Le Foreign Office du Royaume-Uni tente de couvrir la trace de ses mensonges


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 4 avril 2018

Le pire, ce n’est pas le crime, c’est d’essayer de le dissimuler :

« Lorsqu’un scandale éclate, la tentative de couvrir le délit est souvent considérée comme encore plus répréhensible que le délit lui-même. »

Le gouvernement britannique tente de couvrir le fait qu’il a menti avec ses fausses allégations contre la Russie. Cela entraîne de nouveaux mensonges.

Hier, le chef du laboratoire britannique d’armes chimiques de Porton Down a déclaré que le laboratoire ne pouvait pas établir que le poison utilisé dans l’attaque présumée de Novitchok à Salisbury avait été produit par la Russie. Cela a porté un coup sévère aux allégations du gouvernement britannique sur l’implication russe dans l’empoisonnement de Sergueï et Ioulia Skripal.

Maintenant, le gouvernement britannique essaie de camoufler le fait qu’il a dit que le poison utilisé dans le Salisbury avait été « produit en Russie » et que Porton Down en avait apporté la preuve. Les médias alignés sur le gouvernement l’aident à enterrer l’affaire.

Nous devons tous faire de notre mieux pour que les nouveaux mensonges soient révélés au grand jour et que les tentatives pour changer l’histoire échouent.

Hier, le Foreign Office britannique a supprimé ceci de son compte Twitter :

Ce tweet du 22 mars, et effacé depuis, faisait partie d’un fil qui résumait la réponse du gouvernement britannique à l’incident de Salisbury, telle que l’ambassadeur britannique en Russie, le Dr Laurie Bristow, l’avait transmise à la communauté diplomatique internationale à Moscou.

Quand la discrète disparition du tweet a attiré l’attention publique, le ministère des Affaires étrangères a reconnu qu’il l’avait effacé :

Quand il s’est avéré mercredi que le tweet avait été supprimé, le Foreign Office a déclaré qu’il avait été effacé parce qu’il « ne rapportait pas avec exactitude » les propos de Laurie Bristow, l’ambassadeur du Royaume-Uni en Russie, que le tweet était censé citer.

Hmm – ils nous prennent sans doute pour des idiots…

Tous les tweets du fil étaient entre guillemets, mais aucun n’était une transcription littérale du briefing de l’ambassadeur. Un seul des tweets a été supprimé. Un coup d’œil à la transcription et à la vidéo du briefing montre que tous les tweets, y compris celui qui a été supprimé « rapportaient avec exactitude » la communication. Pour couvrir la déclaration mensongère de l’ambassadeur il a fallu faire au moins un nouveau mensonge.

Le tweet initial disait : « L’analyse par des experts de renommée mondiale au Laboratoire des sciences et technologies de la défense de Porton Down a clairement indiqué qu’il s’agissait d’un agent innervant Novitchok de qualité militaire produit en Russie… »

La transcription du briefing de Moscou – « dans les mots exacts qu’il a utilisés »est (encore) disponible sur le site web du ministère des Affaires étrangères.

L’ambassadeur, qui lisait un texte écrit, récapitule les événements et dit, selon le texte posté sur le site :

« Quatre jours plus tard, les analystes de Porton Down, le laboratoire des sciences et technologies de la défense du Royaume-Uni ont établi et précisé qu’il s’agissait d’une arme chimique de qualité militaire. De la série Novichok ; un agent innervant, comme je l’ai dit, produit en Russie. Porton Down est un laboratoire accrédité et désigné par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.

(…)

Premièrement, il ne fait aucun doute que l’arme utilisée lors de l’attaque était l’agent innervant de qualité militaire de la série Novitchok. Cela a été confirmé par des spécialistes, nos spécialistes. Une mission de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques se trouve actuellement au Royaume-Uni pour confirmer cette analyse de manière indépendante.

Il ne fait aucun doute que Novitchok a été produit en Russie par l’État russe. »

La dernière ligne du texte – « dans les mots exacts qu’il a utilisés » – est un mensonge. Voici ma transcription d’une courte vidéo du Foreign Office du briefing (copie sauvegardée) qui inclut les deux derniers paragraphes cités ci-dessus, sans coupures :

« … il ne fait aucun doute que l’arme utilisée dans l’attaque était l’agent innervant de qualité militaire de la série Novitchok. Cela a été confirmé par des spécialistes, nos spécialistes. La mission de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques se trouve maintenant au Royaume-Uni pour confirmer cette analyse de manière indépendante.

Il ne fait aucun doute que le Novitchok a été produit en Russie par l’État russe. »

La transcription écrite du briefing « dans les mots exacts qu’il a utilisés » dit « … que Novichok a été produit… » À 20′ dans la vidéo, j’entends clairement l’ambassadeur dire « … que le Novitchok a été produit… » Une différence apparemment minime mais en réalité très importante.

La personne qui a écrit les sous-titres officiels de la vidéo officielle du ministère des Affaires étrangères est d’accord avec ce que j’ai entendu et retranscrit.

L’ambassadeur a bien mentionné  « le Novichok » dont il a spécifiquement parlé plus tôt dans sa communication. Le Novitchok qui a été analysé par Porton Down. La transcription sur le site Web du ministère des Affaires étrangères omet l’article défini « le ». Cela donne l’impression que l’ambassadeur a fait référence au Novitchok en général et non à la substance particulière que le laboratoire a analysée.

Le tweet effacé était une interprétation fidèle de ce que l’ambassadeur avait dit, il  « rapportait avec exactitude » ses paroles. La transcription que le ministère des Affaires étrangères a affichée sur son site Web est mensongère. L’ambassadeur a clairement accusé la Russie d’avoir produit la substance que Porton Down a analysée.

Trois jours plus tôt, le patron de Bristow, le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, avait proféré le même mensonge (vidéo à 5’32) lors d’une interview à DW.

Porton Down a maintenant déclaré qu’il n’avait jamais rien affirmé de tel. La déclaration de l’ambassadeur était fausse. Le ministère des Affaires étrangères tente de dissimuler cela en supprimant son tweet et, en publiant une transcription pas tout à fait exacte, il ne fait qu’accentuer la fausseté des allégations initiales.

Dans le briefing, l’accent est mis sur les mots « produit en Russie ». L’expression revient quatre fois.

« Les affirmations de la Russie selon lesquelles Novitchok aurait pu être produit ailleurs n’ont aucune crédibilité. Nous ne disposons d’aucune information indiquant que cet agent aurait pu être produit ailleurs qu’en Russie. Nous n’avons donc aucun doute que l’agent innervant a été produit en Russie. (…)

Ainsi, le fait que le Novitchok a été produit en Russie, le fait que la Russie a une histoire d’assassinats commandités par l’État et le fait que la Russie a réagi par la méthode habituelle de la désinformation et du déni ne nous a pas laissé d’autre choix que de conclure que nous sommes confrontés à un usage illégal de la force par l’État russe contre le Royaume-Uni. »

Le ministère des Affaires étrangères essaie maintenant de prétendre que la répétition de l’expression « produit en Russie » faisait seulement référence à des décennies de recherche et de développement en Union soviétique, et non à l’affaire « Skripal ». Mais les détails surlignés montrent qu’il n’en est rien. Tous ceux qui ont écouté l’ambassadeur du Royaume-Uni ont bien compris qu’il parlait de la substance spécifique analysée par Porton Down.

En fait, ce paragraphe de la communication de l’Ambassadeur B