Le globalisme mène au féodalisme


Par Michel Delanature − Juin 2019

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En quelques lignes, intéressons-nous aux points d’appui du globalisme. Première point, l’entreprise privée de modèle capitaliste est la propriété d’actionnaires anonymes ; deuxième point, la création de structures supranationales qui diminuent le pouvoir des nations, voire la suppression en occident des nations anciennes par amalgame dans une structure qui leur retire toute autonomie ; troisième point, le maintien de quelques pays indispensables, dont les « paradis fiscaux ».


Un immense réseau efficace de liens travaille sans relâche à favoriser le commerce et les sociétés privées, banques incluses, au détriment des collectivités et des services publics. Ce réseau est caché derrière un outil indispensable : les médias de gouvernement, dont le rôle est de préparer l’opinion publique aux modifications de la société et aux lois qui balisent le parcours décidé.
Les médias de gouvernement construisent une réalité faussée de manière à justifier de nouvelles lois ou de nouvelles actions de gouvernement. Le fonctionnement des médias est tellement caricatural en occident à l’heure actuelle que, pour découvrir la réalité objective, il suffit d’inverser totalement le vocabulaire employé par les médias pour retrouver la réalité. Par exemple et très brièvement, la réalité nettoyée devient : l’histoire officielle est réécrite ; les faits sont manipulés ; les actions sont le contraire des discours officiels ; la minorité impose ses choix à la majorité ;  en politique étrangère, l’agresseur devient l’agressé ;  un même comportement est condamné ou accepté suivant le camp qui en est l’origine ; de quelque coté qu’on se tourne, noir devient blanc et blanc devient noir…

Il subsiste aussi un malentendu qui tourne autour du terme « journaliste ». Les personnes nommées ainsi chez les grands médias, ne sont aujourd’hui, dans leur majorité, que des employés au service d’une cause rémunérée : le travestissement de la réalité. Les médias de gouvernement mettent en œuvre  la professionnalisation de la désinformation. Le public ne peut pas imaginer l’ampleur de la tromperie et fait confiance, et pourtant la perte de contact avec la réalité objective est une pathologie.

Vu depuis le public, le scénario suivant se reproduit avec la régularité d’une horloge :

  • Apparition et développement,  de campagnes médiatiques coordonnées autour d’un axe d’offensive ;
  • Installation de débats démocratiques truqués pour masquer l’absence réelle de volonté populaire et de concertation ;
  • Vote par les gouvernants, qui ne rendent plus de comptes aux peuples qui leur ont confié le pouvoir, des lois qui sont sans lien avec les attentes des populations.

De nouveau, quelques exemples, en ne s’intéressant qu’à la sphère économique :
La norme est le résultat d’un travail bureaucratique qui a, sous un aspect anodin, autant de forces que la loi qui l’entérine. Les normes sont aussi l’outil qui impose au public, de nouvelles actions de consommation. Gouverner par la normalisation permet de détruire tout un tissu de petites entreprises qui n’ont pas les moyens d’appliquer les normes, pour le profit des grands groupes.

La destruction des services publics est un appauvrissement de la collectivité qui n’est pas voulue par les populations et qui est pourtant menée sans relâche et sans évaluation des résultats. Le développement du chômage de masse est mathématiquement favorisé, entre autres, par l’allongement de l’âge du départ à la retraite et pourtant on allonge sans cesse le second tout en prétendant combattre le premier. Le développement du chômage de masse est en lien avec le nombre de travailleurs étrangers importés et pourtant on continue à importer des travailleurs étrangers dans des pays déjà ravagés par le chômage. Dans une perspective plus créative, il n’est pas permis de définir les places respectives des hommes et des machines dans la société, non plus que la place du travail dans la société.

Sans nous en rendre compte, nous sommes entrés dans une société manipulée pour l’essentiel, par les médias de gouvernement, la publicité, de pseudos-experts rémunérés dont le rôle est de promouvoir et justifier ce que décident leurs commanditaires. Un grand nombre des personnes qui sont officiellement investies du pouvoir de représenter les collectivités sont redevables vis-à-vis de commanditaires qui ont permis l’essor de leur carrière. Les commanditaires sont les personnes très fortunées, propriétaires des grandes sociétés privées, et des banques bien entendu.

Ces personnes accroissent sans cesse leur fortune et leur pouvoir en prenant aux autres. Elles font voter les lois qui les favorisent, celles qui leur ouvrent des marchés supplémentaires, celles qui éliminent leurs concurrents, et surtout celles qui ligotent les collectivités. Elles deviennent les maîtres des collectivités, par le détournement des leviers légaux, et de manière anonyme. Autrement dit, des personnes ont dévoyé le commerce et l’économie pour prendre le contrôle des collectivités et détruire ainsi les structures qui entravent leur pouvoir et pourrait mettre un frein à leur enrichissement.

Le globalisme est cela. En occident il se lit bien dans le travail de suppression des pays et des nations, et, pour ce qu’il en reste, des pays sans tête allant on ne sait où englués dans des structures supranationales imposées par la trahison ; dans une société civile morcelée, agglutinée, errant au gré des modes de comportement qu’on lui impose ; dans les choix faits dans le dos des peuples et sans responsables identifiés. Le globalisme est le retour de la féodalité à l’échelle planétaire.

Aujourd’hui, le choix ne se situe plus entre les différentes couleurs politiques que les médias de gouvernement continuent d’agiter devant le public. Le choix doit se faire entre la reconquête de la prééminence du politique sur l’économique, ou la définitive soumission du politique à l’économique.

Michel Delanature

Note de l'auteur

Quelques idées de ce texte sont en rapport avec le travail de madame Valérie Bugault. Lire en particulier le petit livre intitulé La nouvelle entreprise aux éditions Sigest, qui décrit de manière précise le processus en cours et sa finalité.
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