Chișinău – Discours de Gianluca Savoini


Par Gianluca Savoini − Le 15 décembre 2017

Deuxième colloque de Chișinău (15-16 décembre 2017)

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Au printemps prochain en Italie, nous aurons des élections politiques qui seront décisives non seulement pour nous mais pour toute l’Europe. D’un côté, il y aura la gauche globaliste, servante de la grande finance internationale, anti-russe, anti-chrétienne, favorable au mariage homosexuel, pro-immigrés, représentée par le Parti démocrate. De l’autre côté, il y a une droite souverainiste, anti-globaliste, favorable à la défense de la famille, fière des traditions historiques européennes, contre les migrants clandestins, représentée par la Ligue du Nord. Ce parti sera allié avec deux autres partis conservateurs, plus d’autres encore : Fratelli d’Italia (Giorgia Meloni) et Forza Italia (Silvio Berlusconi).

Fratelli d’Italia est l’héritier d’Alleanza Nazionale (AN) et de l’ancien MSI, qui fait référence au fascisme, mais devenu aujourd’hui un parti qui s’inspire du Front National français (Marine Le Pen). Forza Italia se définit plutôt comme un parti de modérés, anti-communiste, et Berlusconi n’a jamais caché son amitié personnelle avec Vladimir Poutine. Il possède un important empire médiatique et dispose de ressources financières importantes, tandis que la Ligue du Nord et Fratelli d’Italia n’ont pas d’argent. Et c’est la grande force de Berlusconi pour imposer son leadership, même s’il a maintenant 81 ans.

Entre les deux fronts opposés (le globaliste et le souverain) il y a le M5S (Mouvement 5 étoiles), qui selon les sondages est le premier parti en Italie. Nous verrons si c’est vraiment le cas, mais M5S a dit qu’il ne voudra s’allier avec personne. Cette position implique qu’il ne pourra pas gouverner, car il ne pourra pas avoir la majorité absolue des voix.

Ce parti n’est pas facilement définissable car ni à droite ni à gauche, ni globaliste ni souverainiste. Il critique l’UE, critique le système bancaire international, mais il est un fanatique de la « démocratie numérique » et son premier candidat Luigi Di Maio a confirmé que l’allié principal de l’Italie doit toujours rester les États-Unis…

Quel est le but des nombreux votes pour le M5S ? Créer l’ingouvernabilité ? Sans un gouvernement fort, l’Italie devra continuer à dépendre des décisions de la bureaucratie de Bruxelles. L’Italie n’aura jamais sa souveraineté nationale, politique, économique ou militaire.

Le leader de la Ligue du Nord, Matteo Salvini, a voulu faire de ce parti un parti national, non plus un parti macro-régional avec une forte implantation seulement dans le nord du pays. Mais c’est l’Italie du Nord qui représente la force de tout le pays et le débat grandit au sein de la Ligue du Nord. Le gouverneur de la région de Lombardie, Roberto Maroni, ainsi que le gouverneur de la Vénétie, Luca Zaia, préféreraient la Ligue du Nord, et les citoyens lombards ont voté en ce sens en octobre, lors du référendum sur l’autonomie régionale.

J’ai rencontré des représentants importants du gouvernement russe et des dirigeants du parti Russie unie, et tous connaissent bien la force et l’importance de ces régions du nord de l’Italie.

Les États nationaux sont nés au XIXe siècle, après la défaite de Napoléon et dans de nombreux cas, ils ont incorporé une réalité et des cultures trop différentes pour être en mesure de bien travailler ensemble. Le comte autrichien von Metternich a défini l’Italie comme « une expression géographique ». Je suis d’accord avec Metternich. Entre Milan, Rome et Naples, il y a d’énormes différences que 150 ans d’unité nationale à peine n’ont pu surmonter.

L’Italie du Nord est de plus en plus fatiguée de devoir payer pour les retards et la corruption dans le sud de l’Italie. Ces arguments auront un poids important dans les prochaines élections et, dans le Nord, les citoyens veulent les écouter. Aussi, pour cette raison, la désillusion et le dédain pour la politique augmentent, et le premier parti italien est celui des abstentionnistes. Les gens ne vont plus voter. Les technocrates sont heureux s’ils font augmenter l’abstention, car ils pourront dire : « Les gens ne veulent pas des politiciens, alors nous allons gouverner avec des technocrates. » Les technocrates sont globalistes, anti-nationalistes, anti-souverainistes. L’alliance souveraine a donc deux ennemis puissants : la gauche, et un ensemble de technocrates locaux, sans compter les technocrates européens et internationaux. Les prochaines élections italiennes montreront donc si l’Italie pourrait être le premier pays de l’UE à émerger du marécage globaliste pour créer un effet domino qui pourrait nous rendre à nouveau maîtres de notre destin.

Gianluca Savoini

Président « Associazione Lombardia-Russia »
Conseiller aux Affaires Étrangères de la Ligue du Nord

Note du Saker Francophone

Nous publions les articles sur ce colloque de Chișinău depuis quelques semaines. Nous vous laissons faire votre propre critique de chaque texte, sachant que des gens très différents se sont exprimés lors de ce colloque.

Pour ce texte, au-delà de ce tableau de la situation politique italienne en vue des prochaines élections, l'auteur oublie bien vite, en dénonçant le sud de l'Italie pauvre et corrupteur, comme l'ont fait certains Catalans en Espagne, que c'est le Nord qui a envahi le Sud à l'origine pour étendre son influence et ses marchés. Il est donc délicat pour eux de dénoncer le diktat des pays du Nord de l'Europe sur ceux du Sud qui n'appliquent finalement que la même logique.

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

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