Par Moon of Alabama – Le 16 juillet 2026
Aujourd’hui, en plus d’une autre salve de missiles russes, Kiev a également été frappée par une lutte de pouvoir entre la « famille » mafieuse autour du président par intérim Vladimir Zelensky et les « structures de subventions » financées par l’Occident représentées par les autorités anti-corruption inconstitutionnelles.
Il y a six mois, Zelensky installait Mykhailo Fedorov, âgé de 35 ans, au poste de ministre de la Défense. Hier soir, sous couvert d’une réforme plus vaste du cabinet, il l’a renvoyé.
Fedorov est un gars de la Silicon Valley féru de technologie qui sait comment se promouvoir. Son travail consistait à réformer le système de recrutement connu pour kidnapper les hommes dans la rue afin qu’ils servent de chair à canon dans les brigades d’assaut du Commandant en chef, le général Alexander Syrsky, formé par les Soviétiques (« le meilleur général que les Russes puissent avoir« ).
Fedorov avait entrepris de moderniser l’armée ukrainienne en développant la guerre des drones et des achats plus efficaces. Cela a cependant provoqué la résistance de deux circonscriptions importantes.
L’armée régulière méprisait Fedorov pour son manque de connaissances des affaires militaires. Fedorov a acheté des armes « cybernétiques » sophistiquées et des drones à longue portée pendant que les soldats faisaient remarquer que leurs besoins étaient ailleurs.
Ceux de la « famille » Zelensky qui gagnaient des milliards grâce aux achats militaires ont été consternés lorsque Fedorov a commencé à déranger leurs affaires :
Alors que des diapositives Powerpoint étaient présentées à une salle remplie de testostérone, les généraux se sont plaints de l’achat de missiles et de munitions. Au centre de leurs critiques, Mykhailo Fedorov, le ministre de la Défense, un jeune de 35 ans féru de technologie, connu – et parfois moqué – pour ses présentations de style Silicon Valley, a répondu de la même manière. Sans ses décisions d’achat d’urgence de drones au début de l’année, qui nécessitaient d’emprunter de l’argent destiné aux salaires, il n’y aurait pas eu d’opération en Crimée. Un témoin de la scène l’a décrit comme « deux systèmes de coordination différents » engagés dans un corps à corps. « Pas de langage commun, même s’ils évitent d’entrer en conflit direct ».
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Ses six premiers mois de travail ont été caractérisés par une hyperactivité et une pugnacité qui en ont énervés plus d’un. Dès le début, il a ordonné un audit du ministère de la Défense et des brigades de l’armée qui a révélé des dépassements de dépenses de 300 milliards de hyrivna (6,6 milliards de dollars). Il a soumis les fonctionnaires du ministère à des détecteurs de mensonges ; ceux qui refusaient ou échouaient étaient renvoyés. Et il a déplacé certains achats vers un système d’appel d’offres ouvert, qui, selon lui, a réduit le coût des obus d’artillerie de 155 mm de 16% presque immédiatement. En même temps, ses profondes divergences avec les chefs militaires plus traditionalistes, en particulier son commandant en chef, Oleksandr Syrsky, étaient visibles. Il est bien connu que le ministre a demandé la destitution du général, mais n’a pas réussi à obtenir l’approbation du président ou à trouver un autre moyen de le faire.
Pendant ce temps, le travail de base pour lequel Fedorov a été embauché, la réforme du système de recrutement, n’a fait aucun progrès. Des attaques publiques contre des agents de recrutement et des nouvelles de recrues mourant pendant le processus d’enrolement apparaissent presque quotidiennement.
Fedorov avait acquis une certaine notoriété auprès des journalistes occidentaux et des « structures de subventions » alignées sur les organisations non gouvernementales de l’UE et des États-Unis. Dès qu’on a su qu’il serait licencié, ils ont appelé à des manifestations. Ce matin, quelques dizaines de personnes sont venues pour un autre « Maidan en carton-pâte ».
Immédiatement, des agents de recrutement ont semblé vérifier qui parmi ces manifestants étaient éligibles pour le service militaire.
Fedorov a fait la grosse erreur de penser que le but de cette guerre était de gagner contre la Russie. Mais, comme l’a récemment averti l’ancien commandant en chef Valleri Zalazhny, ce n’est pas la Russie qui perd la guerre.
Pour les hauts gradés et les structures civiles autour de Zelenski, le seul but de cette guerre a longtemps été leur enrichissement personnel.
Fedorov ne voulait pas se conformer à leur attitude.
Il sera remplacé par le chef du ministère de l’Intérieur, Ihor Klymenko, un ancien général de police avec une formation militaire connue pour être fidèle à Zelenski.
La terne Premier ministre, Yuliia Svyrydenko, sera remplacé par Serhii Koretskyi, l’actuel PDG de Naftogaz, la compagnie pétrolière et gazière publique ukrainienne. Koretski avait rendu Naftogaz « rentable« en cachant d’énormes pertes (en russe) dans l’une de ses filiales.
Moon of Alabama
Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.