Par Zénon − Décembre 2025

Il dressera un signal pour les nations
et rassemblera les bannis d’Israël.
Il regroupera les dispersés de Juda
des quatre coins de la terre.
Alors cessera la jalousie d’Ephraïm,
et les ennemis de Juda seront retranchés.
Ephraïm ne jalousera plus Juda
et Juda ne sera plus hostile à Ephraïm.
Ils fonderont sur le dos des Philistins à l’Occident,
ensemble ils pilleront les fils de l’Orient.
Édom et Moab seront soumis à leur main
et les fils d’Ammon leur obéiront.
Yahvé asséchera la baie de la mer d’Égypte,
Il agitera la main contre le Fleuve
dans la violence de son souffle.
Il le frappera pour en faire sept bras,
on y marchera en sandales.
Et il y aura un chemin pour le reste de son peuple,
ce qui restera d’Assur,
comme il y en eut pour Israël,
quand il monta du pays d’Égypte. »
Isaïe 11 (3-12) – Le retour des dispersés
Au commencement était le Verbe.
Et le Verbe offre de vivre la croisée de la matière avec l’Esprit.
Ce qui est reçu se transmet. Et ce qui est dit se réalise.
La vie du Christ est un cheminement divin de l’individu au cours de cette ère.
Son enseignement, un itinéraire proposé à l’espèce humaine en pèlerinage ici-bas pour
ne pas s’y perdre et connaître le prochain cycle.
L’être et le néant s’engendrent.
Le microcosme est à l’image du macrocosme.
L’un et l’autre se répondent.
Pas un cheveu ne tombe d’une tête d’homme sans que Dieu l’ait compté,
ni une goutte de pluie sur terre sans qu’une femme ait pleuré.
L’arbre des Séphirots est asexué à sa racine, se ramifie en branches mâle et femelle se
réunissant en sa couronne.
La conscience de l’Un est l’expérience du Tout.
Éclosion, dispersion et retrouvailles sont l’inspire et l’expire du souffle de Vie.
Toute origine est un point, autour duquel toute manifestation se tient sur un cercle d’où
les énergies tendent au retour aux origines.
Il en va ainsi de l’atome à l’Univers en passant par l’Homme et la galaxie.
Électrons – neutrons – protons
Émetteur – message – récepteur
Masculin > Nouveau-Né < Féminin
Père – Fils – Saint-Esprit (Shekina juive, féminine)
Nos deux hélices d’ADN sont représentées par les deux serpents entrelacés du Caducée.
Un mâle et une femelle.
Kundalini est l’énergie nodale circulant entre les deux.
Elle se coule à travers sept spirales, sept plans de conscience manifestés auxquels s’en ajoutent deux, impersonnels et non-manifestés.
Le « tonal » toltèque est l’énergie Yang mentale.
Fixité. Intention. Autorité.
Le « nagual », celle du Yin mental,
de la fluidité, de la volonté, du pouvoir.
Le point nodal est l’Enfant. La conscience d’Être en devenir.
Chacun de nous est né d’une danse et de l’accord de deux souffles.
L’expérience individuelle est à l’image de l’évolution collective.
De même que les individus, les formes de conscience collective doivent tour à tour
disparaître pour enfanter.
Le Féminin s’efface d’abord afin de laisser au mâle une illusion d’initiative, mais celui-ci
devra s’éteindre à lui-même ensuite pour que l’ovule soit fécondé.
Des cycles d’inversion des polarités magnétiques terrestres se produisent tous les douze mille ans. Un crépuscule de six-mille ans. Une aube de six-mille autres. « Il y eut un soir et il y eut un matin ».
La Lémurie a selon la légende été détruite par les Atlantes, avant que ces derniers soient engloutis dans un cataclysme d’eau évoquant le Déluge.
Deux peuples descendants, masculin et féminin, sont l’héritage de l’humanité actuelle.
L’eurasiatique a essaimé d’Est en Ouest et l’indo-européen d’Ouest en Est.
De l’Altaï et de Mongolie ont migré les Amérindiens. Leur proximité féminine avec les
dieux les a poussés au sacrifice devant l’envahisseur venu d’Europe ; lui-même lointain
filleul du premier descendant des dernières grandes eaux.
D’un point originel, deux pétales d’une boucle dessinent un anneau de Moebius.
Leur point de jonction est celui, hors du temps, où les âmes prennent naissance, puis s’y retrouvent à la fin de leurs pérégrinations terrestres.
Trois informations convergentes se densifient sur le plan de la matérialité.
Celle du temps, la quatrième, est connue des formes d’intelligence sorties de l’animalité. La cinquième est connue des Anges et nous sera révélée à l’occasion prochaine de la « fin des temps ».
L’harmonie mathématique de cette matrice tridimensionnelle repose sur le rapport du
triangle au cercle bien connu de la trigonométrie. Pythagore fut paraît-il initié à Éphèse,
comme le fut Platon aux mystères d’Éleusis.
Trois sources lumineuses sont nécessaires à la formation d’un hologramme.
La survivance d’une civilisation ancienne a essaimé à travers les trois religions du Livre.
Comme le proton, le neutron et l’électron constituent l’atome, du choc de la rencontre des trois faisceaux, d’anciens voyageurs au long cours espèrent façonner l’Homme Nouveau.
Adam 2.0. Dont le triple W est un simulacre planétaire d’arbre de la connaissance,
exigeant le sacrifice de ce qui Est.
La mémoire ne fige que ce qui n’est plus.
L’intelligence artificielle est l’esprit de ruche synthétique du singe savant connecté. La
sphère de captation d’énergies vivantes dans la toile d’araignée mondiale.
L’œuvre se décompose en trois étapes :
La première dissout les empires en États.
La deuxième coagule les États en blocs.
La troisième distille les blocs en substrat.
La proclamation du faux donne parfois naissance au vrai.
L’opposition d’une thèse et d’une antithèse, à l’apparition d’une synthèse.
L’affrontement d’Isis et d’Osiris précède la venue au monde d’Horus.
Et le voyage de Memphis à Mizraïm permet au peuple de Moïse de quitter l’empire de
Pharaon pour gagner la terre d’Israël.
Franchir le désert et la mer d’Égypte, c’est s’affranchir de l’autorité temporelle pour
devenir enfants de Dieu.
La Révélation que les Hébreux ont reçu collectivement, le Christ en est l’incarnation
individuelle. D’abord honoré comme roi, puis comme Dieu, avant d’être raillé ensuite en
tant que roi, puis sur la croix en tant que Dieu.
L’évolution conduit de la Loi à l’Esprit, de l’écrit au Verbe, du temporel au spirituel.
L’Information devient ainsi vie incarnée.
Le code alphabétique de nos langages distingue les consonnes des voyelles.
La kabbale fait correspondre des valeurs numériques aux consonnes de l’Ancien
Testament, tandis que la prononciation des voyelles apporte le souffle.
Les voyelles viennent du cœur et du ventre – elles sont modulées selon d’infinies nuances toujours nouvelles, tandis que les consonnes naissent et meurent sur le bout de la langue.
« Engeance de vipères »
Les langues fourchues sont à l’Esprit des queues de reptile non-encore tranchées.
Propriété. Rituel. Territoire.
Tous les archaïsmes réglementés par le répertoire intellectuel du « tonal », la force de
cohésion fixatrice, l’ego – miroir de celle unificatrice d’Amour, dans la matière.
La Loi fait la vierge déchue pécheresse.
L’Esprit relève la pécheresse en sainte.
Devient sainte celle ayant terrassé son propre dragon,
devient adulte l’espèce ayant vaincu l’hydre collective.
Précipiter la roue des cycles en un désespoir de fortune
est une moisson de voleurs
en l’esprit de rêveurs assoupis.
Une douloureuse mémoire génétique, et peut-être la nostalgie de gloires anciennes, a
poussé nos aïeux d’il y a un siècle à théoriser l’eugénisme et ressortir de son carton
poussiéreux le phalanstère.
Le deuxième guerre mondiale se clôt par l’inauguration de l’ère de l’atome. La décennie
suivante voit apparaître l’étude du génome. Le projet cybernétique, le transhumanisme,
et les travaux du professeur Hoffmann sur le LSD.
Le petit village français de Pont Saint-Esprit en fut baptisé à son insu par les avionneurs
de la CIA une nuit de 1956. Et de serviles autorités locales accusèrent l’ergot de seigle
prétendument trouvé dans le pain du boulanger d’être à l’origine du carnage. Le symbole est signé.
Cette génération d’enfants d’une fausse paix vécut un simulacre d’illumination dans le
reflet d’un fleuve synthétique. Après la radio invitant chez soi la rumeur du Monde, la
télévision en importa l’image. Jusqu’à ce que le numérique se présente avec à portée de main tous les secrets de l’univers.
L’« amour » a ainsi essaimé.
Comme une traînée de poudre radioactive.
L’encodage binaire fonctionne sur le même principe que le cinéma, créant une illusion
d’animation par une série d’images fixes, ancêtres du pixel et de l’écran numérique.
Mais il n’existe, dans les interstices de silence visuel entre les plans, que vides comblés à grand renfort d’imagination inconsciente. Ce qui participe au renforcement de l’effort du « tonal », le Yang mental.
D’infinies nuances de vibration, naturellement traduites en sept fréquences, sept tons,
sept notes, sont réduites en séries de pleins et de vides que l’intellect se charge de faire correspondre à ce qu’il connaît.
Outre la réaction émotionnelle à ce que l’on voit, l’attention psychique appuyée vaut un
accord spirituel. Nous participons ainsi d’une façon ou d’une autre à ce que nous avons
sous les yeux.
Ce qui était vrai à chacun dans son environnement immédiat devient une réalité globale,
où les conséquences des choix de chacun sont décuplées par les algorithmes et le nombre de « vues ».
L’accélérateur de particules est lancé.
« Nous sommes en guerre. »
L’information génétique injectée en 2021 est désormais soluble dans l’eau comme dans
les tissus végétaux et animaux. Elle est ingérée, bue et respirée.
L’« internet des corps » galvanise des légions de fiers chasseurs de trophées virtuels tandis que le reste du vivant développe des anticorps ou s’atrophie.
Les nuages de poussière connectée disséminent la plus petite humeur au gré des vents et précipitent la mise en correspondance de ce qui se voit en-haut et ce qui se vit en-bas.
Une masse critique est absorbée, dans les villes.
Presque tous portent un petit cube noire volatile
en signe d’appartenance à la confrérie des âmes en errance.
La sensation du mal est exacerbée aux endroits où le bât blesse.
Beaucoup recherchent un échappatoire, un Autre coupable, le renfort d’un complice ou
l’expédient d’une victime expiatoire.
L’inconsciente stimulation pousse chacun au pire jusqu’à ce que le plus petit résidu
d’idées noires soit expurgé. La distillation humaine est délicate ; elle requiert l’art et la
manière de n’en point gâter le substrat.
Tout évènement advenu met en principe un certain temps avant de se reproduire.
La Terre promise serait un nouvel Éden d’où toute possibilité de faire le mal serait bannie sur l’ânon du libre-arbitre.
Le reptile passé par le bûcher devient phénix.
L’« Homme nouveau » deviendra peut-être poupée vaudou jetant des sorts par neuf
milliards d’aiguilles plantées dans sa moelle épinière,
ou peut-être simple cellule imberbe et grise, dépourvue d’intention propre,
obéissant à chaque influx nerveux par de glissants et répétitifs mouvements mécaniques.
L’avenir n’en finira pas de surprendre les endormis
par un opéra-bouffe au son des trompettes
d’apoplexie.
L’esclave de Sion doit devenir enfant de Jérusalem.
Toutes les autorités séculaires se sont soumises au pèlerinage
sur la spirale en colimaçon de la tour de Babel.
Seuls les clans solides et les loups solitaires s’immunisent.
Les autres ont de minuscules hordes parasites qui leur susurrent ce qui est de mise.
Tout ceci ne date pas d’hier.
Mais il arrive que l’Histoire se précipite.
Qu’une somme d’émissions croisées trace le faisceau d’une direction collective.
Les regards embués de fausse lumière synthétique sont absorbés, absents. La succube les as sucés jusqu’à la moelle : même le sang paraît s’épaissir sous la mélasse d’un insatiable désir d’omniscience.
Le serpent s’insinue sous les surfaces et s’amuse des résistances.
Seul ce qui est transparent perce.
La fusion des hémisphères est un prélude à la consumation du genre.
L’extension géographique à son terme doit devenir verticale.
L’information remonte en mille-et-un aiguillons jusqu’à la glande pinéale. Les paupières
font couler des cristaux de conscience muette.
Ce qui sera capté jusque-là deviendra israélien,
et ce qui sortira d’en-haut sera futur israélite.
Les choses tues sont les pieux mensonges de choses dites.
Il suffit d’un mot prononcé pour que le miracle arrive,
et l’ingénuité de l’enfant pour voir nus les empereurs.
Ceux qu’on prépare à nous présenter comme nos frères et avatars du futur sont des
naufragés du temps. Des âmes si maladivement énamourées d’elles-mêmes qu’elles se seront rendues captives dans le miellat magnétique du triple W.
Des orbes flamboyants au-dessus des cimes sont des signatures de mémoires anonymes.
L’Esprit change aussi souvent de couleur que la matière de forme.
L’innocence s’émerveille d’une perpétuelle parade nuptiale d’étoiles filantes.
Pourquoi ne pas nous unir aux autres pétales solaires dans le feu des utopies ?
Nous sommes des victoires de Samothrace au fond de galeries noyées de morgue.
Envolons-nous, telles des nuées d’aurore
aux vents des cyclones chargés de poussières adamantines.
Derrière chaque prothèse et chaque morceau du miroir brisé de Dieu, les fictions auto-entretenues du « moi » se décomposent et se dispersent ; vivent un automne qu’elles
espèrent fécond dans le désert.
Le métal fondu sous le feu se reforme au contact de l’eau.
Celle-ci s’électrise. Devient plasmique.
Sous un rapport nouveau se cristallise la configuration des éléments pour une époque.
Chaque fin de cycle apporte son instant d’abandon devant l’arbre des possibles.
« C’est en fermant les yeux qu’on trouve le chemin »,
dit au promeneur le pèlerin.
Zénon