Le « Grand Reset », un air déjà entendu


Par René Lamerture − Juin 2021

Image tirée du film « Le repas des fauves » 1964

Le « reset », est un projet lancé par des gens fortunés (à Davos, on ne se réunit pas au café du commerce, s’il était ouvert). Ces gens ne demandent pas leur avis aux peuples. Ils expliquent doctement ce qu’il convient de faire. Il reste à appliquer le plan, sans discussion. L’idée, la réinitialisation, c’est de tout remettre à zéro. Bon, mais, plus précisément, qui ou quoi va être remis à zéro ? Les super-riches vont se réinitialiser, déposer leurs fortunes dans la rue pour que les petites gens se servent ?


On peut penser que ce n’est pas l’ordre du jour. Le projet est plutôt de réinitialiser les petites gens. On remettra à zéro leurs droits, et pendant ce temps, ceux qui n’auront pas été réinitialisés pourront se servir. Vu de Davos, c’est mieux ainsi.

Le grand reset va de paire avec le transhumanisme, très à la mode. Qu’est-ce que c’est ? Depuis longtemps, le chemin incontournable du capitalisme (un vilain mot du passé) consiste à prendre le travail aux humains pour le donner à des machines ce qui est le meilleur moyen de gagner plus d’argent avec moins de tracas. Quelques hommes restent utiles pour servir les machines, pour les taches que les machines ne peuvent pas encore réaliser. Le transhumanisme est chargé de résoudre ce problème : désormais on greffera directement des morceaux de machines dans les exécutants et ils travailleront encore mieux. Vous ne croyez quand même pas que le transhumanisme serait la possibilité pour un smicard de se refaire une santé, par exemple remplacer des organes hors service, détruits par une vie désastreuse. Le plan est plutôt, pour les pauvres, le transhumanisme coté « service du travail obligatoire ». Pour les riches, ce sera le transhumanisme coté « jeunesse éternelle », le bilan psychique ne les interroge pas, semble-t-il.
Et oui, la réinitialisation ne sera pas la même pour tous. Il y aura ceux qui en profiteront et ceux qui la subiront. Ça ne vous rappelle rien ? Dans mon jeune temps, les super-riches s’appelaient le « grand patronat » et on parlait d’une lutte des classes, une espèce de bagarre continuelle qui opposait les propriétaires des moyens de production aux « travailleurs », qui revendiquaient une part de la richesse produite. C’était la préhistoire.

De nos jours la lutte des classes semble ne plus exister. Les usines disparaissent. Les syndicats sont au chômage. Mais il reste quand même des richesses à se partager. La classe des possédants place directement ses représentants au pouvoir, et dirige à distance, les affaires des pays. C’est plus pratique ainsi.
Le niveau de vie d’un peuple est lié à la prospérité du pays dans lequel il vit. Les gens modestes d’un pays riche peuvent atteindre un niveau de vie satisfaisant. Par contre, le niveau de vie des personnes très fortunées n’est pas lié à la prospérité du pays d’origine. Il leur est possible d’aller chercher des loisirs, satisfactions des passions, soins, etc, dans tout pays étranger. Alors souvent, pour parvenir à ses buts, la classe fortunée d’un pays est tentée par la trahison du pays. Affaiblir un pays c’est affaiblir le niveau de vie de tout un peuple, en épargnant les plus favorisés.

Refaisons un peu d’histoire et rappelons-nous l’attitude du grand patronat (du moins d’une majorité) de notre pays durant la dernière guerre. Il s’agissait de fraterniser avec l’Allemagne et lui laisser les mains libres pour chasser les soviets de Russie1. Il semble en effet que le grand patronat avait une peur réelle que la révolution soviétique soit exportée, en particulier en France, et que le travail de « partage des richesses » réalisé durant des générations soit réduit à néant2 (pour le coup cela aurait été le « reset » pour les riches). Pourquoi ce rappel pourrait-on dire ?

Considérons notre pays, intégré dans une structure supra-nationale, et fermement tenu malgré des résultats évidents désastreux. En politique, on peut choisir ses parents. Aussi incongru que cela paraisse, l’UE est l’héritière du projet nazi (repeint de la bonne couleur) qui consistait à vouloir créer une Europe unie autour de l’Allemagne. L’UE est une structure administrative dont on finira bien par découvrir son rôle réel qui est de détruire l’Europe historique et ses états nations, mis à part peut-être, le noyau germanique ; une structure administrative qui est aussi un écran confortable pour les relais nationaux mettant en œuvre la politique décidée ailleurs.

Demandons-nous qui veut le bien de l’UE aujourd’hui et en tire profit, en nous restreignant dans ces quelques lignes à l’aspect économique (mais en gardant à l’esprit tout le travail d’endoctrinement qui consiste depuis des décennies à nous convaincre que l’économie doit s’émanciper et se placer au dessus des collectivités). Examinons celui qui a les moyens de faire des affaires à grande échelle. Il se rend à Bruxelles, y rencontre des fonctionnaires européens, leur présente de solides arguments pour faire passer les directives ou les normes qui le servent et ensuite l’argent rentre tout seul3. Et tant pis si le petit peuple du pays d’origine paye la facture ; la grande fortune est pour l’essentiel apatride. Quand à l’habillage des manœuvres, le niveau supra-national est un outil idéal pour manipuler à distance les peuples crédules en leur enlevant le choix de la direction suivie. L’UE peut être considérée, entre autres, comme le dernier outil en date, de la longue suite de trahisons de notre pays et de son peuple. C’est un relais de poids pour le projet de « reset »4.

Bien sûr, le projet de « reset » avance également dans des pays qui ne sont pas sous la tutelle de l’UE ; les ramifications du mouvement sont internationales et s’appuient sur les structures supra-nationales, influencées5 par les intérêts privés. Mais si nous voulons, dans notre pays, pouvoir changer les choses, dans une première étape, en particulier en donnant aux citoyens, la possibilité d’exiger de donner leur avis par référendum, alors la structure de l’UE est un obstacle incompatible. C’est sur le peuple que repose la tâche de regagner l’indépendance de ses représentants, actuellement déresponsabilisés.

Le « grand reset » n’est que le dernier avatar du projet éternel qui consiste, pour les plus riches, à vouloir amasser plus que de besoin et plus que de raison ; rien de nouveau sous le soleil. Le « grand reset » est le nouveau nom de la lutte des classes. Il se sert de la domination complète des individus, sous des formes partiellement différentes de celles du passé, basées sur les plus récentes technologies, pour réaliser l’appropriation la plus efficace.

René Lamertume

Notes

  1. Voir les travaux de l’historienne Annie Lacroix-Riz ; en particulier des usines françaises ont servi l’effort de guerre allemand, sans compter les personnalités qui, tant en France qu’en Europe, collaboraient activement avec les nazis
  2. Ce qui explique au passage que les communistes, considérés comme les futurs moteurs de la révolution en France aient subi une répression féroce de la part du pouvoir en France, et des Allemands, main dans la main
  3. Voir le livre « Faut-il faire sauter Bruxelles » de François Ruffin chez Fakir éditions, ouvrage de 2014
  4. Par exemple le « pass sanitaire », outil de contrôle des masses, est mis en place sous la pression de l’UE
  5. Évitons de parler de corruption, car cela laisserait à penser que ces structures auraient été créées à d’autres fins que de subvertir les forces nationales, ce qui n’est pas démontré
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