Lincoln, une idole ? Vraiment ?


Par Thomas Di Lorenzo – Le 12 février 2018 – Source lewrockwell

Le politicien le plus déifié de l’Amérique fête son anniversaire aujourd’hui, célébré dans tout le pays, en particulier dans les think tanks néocon et les tabloïds. Je parle bien sûr de l’homme que l’aile straussienne du néoconworld appelle « le père », Abraham Lincoln. J’ai donc pensé offrir quelques suggestions de lecture dans le cadre de la célébration d’aujourd’hui.

Lincoln était de loin le plus détesté, méprisé et insulté de tous les présidents américains au cours de sa vie, comme l’écrit l’historien Larry Tagg dans son livre « The Unpopular Mr. Lincoln : le président le plus détesté de l’Amérique ». Sa déification a été l’œuvre posthume de la machine de propagande du Parti républicain.

Lincoln a été très prudent dans son expression quand il a expliqué au monde, dans son premier discours inaugural et d’autres discours, qu’il était disposé à inscrire explicitement l’esclavage dans le texte de la Constitution (avec l’Amendement Corwin) et qu’il envahirait tout État de l’union qui refuserait de percevoir la taxe tarifaire fédérale nouvellement doublée et d’en envoyer le produit à Washington, DC. Les soi-disant experts universitaires de Lincoln mentent effrontément à ce sujet, en d’autres termes.

L’invasion des États du Sud par Lincoln – définis comme libres et indépendants dans la Déclaration d’Indépendance – était la définition même de la trahison en vertu de l’Article 3, Section 3 de la Constitution, qui définit comme seul motif de trahison l’engagement d’une guerre aux États-Unis, ou l’aide et le réconfort accordé à leur ennemi. Le mot « leur » désignant  l’ensemble des États, signifie que la guerre contre la Caroline du Sud, la Virginie etc., est une trahison.

Lincoln était le plus grand ennemi que le premier amendement ait jamais eu, même pire que John Adams, il a mis en œuvre l’acte de sédition qui a fait qualifier son administration de criminelle. Adams a seulement emprisonné quelques opposants, alors que Lincoln a illégalement suspendu l’acte d’Habeas Corpus et a fait emprisonner par son armée des dizaines de milliers d’opposants présents dans les États du nord, tout en fermant plus de 300 journaux d’opposition. Il a emprisonné les propriétaires de journaux et les rédacteurs, le sénateur Clement L. Vallandigham de l’Ohio, son plus sévère critique au Congrès a été emprisonné, tout comme le maire de Baltimore, et il a déclaré que toute personne qui restait simplement silencieuse, pendant que son administration était mise en cause, était coupable de trahison.

Tout au long de sa vie, sa rhétorique raciste et suprématiste blanche aurait fait rougir David Duke. Sans parler de son obsession permanente de déporter tous les Noirs hors d’Amérique (c’est-à-dire, la colonisation), et de son action diligente pour atteindre cet objectif à la Maison Blanche jusqu’à son dernier jour.

Même les historiens adorateurs de Lincoln ont admis que si le Sud avait gagné la guerre, il aurait été justifié d’exécuter Lincoln et son haut commandement pour crimes de guerre et massacres en masse des civils sudistes, ici, ici et . Lincoln a promu et a soutenu généreusement les pires de ces meurtriers de masse, en particulier Sherman, Grant et Sheridan.

Comme Lénine en Russie et Bismarck en Allemagne, il était le seul responsable de la création de l’État centralisé, monopolistique et dictatorial dont les Américains sont désormais esclaves, ainsi que de l’abolition du système américain de fédéralisme ou droit des États. C’est pourquoi il a été félicité outrageusement par son collègue centralisateur Hitler lui-même, et félicité aussi par Karl Marx de son vivant et par les fils et les filles politiques de ce dernier jusqu’à aujourd’hui.

Lorsque le juge président de la Cour Suprême Roger B. Taney a émis une opinion selon laquelle la suspension de l’Habeas Corpus était inconstitutionnelle (ce à quoi son propre procureur général a souscrit) Lincoln a émis un mandat d’arrêt contre le juge. Charles Adams a appelé cela « le grand crime de Lincoln ».

C’est Lincoln qui a finalement imposé aux États-Unis le système britannique  pourri et corrompu du mercantilisme, avec le bien-être institutionnalisé des grands trusts et le capitalisme de copinage ; le protectionnisme comme une autre forme hideuse de capitalisme de copinage ; le monopole monétaire fédéral pour payer tout cela et pour finir le premier impôt sur le revenu et une myriade d’autres interventions économiques. Edgar Lee Masters, auteur de « Lincoln the Man » a appelé cela « du pillage et rien d’autre ».

Dans ses derniers jours, lorsque de véritables abolitionnistes – Lincoln se distançait  toujours résolument d’eux – lui demandèrent son aide pour faire voter le Treizième amendement mettant légalement fin à l’esclavage, il refusa de les aider selon l’historien David Donald, dernier spécialiste éminent de Lincoln à à l’université de Harvard, appartenant à la dernière génération.

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

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