La Macédoine, un pion américain sur l’échiquier balkanique

Je suis natif de ce beau et grand pays, multicolore et multiculturel qu'ont appelait autrefois la Yougoslavie. Un pays, mon pays, détruit par cet Occident dit civilisé et démocratique et jeté aux chiens de guerre occidentaux. Tout ça pour du pognon; la seule vraie valeur occidentale.

Je vis par ici, en France, depuis un peu plus de 45 ans, je suis donc un acteur et observateur. Mais le fait d'avoir vécu une partie de ma vie de l'autre côté de la barrière idéologique me permet de faire des comparaisons et une analyse plus réaliste de ce monde-ci.

Filo

Par Filo – Le 19 mai 2015
2015-05-22_13h33_04La Macédoine, Македонија est l’une des six républiques de l’ex-Yougoslavie, tout au sud sur la carte ci-jointe, mais aussi la plus pauvre et la plus fragile.

Environ 2 500 000 habitants sur une superficie de 25 713 km² (un peu plus petite que la Belgique). La capitale du pays est Skopje. De confession orthodoxe avec une forte minorité musulmane qui représente au minimum 30 % de la population principalement albanophone mais aussi turque.

L’Empire ottoman finissant vivait ses derniers jours, l’instabilité et l’incertitude politiques augmentaient.

Alors, la Serbie, la Grèce et la Bulgarie, décident d’expulser définitivement les Turcs des Balkans, en déclarant la guerre à l’Empire ottoman en 1912. Les Turcs sont rapidement vaincus et la Macédoine est partagée entre les vainqueurs.

La Bulgarie n’accepte pas ce partage s’estimant défavorisée, déclare en 1913 la guerre à la Grèce et à la Serbie. Guerre que la Bulgarie va perdre, et du coup se verra obligée de reconnaître définitivement les frontières issues de la guerre précédente. La Macédoine est donc divisée en quatre : la Grèce reçoit le Sud, la Serbie le territoire qui forme la république actuelle, la Bulgarie une région aux confins orientaux et même l’Albanie reçoit de petits territoires situés à l’ouest.

La Serbie, dès le départ, a accepté les macédoniens comme peuple à part entière en leur octroyant une très large autonomie politique et territoriale permettant par la suite qu’ils se constituent en une des républiques yougoslaves.

C’est exactement pour cette raison que les relations serbo-macédoniennes ont toujours été de très haut niveau et empreintes d’un très grand respect mutuel.

Je souhaite faire ici une parenthèse afin d’apporter une note personnelle.

Dans cette Yougoslavie multiethnique nous étions avant tout des yougoslaves et ensuite des slovènes, croates, serbes, monténégrins etc. Un peu comme à l’image de l’homme soviétique ou bien des citoyens de certains pays européens ayant une longue tradition de cohabitation multiethnique. D’ailleurs nous prenions souvent la Suisse comme exemple.

Dans cette Yougoslavie-là, mon premier camarade de jeux, mon premier copain était un macédonien. Dès l’age de cinq ans nous étions déjà tous les deux à l’école primaire. Nous étions les seuls de la classe à savoir lire et écrire en cyrillique et en latin. Curieux !

Nous sommes devenus inséparables, avons été dans la même école, dans la même classe, assis ensemble au même pupitre, pendant toute l’école primaire et secondaire. Ensuite cela a continué au lycée et jusqu’à la fin de nos études universitaire à Belgrade.

Son père, officier de l’armée yougoslave était stationné à la caserne de ma ville natale à l’est de la Serbie. Je me souviens que, plus tard à l’adolescence, à plusieurs reprises, il m’a fait part de sa grande admiration pour les serbes et leur comportement irréprochable tout au long de notre histoire commune.

A vrai dire à cette époque je ne comprenais pas très bien car cette partie de l’histoire m’était étrangère, et pour moi, comme pour les autres yougoslaves tout ça coulait de source.

Malheureusement ce pays formidable, cette Europe en miniature, a vu arriver son jour maudit !

L’Occident « civilisé, démocratique et tout puissant » à décidé de la casser sous des prétextes plus fallacieux les uns que les autres et de la livrer à des chiens de guerre occidentaux.

Tous ça pour du pognon, la seule vraie valeur occidentale !

Mon camarade n’a pas admis cette subite déchirure de la Yougoslavie. Il n’a pas supporté. Tombé malade, il est mort très rapidement d’un cancer foudroyant.

Pour moi c’était une énorme et double tragédie. J’ai perdu non seulement mon pays de naissance mais aussi un camarade d’enfance et un ami. Le seul véritable ami, celui que l’on n’a qu’une fois dans sa vie. J’ai encore maintenant beaucoup de chagrin.

La natalité comme arme de destruction massive

Les Albanais du Kosovo et de la Macédoine ont la plus forte natalité d’Europe. Ils ont en moyenne huit à dix enfants par famille. Les Macédoniens d’ailleurs ont constaté une très forte augmentation de la population albanaise depuis l’indépendance de cette république.

Apparemment le phénomène kosovar est en train de se répéter. Expliqué en bref, ce phénomène observable est le suivant : en 1945, à la fin de la Deuxième Guerre mondiale vivaient au Kosovo deux millions de Serbes et deux-cent mille Albanais. Or la natalité chez les Serbes était au niveau européen, soit deux enfants en moyens par famille et chez les Albanais, comme mentionné ci-dessus, huit à dix.

In fine, résultat s’est inversé. Au moment de la sécession du Kosovo de la Serbie, sur ce territoire serbe ne vivaient plus que 80’000 serbes soit 4% d’une population totale de 2 millions d’habitants, la presque totalité étant des Albanais. Comme quoi la natalité est devenue en quelque sorte une arme de destruction massive.

Indépendance

2015-05-22_13h35_58En 1991 l’ex-république yougoslave de Macédoine  quitte le nid et prend son envol. C’est le grand saut dans le vide, sans filet de sécurité. Fortement incitée par des promesses jamais tenues, poussée par les Occidentaux, américains en particulier, elle a fini par céder.

C’était sa première d’une série de reculades qui l’ont emmenée dans la situation d’aujourd’hui, totalement prévisible. Et ce n’est pas encore fini.

Les vraies raisons, cachées, de cette sécession qui n’a apporté aucun avantage à ce pays, il faudra les chercher dans le processus de démantèlement programmé, et désiré, de la République fédérale de Yougoslavie par les puissances occidentales.

Après la chute du mur de Berlin en 1989, l’Occident enivré par sa victoire sur le communisme, fit tomber les masques et chercha à tout détruire dans ces nouvelles conquêtes.

Une erreur stratégique monstre et parfaitement stupide ! Stupidité d’une ampleur telle qu’elle aura pour conséquence que l’Occident ne s’en remettra jamais. L’avenir nous le prouvera. C’est une certitude !

C’est comme dans une maison, il y a des murs porteurs auxquels il ne faut jamais toucher car la maison risque de s’écrouler. La Yougoslavie était ce mur porteur de la maison européenne. Sa destruction a faite apparaître des fissures visibles aujourd’hui.

Le fric, Temple occidental de Dieu, n’arrête pas depuis de vaciller sur ses fondements même.

Kiro Gligorov, Киро Глигоров (1917-2012), ancien haut fonctionnaire d’État yougoslave, devient donc premier président du nouvel État indépendant de la Macédoine. Dès son indépendance en 1991, la Macédoine a vu se dresser contre elle la Grèce, farouchement opposée qu’elle porte ce nom. Elle a fini par plier (une fois de plus). Désormais elle porte officiellement le nom « ARYM ou Ex-République yougoslave de Macédoine »

Kiro Gligorov est obligé, dès son accession à la présidence, de composer avec la minorité albanophone qui demande un partage du pouvoir. Ces exigences étaient radicales mais la marge de manœuvre étroite, et le pays, depuis continue de traverser constamment une zone de turbulence. Le 3 octobre 1995, Kiro Gligorov est victime d’une tentative d’assassinat, dont il gardera des séquelles et restera invalide. Attentat jamais élucidé et dont les commanditaires n’ont jamais été retrouvés.

Des détails intéressants à relever ; K. Gligorov a continué à garder son logement de fonction à Belgrade auquel il avait droit pendant qu’il était haut fonctionnaire yougoslave et sa fille est toujours restée vivre à Belgrade et ceci même après l’indépendance en 1991.

Un essaim de micro partis politiques, très souvent à connotation nationaliste et ethniques, ne va pas arranger les choses en Macédoine, ni ramener la sérénité politique. A leurs têtes, on trouve des trublions plutôt que de véritables hommes politiques. Parmi eux le plus fourbe, Ljubco Georgievski, né en 1966 et qui fut même le chef de gouvernement macédonien de 1998 à 2002. Nationaliste ou opportuniste, il fustigea l’armée yougoslave d’avoir été incapable en 1945 d’attaquer la Bulgarie afin de libérer les territoires macédoniens sous son contrôle. En 2006 il tourne casaque et obtient la nationalité bulgare.

Foyers des troubles ethniques albanophones

Après la sécession presque forcée de la Fédération yougoslave, le renoncement à porter le nom de Macédoine pour le nouveau pays, arrive une nouvelle exigence américaine.
Occidentaux et Américains en particulier ont demandé et obtenu que Skopje reconnaisse l’indépendance du Kosovo. Et finalement le 3 octobre 2008 elle a reconnu cette indépendance.

Le but des Américains était de créer des fissures dans les relations avec les Serbes.

Les autorités macédoniens ont fait preuve d’une faiblesse incroyable, en cédant sur tout ce que les occidentaux ont demandé, sans rien obtenir en contrepartie, et sans pour autant réussir à baisser le niveau des tensions avec sa forte minorité musulmane.

Ces troubles ont continué avec violence et provoqué à chaque fois des morts.
Le plus violents ont eu lieu le 12 avril 2012 sur le lac de Smilkovac, cinq Macédoniens ont été abattus. Le 12 juillet 2014 des troubles violents ont éclaté suite à la condamnation de six Albanais reconnus coupable des assassinats sur le lac de Smilkovac. Ensuite, les 21 et 22 avril de cette année, des assaillants armés ont attaqué le poste de police de Goshince. Un important stock d’armes et de munitions a été volé. Ces armes ont probablement servi ensuite lors de l’attaque de Kumanovo le 9 mai dernier, faisant une trentaines de morts et de nombreux blessés.

L’attaque terroriste à Kumanovo, pourquoi ?

Il faudra souligner quelques similitudes curieuses, et inquiétantes ; un message de l’Occident adressé au reste du monde.

L’attaque terroriste contre Kumanovo a commencé un 9 mai 2015. Ni l’Union européenne ni le monde occidental, en général, n’a condamné l’attaque ; il se sont contentés, au début, d’un simple appel au calme. Appel auquel s’est joint leur bras armé impérialiste l’Otan. Ensuite les USA ont déclaré être inquiets des événements survenus à Kumanovo et Jens Stontelberg, le secrétaire général de l’Otan, leur a emboîté le pas en annonçant que l’Otan suivait de près la situation.

Peu de temps après, Alexander Graf Lambsdorf, député européen allemand, demande la démission de Nikola Gruevski, premier ministre macédonien. L’UE a choisi volontairement ce second couteau en voulant ainsi insinuer que le pouvoir actuel en Macédoine est derrière les attaques de Kumanovo. D’ailleurs la propagande occidentale a déjà largement balisé et préparé le terrain pour une énième révolution de couleur. La population macédonienne est déjà divisée, une partie étant persuadée que le premier ministre Gruevski est l’instigateur et tente ainsi de se laver des accusations sur les écoutes téléphonique massives et illégales. A noter une constatation importante à caractère technique indiscutable : la parfaite qualité des écoutes qui ont été dévoilées par Zoran Zaev, le Porochenko macédonien,  dépasse largement les capacités techniques actuelles des services concernés. Donc Zaev les a reçues certainement d’un pays tiers capable de faire comme la NSA. Un autre détail très intéressant : Zaev est à la tête d’une fortune personnelle de plus de 12 millions d’euros. Aussi comme son homologue ukrainien, il devient menaçant en disant que Gruevski doit partir de gré ou de force ! Son grand soutien est George Soros.

Mais voilà le plus important, le 9 mai à Moscou se tenait la plus grande parade militaire de l’histoire, commémorant le 70e anniversaire de la victoire sur le nazisme, en présence de trente chefs d’État. Les stratège russes soulignent particulièrement cette coïncidence ! C’est pendant les Jeux Olympiques de Sotchi que les Américains ont démarré les troubles sur la place Maïdan en Ukraine.
Le Président de l’ex-République yougoslave de Macédoine Djordje Ivanov était aussi présent à Moscou. Alors faut-il voir par là qu’il paye à cause de cette présence le jour de la célébration de l’anniversaire de la victoire? Mais aussi peut-être parce que la Macédoine a refusé d’introduire des sanctions contre la Russie.

Les événements de Kumanovo ; coup de semonce pour Balkans récalcitrants

Les Américains dans leur entreprise hallucinée et démesurée de destruction de la Russie ont obligé la Bulgarie à se retirer du projet South Stream, gazoduc russe passant par la Bulgarie et la Serbie. Le projet s’est ainsi retrouvé bloqué.
Les Russes, contre toute attente, ont annoncé l’abandon définitif de ce projet. La stupeur fut générale dans l’UE. Aussitôt après, les Russes créent une autre énorme surprise en annonçant la création d’un nouveau tracé de gazoduc qui passera par la Turquie, la Grèce, la Macédoine, la Serbie et, via la Hongrie, arrivera en UE.

Les Américains, encore une fois, sont totalement opposés au projet. À plusieurs reprises, ils ont sommé la Grèce de Tsipras d’abandonner sa participation au projet, mais ce dernier a fermement refusé.

Alors ils décident de sévir en utilisant le maillon faible dans la région, la Macédoine. Ce pays a des frontières avec quatre voisins et des litiges différents avec chacun. Avec la Grèce le nom de Macédoine, avec l’Albanie un litige territorial, avec la Bulgarie un problème linguistique, et finalement avec la Serbie, c’est un litige religieux.

Les État-Unis utilisent leur joker, serviable à souhait : les Albanais. Et ils leur passent le message que le moment est venu de régler leur problème ethnique et qu’il serait légitime que cela passe par la création d’une grande Albanie (voir carte de ce futur pays ci-dessous.)

2015-05-22_13h39_08Dans les têtes de ces fanatiques albanais La Grande Albanie devrait, au minimum, en plus de l’Albanie, inclure le Kosovo, une partie du Monténégro, tout l’ouest de la Macédoine y compris Skopje et une partie de la Grèce incluant l’Île de Corfou.
Kumanovo, c’était donc l’avertissement à la Macédoine qu’il est inacceptable pour les Occidentaux qu’elle lorgne vers l’Ouest tout en faisant des clins d’œil à l’Est.

La Serbie a aussi reçu deux avertissements. Tout d’abord la probabilité de voir le Kosovo faire partie de cette grande Albanie. Lors d’un match de football entre la Serbie et l’Albanie à Belgrade, un drone portant la carte (image ci-dessus) de la grande Albanie a atterri au milieu des joueurs. Il s’est avéré que se drone était piloté par le frère de Edi Rama, Premier ministre albanais actuel, et ceci depuis la tribune VIP. Le fautif découvert est emmené au poste de police pour explication. A la surprise générale Rama frère brandit le passeport américain et exige d’aviser immédiatement l’ambassade américaine, laquelle demanda la libération immédiate de son ressortissant.

Le deuxième avertissement aux Serbes est venu depuis le Kosovo même. Hashim Thaçi est prié de faire de la provocation et il décide de s’inviter pour une visite officielle à Belgrade. Or la Serbie a émis un mandat d’arrêt international à son encontre. Pour les Serbes ainsi qu’une bonne partie de la communauté internationale, Thaçi est un criminel de guerre, membre de Uçk, mêlé au trafic d’organes des prisonniers serbes. L’enquête du Suisse Dick Marti l’a confirmé et devrait aboutir à son inculpation par la Cour pénale internationale, la CPI. Or, cette procédure est bloquée par les Américains et l’UE. Bref, les Serbes ne veulent absolument pas de cette visite et annoncent que Thaçi sera arrêté dès son arrivée à Belgrade. Les représentants de Bruxelles entament un bras de fer avec les Serbes en demandant non seulement de ne pas tenter de l’arrêter, mais en plus de le recevoir comme un chef d’État. Devant l’obstination serbe de ne pas céder, Bruxelles met finalement au placard cette visite de Thaçi à Belgrade.

Les Balkans, un nœud géopolitique

Les Balkans sont le talon d’Achille de l’Europe. La croisée des chemins ; celui de l’Est et de l’Ouest mais aussi celui d’Orient. L’endroit où les mondes ne finissent pas de se chevaucher.

Mais aussi l’endroit où les Empires meurent. D’abord l’Empire romain, puis l’Empire ottoman, enfin l’Empire austro-hongrois. Sans être un oiseau de mauvais augure [pourquoi pas ?, Note du Saker Fr], il pourrait bien être aussi celui de l’Empire américain.

L’économie américaine est basée, à plus de 50 %, sur le complexe militaro-industriel et son expansion belliqueuse. Prospérer en créant du chaos et des guerres. Ils se préparent à le faire dans les Balkans. Mais cela risque de devenir leur dernière tentative, leur tombeau. Car les Balkans sont autrement plus dangereux que l’Ukraine.

Les Américains jouent avec leur joker albanais en lui faisant miroiter que leur rêve de Grande Albanie pourrait devenir une réalité, c’est absolument stupide et dangereux. Cette idée est totalement utopique, mais elle ne date pas d’aujourd’hui.

Les germes de cette idée remontent à 1878 avec la création de la Ligue de Prizren ayant pour but la réunification des Albanais dans un même État. A cette époque, sur ces territoires, les Albanais ne représentaient que 40% de la population, tandis qu’aujourd’hui ils sont majoritaires.

En 1912 Empire austro-hongrois fait le forcing et oblige les autres États européens à reconnaître la création de l’État albanais. Ils installent en 1913 à sa tête le Prince William de Wied ou prince d’Albanie. En 1914 dans les Balkans débute la Première Guerre mondiale et la fin de l’Empire austro-hongrois.

De 1940 à 1945, l’Italie fasciste permet aux Albanais de réaliser leur rêve en créant la Grande Albanie. Sur les territoires occupés du royaume yougoslave et en Grèce, les fascistes procèdent aux nettoyages ethniques [dont ils ont l’habitude, Note du Saker Fr] et chassent les populations slaves et grecques afin de permettre l’installation de la population albanophone.

En 1999, le Kosovo est arraché à la Serbie par les Occidentaux et ceci après 78 jours de bombardements de la Serbie par l’Otan.

En 2014, ultime provocation, les nationalistes albanais livrent par drone, sur un stade serbe, la carte de la Grande Albanie. Signe avant coureur d’un nouveau chaos américain sur les Balkans ?

Cette idée loufoque de la grande Albanie est totalement utopique et il faut être vraiment stupide pour croire à sa réalisation aujourd’hui. Les Albanais sont-ils vraiment si stupides pour croire aveuglement les Américains? Personnellement j’ai constaté qu’ils sont dans une aberration mentale totale. Ils affirment qu’au Kosovo certains de leurs compatriotes vivent bien et gagnent correctement leur vie grâce aux Américains présents au Kosovo. Mais ils finissent par être d’accord qu’il ne s’agit en réalité que de miettes par rapport aux richesses du sous sol de cette région, que les Américains exploitent sans vergogne.

L’idée de la Grande Albanie est une illusion pure et simple qui n’a qu’une importance très limitée pour les Américains. Leur but est de s’en servir comme levier pour créer le chaos dans les pays des Balkans gardant des relations avec la Russie. Aucun des pays balkaniques concerné par des pertes éventuelles de territoires ne se laissera faire. Donc ce sera la guerre.

La vraie raison de cette brusque montée des tensions est le tracé de gazoduc depuis la Russie, via la Turquie, la Grèce, la Macédoine et la Serbie. Mais aussi (ou surtout) au-delà ce sont les Brics et, in fine, la mort annoncée du pétrodollar.

Les USA ont perdu la guerre en Ukraine et c’est à nouveau une stupide fuite en avant. C’est le tour des Balkans où tout est déjà prêt, il ne manque plus que la mèche et une allumette.

Une fois de plus, comme en Yougoslavie, quand les Occidentaux ont diabolisé les Serbes, ensuite en Ukraine quand Viktor Ianoukovytch fut transformé en diable, en Macédoine, c’est Nikola Gruevski qui prend le rôle du méchant, la propagande occidentale le dépeignant comme quelqu’un qui a fait tout faux.

Or la population macédonienne affirme tout le contraire. Les citoyens affirment qu’en neuf ans de pouvoir les résultats sont très positifs, voire même spectaculaire. Comme exemple, ils citent le FMI qui a été totalement remboursé et ils disent que c’est une des raisons pour lesquelles les USA ne lui ont pas pardonné. Ce qui n’est pas faux !

Les retraités macédoniens ont droit à un séjour gratuit d’une semaine chaque année dans une station thermale. Chaque chômeur a le droit de bénéficier d’une aide de l’État de 3 000 euros s’il souhaite créer sa propre affaire. En cas d’association de trois partenaires, cette aide passe à 15 000 euros. Ces prêts sont remboursables en 5 ans avec un intérêt de 1%. Les retraites les plus basses ont été augmentées de 70%. Les écoliers reçoivent les livres d’écoles gratuitement. Aussi pour les écoliers, les transports publics sont gratuits. Le congé de maternité est de quinze mois si vous avez des jumeaux ou à partir de troisième enfant, etc…

J’ai l’impression que nous sommes au début de cette crise. Le chaudron balkanique mugit, jusqu’à ébullition? Danger d’éclaboussures ou d’explosion?

L’UE survivra-t-elle à cette crise sur son flanc sud? Pas sûr du tout…

Filo…

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