Examen des prémisses nécessaires à la compréhension de «Je suis Charlie»

Par Jonathan Revusky – Le 16 janvier 2015 – Source vineyardsaker

Examinons les postulats sous-jacents au discours « Je suis Charlie »

Quand j’ai appris les nouvelles concernant Charlie Hebdo, j’ai très vite conclu qu’il s’agissait là d’une sorte d’événement fabriqué, un coup monté. L’histoire surannée, avec des musulmans en colère débarquant dans le centre de Paris avec des kalachnikovs et un lanceur de grenade, juste pour régler le compte de quelques caricaturistes m’est apparue comme tiré d’une œuvre de fiction à la sauce hollywoodienne.

En entendant le dialogue pourri tiré d’une sitcom de série B – Allahu Akhabar ! Le prophète est vengé ! – l’évidence a failli me crever un œil. Je répétais à l’envi, à quiconque voulait m’entendre : «Qui s’est occupé des dialogues ? Ils n’avaient pas de budgets, les gars qui ont pondu ça ? On ne pouvait pas engager des scripts avec plus de cent mots de vocabulaire ?» Je me demandais si ça n’était pas les mêmes gars qui avaient chorégraphié la scène à Abbottabad (rectifiée par la suite) où on affirmait qu’Oussama Ben Laden avait utilisé une femme comme bouclier humain.

Même si ces considérations sont à mes yeux suffisantes pour regarder tout cela comme un événement fabriqué, ce n’est peut-être pas le cas pour d’autres. J’ai donc considéré d’autres aspects de l’histoire, particulièrement ignorés par les commentaires du grand public. Ils se résument à de simples éléments : à peu près tout le monde, animé par la discussion, fait reposer sa position sur une série de prémisses et autres postulats qui ne satisfont pas les règles de la logique élémentaire. A savoir:

I. L’idée selon laquelle les musulmans étaient absolument enragés par les caricatures : Charlie Hebdo se vend dans les kiosques partout en France. Si un(e) musulman(e) se sent outragé(e) par les caricatures diffusées, qu’il/elle les considère comme sacrilèges et abominables à soutenir, pourquoi ne pas s’emparer de la pile de journaux, mise en vente dans la librairie, et tout mettre à la poubelle?

Sait-on si ça s’est produit, localement, ne serait-ce qu’une fois ? Je ne suis pas sûr à 100%, mais je pense que non. Dans le cas contraire, on en aurait entendu parler, à ce jour. Le manque, voire l’absence, d’incidents de cette nature n’indique-t-il pas plutôt que les musulmans, en fait et assez largement, n’en avaient rien à cirer de ces caricatures ?

Bien sûr, la plupart d’entre eux n’apprécient pas ce contenu, mais il apparaît aussi que personne ne fut non plus disposé à agir de la manière la plus triviale, telle que décrite plus haut, à l’encontre de ces caricatures. Une légende urbaine dépeint des musulmans outrés par ces caricatures. Cependant, on peut légitimement en douter. En 2005, un caricaturiste danois recevait des menaces de mort suite à des dessins représentant Mohammed. Or, la menace de mort consistait en un appel téléphonique anonyme.

Comment savoir si les auteurs de ces appels étaient effectivement musulmans ? L’explosion de 2011 dans les locaux de Charlie Hebdo est de même nature. C’est un crime encore à ce jour non élucidé. Personne ne sait qui l’a commis. Dans le même ordre d’idée, qui peut donner l’identité des gens qui, agissant de nuit, ont outragé un cimetière juif au moyen de swastikas ? Ne devrions-nous pas être plus circonspect avant de tirer des conclusions? Cui bono? [à qui ça profite?, NdT]

De toute façon, l’idée préconçue selon laquelle des musulmans étaient enragés par l’expression de ces caricatures, ne tient pas trop la route. Pour le moins, je ne trouve pas de preuves objectives démontrant que les musulmans se trouvaient suffisamment choqués par ces dessins pour aller jusqu’à commettre de tels actes de violence abjects.

II. L’idée selon laquelle les gens outrés par ces caricatures, étaient toutes musulmanes, et seulement musulmanes : en fait, si on google un peu sur internet, on apprendra que l’Église catholique se plaignait aussi des messages diffusés par Charlie Hebdo. En l’occurrence, j’ai le souvenir d’un dessin de Charlie Hebdo qui présente une Vierge Marie, nue et les jambes écartées, avec l’Enfant Jésus sortant de son vagin comme un diable de sa boîte.

Et bien : devinez quoi ! La société traditionnelle et conservatrice, chrétienne en somme, de France, qui rassemble sans aucuns doutes quelques millions de gens, probablement plus que les musulmans français en nombre absolu, n’apprécie pas NON PLUS ce genre de torchon! Ô quelle surprise!

Alors pourquoi « Je suis Charlie » la foule croit-elle (ou plus probablement affecte de croire) qu’il n’y a que des musulmans pour ne pas aimer ce torchon?

Je me demande comment réagiraient les bouddhistes face à un dessin représentant Bouddha et les cinq Sages de la tradition, engagés dans une partouze gay? J’oserais avancer que ça ne les réjouirait pas beaucoup. (Je ne suis pas bouddhiste: les cinq sages sont plus ou moins inventés.)

Et bien, l’explication la plus simple, et qui accuse les musulmans, repose précisément sur les éléments constitutifs des événements fabriqués. Encore une fois, nous avons là un postulat clef du discours dominant qui ne résiste pas à l’épreuve d’un examen scrupuleux.

III. Les prémisses à partir desquelles de jeunes musulmans en colère et en rupture de repères, issus de la banlieue parisienne, puissent être capable de tels actes ne tiennent pas debout. Mon opinion est qu’une personne normalement croyante (musulmane ou autre), même en considérant le profond outrage subi du fait des caricatures, ne sera pas capable de commettre un tel massacre.

On parle ici de pénétrer dans un lieu, et d’exécuter avec méthode, une douzaine de personnes qui, je le suppose, ont prié les agresseurs de les épargner (ce que, moi, j’aurais fait dans les mêmes circonstances, et donc je leur prête mes réactions). Peut-on faire confiance à un jeune issu d’un quartier défavorisé qui, engagé dans une opération suicide, au moment ultime de vérité, devra être capable de tous les massacrer?

Ces considérations me font penser que ce genre d’exécution, avec ce type d’armement, est le fait d’assassins professionnels.

Cela amène d’autres considérations qui ont déjà fait l’objet de discussions ailleurs, telles que: est-ce que des assassins professionnels laisseraient leurs cartes d’identité dans la voiture avant de s’enfuir? Des assassins professionnels sont-ils à ce point sensibles, et écorchés par la vie, qu’ils seraient prêts à tuer pour une offense des caricatures ? Ceci étant, puisque les tireurs visibles sur la vidéo portaient des masques, il n’y a pas de preuves irréfutables que les deux frères accusés a posteriori du crime (et qui ne sont plus de ce monde) sont les tueurs véritables. Mes considérations développées plus haut renforcent des doutes légitimes.

IV. La prémisse que c’est une sorte de valeur occidentale centrale que d’insulter les croyances religieuses des autres gens est également critiquable. Si la foule des Je suis Charlie doit être prise au sérieux, mon droit à dessiner une caricature présentant la Vierge Marie comme une p…., avec son fils Jésus comme maquereau peut être considéré comme de première importance, même si c’est offensant pour d’autres.

Alors que dans le même temps, il ne semble pas important:

1. d’avoir un débat public traitant des récits non plausibles, portés par la version officielle des attentats du 11 septembre à New-York

2. d’avoir une discussion honnête sur les événements lors de la Seconde Guerre mondiale, en particulier les atrocités commises à l’encontre des juifs, durant l’Holocauste.

3. de seulement mentionner le début d’une ébauche d’esquisse de l’hypothèse de la possibilité de l’existence éventuelle d’un improbable lobby juif et, je précise, le mentionner sans prendre position sur le fond de la question, est aussi un tabou.

4.​ avoir des débats sérieux sur les problématiques de genre, d’ethnicité, de races, hors du carcan du politiquement correct.

Pourquoi ces thèmes de débats sont-ils tabous? Apparemment, c’est parce qu’ils offensent certaines personnes. Ça les blesse! C’est un paradoxe étrange, qui me troublait depuis longtemps. Il y a peu, j’ai résolu l’énigme. Apparemment, en France, et en Occident en général, la liberté d’expression sans restriction n’est importante que pour le bénéfice de gens qui, comme les hippies vieillissants de Charlie Hebdo, n’ont rien à dire.

OK, maintenant, en conclusion, on peut ergoter sur toutes ces absurdités que j’ai évoquées plus haut, s’indigner, et tout et tout… Mais la question demeure: que faut-il en retenir? Retournons à des principes de base: je n’ai pas caché que je crois qu’il s’agit d’un événement monté de toute pièce. C’est une opération de manipulation psychologique de masse [une PSYOP comme on dit dans le jargon des Services de Renseignement, NdT], un modèle du genre. Peu importe l’instigateur, il est certain que derrière cette opération, il y a l’intention de générer une certaine atmosphère.

Et ils ont agi en pensant que l’atmosphère ainsi générée servira leurs intérêts. En clair, pour les débutants qui me lisent, on peut être dispensé de devoir se taper la tarte à la crème de la théorie conspirationniste, vu que toute analyse un tant soit peu sérieuse s’inscrit dans ce schéma; et que donc on y est déjà. Vous suivez toujours? Donc, de m’interroger: qui est derrière cette opération d’intoxication, et quel est le cahier de charges ? Ça, c’est la véritable question à laquelle il faut réfléchir, c’est ma certitude, et non suivre les ratiocinations alambiquées d’oisifs de salon parisien, à propos de l’incompatibilité de l’islam [avec l’Occident, NdT] ou le caractère sacré de la liberté d’expression.

Jonathan Revusky peut être contacté à revusky (arobase) gmail (point) com

Traduit par Geof, relu par jj et Diane pour le Saker Francophone.

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