Trump-Mueller : prêts pour la suite de la chasse à courre ?


Les manigances, les manœuvres et les coups de poignards dans le dos ne font que commencer


Par James Howard Kunstler – Le 26 février 2019 – Source Russia Insider

James Howard KunstlerLa #Résistance [à Trump] a beaucoup perdu ces derniers jours, chaque nouvelle « bombe » fabriquée révélant seulement son mode de fonctionnement, à savoir que la fin justifie les moyens – la fin étant d’évincer le monstrueux Trump de son poste, les moyens étant la malhonnêteté et la mauvaise foi dans l’utilisation de la machinerie accusatoire de la bureaucratie du gouvernement.

Le New York Times a publié un éditorial du vendredi intitulé « Le Rapport Mueller arrive. Voici à quoi il faut s’attendre », déclarant :

« Le rapport concis constituera probablement une 'feuille de route' pour une enquête de la Chambre des Représentants, à majorité démocrate - et pour une enquête criminelle supplémentaire menée par d’autres procureurs. »

Mueller

Traduction : préparez-vous à être déçu par le rapport de M. Mueller et passez au micro-ondes un immense bol de popcorn pour vous accompagner dans la poursuite d’une extravagante série de séquelles et rebondissements. Méfiez-vous de ce que à quoi vous vous attendez. Si le relais est confié aux présidents des comités de la Chambre, Jerrold Nadler, Maxine Waters et Elijah Cummings, dans la deuxième saison de la série, le pays aura droit à quelque chose comme l’Inquisition espagnole interprétée par les Pieds Nickelés : Ribouldingue, Filochard et Croquignol.

En attendant, leurs pitreries pourraient être éclipsées par l’enquête désormais inévitable sur les méfaits commis par les fonctionnaires dans la saison I du feuilleton : la ruse du Russiagate. Juste sur la base de la tournée de promotion actuelle d’Andy McCabe pour son livre, il y aura énormément de grain à moudre et cela risque d’être beaucoup plus convaincant que les absurdités évoquées par les trois Pieds Nickelés. McCabe, dans sa quête pour refiler la patate chaude de la culpabilité à ses anciens collègues et pour vendre suffisamment de livres pour payer les honoraires de ses avocats, a parfaitement présenté le cadre de l’orchestration d’un coup d’État au sein du FBI.

C’est une histoire moche, et tout est à nu maintenant, comme autant de spaghettis collés au mur, et on ne l’ignorera pas. De nombreux autres spaghettis sont déjà étalés sur ce mur, depuis les détournements de fonds chez Fusion GPS par Hillary Clinton aux assurances écrites de Loretta Lynch à Bill Clinton, pendant la campagne de sa femme, assurant que les poursuites dans le scandale des serveurs de messagerie serait abandonnées, en passant par l’échec assez complet du processus FISA 1, et plus encore qui doit être ventilé devant des cours de justice.

Je soupçonne que Barack Obama et ses confidents de la Maison Blanche entreront aussi, tôt ou tard, dans le tableau, à la grande consternation de ses partisans qui ne veulent pas voir son héritage terni. Quel que soit votre point de vue sur tous ces événements sombres, il serait assez terrible que le pays soit obligé de le voir à la barre des témoins, mais cela peut être inévitable. Idem Hillary, qui risque de nous jouer le tout pour le tout, à la Capitaine Queeg quand elle devra enfin répondre des turpitudes de sa campagne.

La plupart des personnages de cette distribution ont apparemment disparu au cours des derniers mois, sans faire la une des journaux, passant probablement une bonne partie de leur temps à s’entretenir avec leurs avocats – Brennan, Clapper, Comey, et autres, cachant leurs armes. Ces derniers jours, Andy McCabe a fait le tour des chaînes de télé avec sa tête de chien battu,  expliquant le « stress » qui a poussé le FBI à tenter de se protéger le cul après les résultats incroyables des élections de 2016.

Je ne prétends pas savoir ce que le nouveau procureur général William Bar pourrait faire. Il doit se rendre compte que s’il laisse tout cela glisser, les dommages institutionnels seront permanents et graves. Il est réputé être un bon ami du procureur spécial Mueller. La réputation de M. Mueller d’être le plus intègre de tous les vertueux, semble en contradiction avec l’exercice de son mandat : générer des minables crimes de « procédure » contre des seconds couteaux, souvent par le biais de méthodes malveillantes de poursuites.

La vérité est probablement que Mueller a été amené sur les lieux pour protéger les personnages qui ont abusé des terribles pouvoirs du FBI et du ministère de la Justice. Son enquête a été hermétiquement scellée contre les fuites. Pour ce que moi, ou d’autres, savons, il a passé son temps, depuis le début, à préparer un procès contre les agents qui ont concocté le Russiagate. Ce n’est peut-être pas une opinion hautement plausible, mais elle est à prendre en considération.

Ce sera un mois intéressant. Avez-vous oublié que le général Michael
Flynn retournera dans la salle d’audience du juge Emmet Sullivan après trois mois passés dans la niche dans laquelle le juge l’a envoyé afin qu’il reconsidère son plaidoyer de culpabilité ? Peut-être le général Flynn a-t-il redécouvert qu’il avait une colonne vertébrale cet hiver et qu’il s’aventurera dans un procès contre l’accusation digne de Mickey Mouse portée contre lui, à savoir qu’en tant que nouveau conseiller à la sécurité nationale du président, il avait eu des discussions préliminaires avec l’ambassadeur de Russie – ce qui est, dans toutes les autres transitions de pouvoir, une procédure tout à fait normale – et aurait prétendument menti au FBI.

Ce sera le mois des véritables personnes qui ont orchestré un coup d’État contre leur  patron, le chef de l’exécutif.

Too much magic : L'Amérique désenchantéeJames Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

Notes

  1.  Le Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA) est une loi du Congrès des États-Unis de 1978 décrivant les procédures des surveillances physiques et électroniques, ainsi que la collecte d’information sur des puissances étrangères soit directement, soit par l’échange d’informations avec d’autres puissances étrangères.
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