La guerre contre l’Iran. Pas de plan – Les responsables ne se cachent pas – Mission suicide à Hormuz


Par Moon of Alabama – Le 13 mars 2026

Le 28 janvier, j’avertissais que l’Iran ne serait pas une cible facile :

Cependant, l’Iran est également prêt. Il a augmenté sa puissance balistique. Il a promis de l’utiliser contre les positions américaines au Moyen-Orient et contre Israël en représailles à toute attaque. Il a également promis de fermer le détroit d’Hormuz. Une grande partie de l’approvisionnement mondial en pétrole y circule. Une fermeture sélective, qui permettrait par exemple aux pétroliers destinés à la Chine de passer, est également une possibilité. Mais même une fermeture partielle prolongée augmenterait soudainement les prix du pétrole et du gaz partout dans le monde. Les chances républicaines de gagner aux élections de mi-mandat diminueraient.

Il est peu probable que le conflit naissant soit aussi court que la récente campagne de 12 jours. Cela pourrait facilement dégénérer en une guerre d’usure. Contrairement à l’Iran, Israël possède des armes nucléaires et pourrait être disposé à les utiliser. Mais étant donné la taille et la grande population de l’Iran, il est probable qu’il finisse gravement endommagé mais gagnant.

Nous sommes maintenant en plein dans ce que j’avais prévu. Il était facile de prédire ce développement et il faudrait demander au Pentagone pourquoi il n’a pas réussi à le faire :

Le Pentagone et le Conseil de sécurité nationale ont considérablement sous-estimé la volonté de l’Iran de fermer le détroit d’Hormuz en réponse aux frappes militaires américaines lors de la planification de l’opération en cours, selon de multiples sources proches du dossier.

L’équipe de sécurité nationale du président Donald Trump n’a pas pleinement tenu compte des conséquences potentielles de ce que certains responsables ont décrit comme le pire scénario auquel l’administration est actuellement confrontée, ont indiqué les sources.

Alors que des responsables clés des ministères de l’Énergie et du Trésor étaient présents pour certaines des réunions de planification officielles sur l’opération avant son lancement, ont indiqué des sources, l’analyse et les prévisions de l’agence qui faisaient partie intégrante du processus décisionnel des administrations précédentes ont été des considérations secondaires.

Trump devrait renvoyer son conseiller à la sécurité nationale, Marco Rubio, et son secrétaire à la Défense pour lui avoir fourni des conseils stupides. Il devrait aussi se regarder dans un miroir …

Le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth (vidéo) :

Les dirigeants iraniens se cachent dans des bunkers et s’installent dans des zones civiles …

Plus (vidéo) :

Hegseth : « Les dirigeants iraniens…désespérés et cachés, ils sont entrés dans la clandestinité. Recroquevillés. C’est ce que font les rats ».

Hegseth a partiellement raison. Le dirigeant iranien se déplace dans des zones civiles, par exemple au milieu du rassemblement de la journée Al Qods d’aujourd’hui à Téhéran :

PressTV (vidéo) :

> Le président iranien Pezeshkian assiste aux rassemblements internationaux de Qods à Téhéran, prend des selfies avec les personnes assistant à l’événement. <

Le journaliste turc Ragip Soylu : (vidéo)

> Le haut responsable de la sécurité nationale iranienne Ali Larijani continue de marcher en public après les frappes israéliennes à Téhéran près de la région.

Il donne même une interview en direct.

« Le problème de Trump est qu’il ne se rend pas compte que la nation iranienne est mature et déterminée » <

Ragip Solyu :

> Un autre WAHOO, un haut responsable du régime iranien, Gholam-Hossein Mohseni-Eje’i, chef du pouvoir judiciaire, participe également à la marche à Téhéran.

Au milieu des frappes israéliennes dans les environs.

Ce type fait partie des quelques personnes qui dirigent réellement l’Iran. <

Raqip Soylu :

> Le conseiller de Feu Khamenei, Mohammad Mokhber, ancien vice-président iranien, participe également à la marche de Téhéran au milieu des frappes israéliennes <

Le journaliste de la BBC Shayan Sardarizadeh (vidéo) (voir aussi) :

> De la fumée s’élève dans l’air à la suite d’une frappe aérienne israélienne près d’un rassemblement progouvernemental marquant la journée annuelle de Qods sur la rue Enghelab dans le centre-ville de Téhéran.

Des chants d’Allahu Akbar peuvent être entendus en réaction à la frappe.

Emplacement : 35.701154, 51.403464 <

Abbas Araghachi, le ministre iranien des Affaires étrangères, y a également participé.

Peu de sécurité est visible dans les vidéos et les images ci-dessus. Larijani et Pezeshkian ont juste trois ou quatre gardes du corps chacun. Ces derniers gardent leurs distances. Aucune tentative n’est faite pour éloigner les gens des dirigeants.

Lorsque Usrael a déclenché une guerre contre l’Iran en juin 2025, il a fallu 12 jours pour que leurs défenses antimissiles se détériorent suffisamment pour qu’ils demandent la paix. Nous sommes maintenant au 14e jour de la guerre de 2026 contre l’Iran. Les tentatives américaines d’organiser un cessez-le-feu avec l’Iran ont été rejetées. Les attaques de missiles sur les positions américaines et sur Israël se poursuivent. Les gens fuient dans des bunkers. On se demande combien de temps le public israélien restera calme à ce sujet.

Le Hezbollah libanais, que l’on pensait vaincu en 2024 par Israël, est de retour et bien occupé. Hier, en coordination avec l’Iran, il a lancé plus de 200 missiles sur le nord d’Israël tandis que ses troupes au sol combattaient les incursions de chars israéliens. C’est un challenge pour le Hezbollah, mais avec de grandes chances de le gagner.

Les États-Unis et leurs vassaux ont promis de libérer 400 millions de barils de brut de leurs stocks. Le processus prendra des mois. Le déficit quotidien de brut dû à la fermeture du détroit d’Hormuz est d’environ 15 millions de barils par jour. La libération des réserves aura donc un effet minime. Il y a également des signes que le Trésor américain a vendu (archivé) des contrats à terme sur le brut, c’est-à-dire des paris sur la baisse des prix du pétrole. On ne peut pas lutter contre les fondamentaux de l’offre. Ces paris échoueront.

Les États-Unis envoient des éléments d’un groupe amphibie et d’un groupe expéditionnaire de Marines attaché au Moyen-Orient. Ces 2 200 soldats pourraient être utilisés pour des tentatives suicidaires d’envahir la côte iranienne à côté du détroit d’Hormuz.

Yves Smith prévoit et met en garde contre les tentatives d’ouverture du détroit :

Permettez-moi d’offrir une prévision. Je ne dis pas que c’est ce qui va arriver, mais pour le moment, cela semble une voie probable. Trump et son équipe envoient de plus en plus de messages selon lesquels, d’une manière ou d’une autre, ils vont ouvrir le détroit d’Hormuz. Lorsque cette idée a été exprimée pour la première fois, nous avons présenté Daniel Davis dans l’une de ses présentations approfondies sur l’idée incroyablement mauvaise que c’était, qu’elle enverrait simplement des navires de guerre pour une destruction facile par l’Iran. Néanmoins, exposer ce stratagème idiot aux investisseurs crédules et au public en disant que, d’une manière ou d’une autre, les épices s’écouleront à nouveau bientôt, est le seul moyen pour l’Administration de contenir quelque peu les hausses des prix de l’énergie et les dommages immédiats qu’elles causent.

L’Administration se doit de faire quelque chose, selon elle, plutôt que d’admettre une perte de primauté auto-infligée du niveau de la crise de Suez. Forcer l’ouverture du détroit d’Hormuz correspond à nos fantasmes de domination et de puissance militaire. Et si suffisamment de fonctionnaires en parlent, euh, le planifie, l’Administration peut y croire.

Donc, si nous n’avons pas eu de panique sur le marché plus tôt, le déclencheur probable sera d’envoyer des navires américains dans le détroit d’Hormuz et de subir une défaite écrasante. Il deviendra alors indéniable que l’Iran a l’initiative.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

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