Par Moon of Alabama – Le 17 mars 2026
Extrait d’un article du Wall Street Journal que j’ai cité hier :
La Maison Blanche Tente de constituer une coalition contre l’Iran pour faire face à la crise énergétique (archivé) – WSJ
> L’administration Trump prévoit d’annoncer dès cette semaine que plusieurs pays ont accepté de former une coalition qui escortera les navires à travers la voie navigable, qui longe la côte iranienne, ont annoncé des responsables américains. Les États-Unis et les pays potentiels de la coalition discutent encore pour déterminer si ces opérations commenceraient avant ou après la fin de la guerre. <
J’ai commenté :
À quoi servirait d’escorter les navires à travers le détroit “après la fin de la guerre”?
Jusqu’à présent, il n’y a pas de preneurs à l’appel de Trump. Je doute qu’il y en ait.
Aucun pays européen et aucun « allié » asiatique n’a proposé de l’aider à rouvrir le détroit d’Ormuz. La marine américaine non plus.
Alors pour une fois j’avais presque raison :
Le Premier ministre tchèque Andrej Babiš a décidé d’envoyer le croiseur tchèque « Krteček » dans le golfe Persique, faisant de la République tchèque le seul pays de l’UE à rejoindre la coalition dirigée par les États-Unis. 💪🇨🇿🇺🇸
Quoi, les Tchèques ? Certains twitteurs ont bien rigolé. Mais la Tchéquie est un pays enclavé sans marine. Krteček cependant (également Krtek) est une personnalité tchèque célèbre. Je vous laisse colorier son croiseur.
Autres infos, les Israéliens affirment avoir tué Ali Larijani la nuit dernière. Sayed Larinjani dirigeait le Conseil suprême de sécurité nationale iranien. C’était un politicien pragmatique et compétent avec de bonnes relations avec tous les centres de pouvoir – CGRI, religieux, Bazaari – au sein de l’État iranien.
Larijani aurait été la première personne de haut niveau à contacter pour d’éventuels pourparlers de paix.
C’est probablement la raison pour laquelle les sionistes ont essayé de l’éliminer. Cela rend plus difficile pour les États-Unis de trouver un moyen de sortir du conflit.
Mais, de toutes façons, cela ne fera pas une grande différence. Larijani est, comme tout le monde, remplaçable. Son martyre renforcera la volonté de l’Iran d’endurer toutes les épreuves nécessaires pour finalement vaincre les États-Unis et Israël :
Le meurtre d’Ali Larijani, comme celui d’Ali Khamenei avant lui, est bien compris comme un exemple de martyre stratégique, une dynamique qui expose l’irrationalité fondamentale de la dépendance continue d’Israël et des États-Unis à l’égard des stratégies de décapitation, en particulier compte tenu de leur échec historique répété. La stratégie décapitation-usure-invasion dont les États-Unis et Israël ne cessent de s’inspirer révèle des systèmes enfermés dans un répertoire familier de violence contre-productive qui n’ont toujours pas réussi à s’adapter à la réalité. Cet échec est si flagrant que même Trump l’a reconnu, lorsqu’il a récemment admis que les États-Unis avaient attaqué l’Iran “par habitude.”
…
L’Iran fonctionne à partir d’une rationalité de valeur stratégique selon laquelle le martyre lui-même peut effectuer un travail politique important et générer des effets stratégiques qui inversent les conséquences prévues de l’assassinat.
Le fait que Larijani ait assisté au rassemblement de masse et ait fait des déclarations embrassant ouvertement la possibilité du martyre avant sa mort ne fait que souligner à quel point cette logique est consciemment adoptée par ceux qui en supportent les conséquences, une logique articulée le plus clairement par Khamenei lui-même, qui a déclaré que “soit nous sommes martyrisés sur ce chemin, dont l’honneur est éternel, soit nous remportons la victoire ; les deux sont des victoires pour nous.”
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En bref, le martyre stratégique contribue en fin de compte à la dissuasion par la régénération, les tentatives répétées de décapitation étant soumises à une loi de rendements décroissants lorsque les adversaires découvrent que tuer des dirigeants ne fracture ni le système ni n’oblige à la soumission, mais contribue plutôt à sa consolidation.
Un certain Joe Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme des États-Unis, a démissionné aujourd’hui. Dans sa lettre de démission, il accuse Israël d’avoir poussé Trump vers la guerre contre l’Iran.
Cela est devenu un peu une mode :
Un diplomate connaissant les pourparlers a déclaré “Nous considérons Witkoff et Kushner comme des agents israéliens qui ont entraîné le président dans une guerre dont il voudrait sortir.”
Non. Ce n’est pas Israël (que Kent avait promu) qui a entraîné Trump dans la guerre ou l’a lancée. La seule personne qui a fait cela est Donald Trump, malgré tous les avertissements sur ce qu’une guerre avec l’Iran impliquerait. Les Israéliens n’auraient pas osé seuls une telle démarche contre l’Iran si Trump n’avait pas été d’accord avec eux.
Moon of Alabama
Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.