naturel que tous les résultats de la vie humaine ne sont pas égaux, qui ressentent une passion brûlante contre la tendance humaine à la hiérarchie sociale et qui travaillent avec fanatisme pour la vaincre. Ils n’y parviennent jamais, bien sûr. Dans les révolutions communistes, la hiérarchie se réorganise toujours — mais uniquement au sein de la structure du parti, tandis que toute initiative humaine en dehors du parti est interdite. En Californie, comme dans les autres États et villes « bleus », les dirigeants du Parti démocrate se perchent aux échelons supérieurs de la hiérarchie sociale tout en s’accaparant toutes les sources de revenus disponibles.
Si vous soupçonnez que le système électoral californien cache quelque chose de louche, vous n’êtes peut-être pas loin de la vérité. Le président Trump pense que c’est le cas, et l’a dit avec force dimanche lors de son entretien avec la polémique Kirsten Welker de l’émission Meet the Press de NBC. « Il n’y a aucune preuve ! » a répété avec insistance Mme Welker, concernant les irrégularités électorales, que ce soit lors de la primaire « jungle » californienne de ce mois-ci ou lors de l’élection nationale de 2020. Vous croyez ? Je suppose que nous verrons bien.
Rappelez-vous : l’ancien président vénézuélien Nicolás Maduro — pays d’origine du système de dépouillement Smartmatic — est détenu par les États-Unis depuis des mois. Pensez-vous qu’il pourrait tenter de négocier un accord pour échapper à une très longue peine de prison en divulguant ce qu’il sait sur Smartmatic ? Pensez-vous que M. Trump pourrait être au courant de ces négociations en cours ? Vous demandez-vous si tout cela a traversé l’esprit de Kirsten Welker, de Meet the Press ?
James Howard Kunstler
Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.
Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone
