Par Moon of Alabama – Le 20 juin 2026
Mon dernier article sur la guerre contre l’Iran se terminait ainsi :
Trump sera poussé par les deux partis au Congrès pour annuler l’accord. Ses détracteurs ne parviennent cependant pas à proposer de meilleures alternatives. Les réserves stratégiques de pétrole sont à sec, les pétroliers sont toujours bloqués à Hormuz et, même si les choses se passent bien, il faudra de nombreux mois pour que les prix du pétrole reviennent à des niveaux plus normaux. (Les choses seraient d’ailleurs bien pires si la Chine n’avait pas rapidement réduit ses importations de pétrole.)
Le manque persistant de pétrole sur le marché donne à l’Iran un énorme avantage dans les négociations à venir.
Trump a depuis reconnu que la situation économique était au bord de la catastrophe. Il est urgent pour lui de ne pas laisser la crise se produire pendant sa présidence :
Le président Donald Trump a déclaré mercredi qu’il était motivé à finaliser le protocole d’accord avec l’Iran pour éviter une “catastrophe économique” si la guerre n’était pas résolue rapidement.
« Donc, plutôt que d’entrer dans une dépression, plutôt que d’avoir votre président préféré devenir comme Herbert Hoover, il a toujours été celui que je ne veux pas être », a déclaré Trump à propos du 31e président dont les politiques sont souvent blâmées pour avoir déclenché la Grande Dépression.
« Je ne veux pas voir de catastrophe économique. Si on laisse faire, ça peut arriver. Mais tout ce que je sais, c’est que chaque fois que nous parlons de possibilités de la paix, le marché boursier grimpe comme une fusée », a déclaré Trump lors d’une conférence de presse mercredi en marge du sommet du G7 à Évian, en France.
Cela confirme que l’Iran est actuellement dans une position de négociation extrêmement forte.
Le Mémorandum d’accord stipule entre autres un cessez-le-feu au Liban entre Israël et le Hezbollah ainsi qu’un retrait des forces israéliennes du territoire libanais souverain. Israël, qui a récemment étendu le territoire qu’il occupe au sud-Liban, ne veut pas arrêter la guerre ni s’en retirer.
La nuit dernière, les forces israéliennes ont tenté de capturer une crête de contrôle près de la ville de Nabatieh. Le Hezbollah a réussi à piéger et à tuer quatre soldats de Tsahal. Cinq autres ont été blessés. Les forces israéliennes ont répondu par de violents bombardements.
Un autre cessez-le-feu au Liban annoncé pour 14h00 UTC aujourd’hui a été rompu en quelques minutes.
Aujourd’hui, après avoir autorisé le trafic à traverser le détroit d’Hormuz au cours des dernières 24 heures, l’Iran a annoncé que le détroit serait à nouveau fermé jusqu’à ce qu’Israël se retire du Liban.
Le ministre israélien de la Guerre, Israël Katz, s’est vanté aujourd’hui d’avoir complètement anéanti la première ligne de villages libanais. Le ministre de la Sécurité nationale, Ben Gvir, a exigé que « tout le Liban brûle ! » :
Assez de ping-pong. Au Moyen-Orient, vous ne gagnez pas avec des réponses mesurées et de la retenue, vous devez devenir fou furieux. Tout détruire. Tout écraser sous la terreur.
Ces gens sont des fous. Il est grand temps pour le reste du monde d’appliquer l’attitude et les méthodes imaginées par Ben Gvir à sa propre idéologie et à son pays.
Trump est coincé. Il sait que les réserves de pétrole s’épuisent. Il sait que l’économie s’effondrera si le détroit d’Hormuz reste fermé. Il sait qu’il devra arrêter Israël pour éviter de devenir le responsable d’une récession mondiale.
Étant donné que le gouvernement israélien est déterminé à maintenir son cap, Trump devra appliquer la pression la plus sévère qu’il puisse.
Comment pourra-t-il le faire alors que le Congrès, y compris les membres de son propre parti, appartient au lobby sioniste et rêve encore de vaincre « les Ayatollahs » ?
En tant que commandant en chef, Trump peut ordonner à toutes les défenses aériennes américaines au Moyen-Orient de se retirer, de ne plus défendre Israël. L’Iran devra-t-il (à la demande silencieuse des États-Unis ?) lancer une autre salve de missiles contre ce pays.
Ce serait une leçon que Ben Gvir et d’autres criminels de guerre sionistes mettraient longtemps à oublier.
Moon of Alabama
Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.