La lutte s’intensifie


… il n’y a aucun moyen de sauver la Gauche. Il n’y a qu’un seul moyen : sauver l’Amérique d’elle. − Sasha Stone


Par James Howard Kunstler – Le 24 juillet 2026 – Source Clusterfuck Nation

La polycrise de 2026 tourbillonne comme une tempête hantée par les démons, submergeant notre projet humain tel un panorama médiéval de la fin du monde. Tout est tendu, basculant vers le danger, la menace, la ruine. Même sous un soleil d’été, l’esprit ne voit que ténèbres partout où il pose son regard. L’Apocalypse maintenant, semble-t-il. On ne peut presque pas en vouloir aux catastrophistes, aux adeptes de la « pilule noire », perdus dans leurs élans de terreur. Mais je vous le dis, nous allons surmonter cela.

Faut-il s’étonner que le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) ait des envies de mort pour son hôte, l’Iran ? Cela fait un demi-siècle qu’ils le clament haut et fort, aspirant au martyre, à la félicité du paradis, au mariage avec de multiples vierges parfumées, à toutes les grenades que l’on pourrait jamais désirer, et à un rêve éternel au bord d’une fontaine murmurant doucement dans le palais de l’éternité. Le problème, c’est que pour y parvenir, il faut se faire sauter la tête.

C’est exactement ce que réclame le CGRI, même si les millions d’Iraniens ordinaires ont probablement des doutes quant à cette demande. Ils sont les otages du régime du CGRI, qui refuse tout simplement de cesser d’être un problème pour le monde. La proposition de M. Trump à l’Iran tient toujours : devenez une nation normale, souveraine et tout le reste, mais sans bombes atomiques. Laissez les navires traverser le détroit d’Ormuz sans être importunés. Vendez votre pétrole, gagnez de l’argent, faites du commerce avec vos voisins de l’autre côté du golfe Persique, menez une vie agréable et civilisée avec tout le raffinement de la culture perse séculaire, même avec sa couche islamique. Soyez heureux !

Les États-Unis ne cherchent pas à occuper l’Iran, à piller ses ressources, à asservir son peuple, à le forcer à acheter des peluches de Minnie Mouse, à jouer au baseball, à manger des saucisses Jimmy Dean au petit-déjeuner, à gratter le banjo ou à porter des chapeaux de cow-boy. Cessez simplement de semer la violence et la discorde partout au Moyen-Orient.

« Vous ne pouvez pas nous y obliger », déclare le CGRI. « Si, nous le ferons », répliquent les États-Unis. Et ainsi de suite. Prochaine étape : les ponts et les centrales électriques. De plus, pour chaque navire que vous endommagerez, nous déduirons le coût des réparations de vos avoirs gelés détenus dans nos banques. Voilà où en sont les choses après la treizième nuit de bombardements stratégiques contre les sites de lancement du CGRI, ses usines de drones, ses cavernes de stockage de missiles et ses installations militaires côtières. L’Iran s’est préparé assidûment à ce scénario catastrophe pendant des décennies, en construisant des cachettes ici, là et partout. Mais désormais, chaque fois qu’ils lancent quelque chose, nos satellites repèrent les coordonnées, et boum, voilà une cachette de moins.

La monnaie iranienne, le rial, s’échange à environ 1 900 000 rials pour un dollar américain. Il ne reste pratiquement plus d’économie viable. La population est complètement ruinée. La vie quotidienne doit être un véritable enfer à présent. Il se pourrait que le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) recevait gratuitement des tonnes de munitions et de matériel de la part de la Chine, mais il y a quelques jours, nous avons fait sauter le pont ferroviaire d’Aq Tekeh-Khan [lien fourni par le traducteur, NdT], qui constituait la principale liaison entre la Chine et l’Iran ; c’est donc terminé.

Vous devez douter que la Russie soit capable d’envoyer des armes à l’Iran à ce stade. La Russie a besoin de tous les drones et missiles qu’elle peut fabriquer, maintenant que l’Ukraine envoie régulièrement des drones jusqu’à Moscou et Saint-Pétersbourg. Bien sûr, cette guerre est attisée par l’OTAN, dont font nécessairement partie les États-Unis. Un projet de loi (H.R. 2913 — l’« Ukraine Support Act ») qui prévoit d’octroyer entre 1,3 et 1,8 milliard de dollars d’aide directe à l’Ukraine en matière de sécurité, d’assistance militaire et de reconstruction, ainsi que 8 milliards de dollars de prêts, a été adopté par la Chambre des représentants en juin, mais stagne au Sénat.

Le président Trump a menacé d’y opposer son veto, estimant que cela allait à l’encontre de la préférence de son administration pour des négociations avec la Russie visant à mettre fin à la guerre en Ukraine plutôt qu’à la prolonger.

Ces deux conflits peuvent sembler insolubles pour l’instant, mais la dynamique qui les anime a des limites claires et bien réelles. Si les États-Unis ne financent pas l’effort de guerre de l’Ukraine, il ne reste plus que les pays de l’UE, qui sont de plus en plus à court d’argent et qui, malgré leurs discours creux, sont en réalité incapables de mener une campagne majeure de production d’armes. Le Royaume-Uni, en particulier, marche sur des œufs ces jours-ci, alors que M. Trump met méthodiquement fin à son emprise de longue date sur la finance mondiale via la City de Londres (surnommée son « Wall Street »). En fait, il semble que le Royaume-Uni en difficulté — avec l’arrivée d’un Andy Burnham un peu à côté de la plaque en tant que septième Premier ministre britannique en une décennie — ait passé le relais du leadership globaliste à son attaquant de pointe (et homme à tout faire) Mark Carney, le Premier ministre du Canada.

Mark Carney

Carney, ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre, a enchaîné les défaites face au président Trump au cours de l’année écoulée, tandis qu’il s’emploie à ruiner l’économie canadienne au nom de la supercherie « verte » globaliste, d’un afflux soutenu d’immigrants issus du tiers-monde et d’un activisme farfelu en matière de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI) — qui consiste notamment à restituer de vastes étendues de terres aux Premières Nations du Canada, c’est-à-dire aux Indiens. Carney a également flirté très activement avec le PCC, à un point tel que cela énerve sérieusement M. Trump. Parmi tous les autres chocs et surprises à venir, on pourrait imaginer que ce dernier soit contraint d’envoyer la 82e division aéroportée à Ottawa pour informer le Premier ministre Carney qu’il n’y aura pas de quartier général globaliste en Amérique du Nord.

Oui, les choses deviennent vraiment aussi étranges que cela. Et puis, pour poursuivre l’opération de nettoyage au sud de notre frontière, il y a Cuba à remettre dans le droit chemin. Cuba est manifestement la prochaine sur la liste. Notre patience à l’égard du projet d’exportation du communisme de cet État défaillant est particulièrement à bout, maintenant que le Parti démocrate ici nourrit des rêves marxistes-léninistes de gloire.

En plus de tout cela, nous avons de sérieuses inquiétudes concernant les marchés financiers et l’aggravation des inégalités de revenus qui alimente l’engouement des jeunes générations pour le « socialisme » (logement gratuit, soins de santé gratuits, tout gratuit). La financiarisation concentre et accroît la richesse tandis que la classe des salariés stagne, souffre, fait faillite et nourrit ses griefs. Nous entrons de plain-pied dans la saison des catastrophes financières. L’IA a accaparé tout le capital libre du pays — pour quelque chose qui semble constituer une menace existentielle autant qu’un éventuel avantage économique — et elle pervertit de manière effrénée le marché des actions. Le marché obligataire gémit sous le poids de la dette et l’impossibilité d’une prudence budgétaire. Un capitalisme incapable de s’autocorriger invite à la violence financière et politique.

C’est probablement une menace plus grande pour nous que les guerres lointaines, aussi graves soient-elles. M. Trump, le secrétaire Bessent et les autres responsables le savent certainement : la classe des propriétaires américains est devenue minuscule, et le remède à cela consiste à ramener la vaste classe moyenne, spoliée et abandonnée, vers des entreprises dont elle sera propriétaire, dans une économie fondée sur la production de biens réels, et non sur des jeux d’argent. Il y a tant à faire, et nous pouvons y parvenir si nous nous remettons les idées en place.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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