Mythes et choix d’auto-défense pour les civils


2015-09-15_13h17_31-150x112Par le Saker – Le 1er janvier 2018 – Source The Saker

 

 

Note introductive du Saker US :

Il y a très, très longtemps que je voulais aborder ce thème, parce qu’il m’intéresse beaucoup. C’est cependant totalement hors-sujet pour ce blog. Mais comme il y a une accalmie (c’est le moins qu’on puisse dire) entre le Nouvel An et la Nativité orthodoxe, j’ai décidé de le caser ici entre ces deux dates et pendant que nos thèmes habituels sont un peu moins pressants. De plus, une de mes amies songeait récemment à se procurer une arme à feu pour se défendre et un pseudo-expert lui a écrit une quantité d’absurdités sur les semi-automatiques et les revolvers. Je lui ai envoyé un courriel pour détruire certaines de ces conneries, puis un autre plus long, et alors j’ai pensé : « OK abordons ce sujet une fois pour toutes ». 

Le résultat est l’article ci-dessous. Ma motivation ici n’est pas de me lancer dans un débat idéologique stérile sur les droits à détenir des armes à feu – il y a assez de pseudo débats 100 % idéologiques et 100% détachés de la réalité au point qu'ils m’ennuient à mourir (les armes, comme l’avortement et les drogues, sont des sujets qui ont tendance à susciter les pires débats, hautement émotionnels et la plupart du temps très peu informés, non seulement aux États-Unis mais dans le monde entier). Tout d’abord, ce que j’ai écrit ci-dessous s’adresse aux membres de notre communauté qui courent des risques parce qu’ils ne sont pas riches, qu’ils vivent dans des quartiers pas très beaux, ceux qui sont malades et faibles, les personnes âgées, les femmes seules et tous ceux qui sont généralement choisis par les voyous criminels pour être maltraités et agressés (les riches et les privilégiés ont rarement besoin d’armes à feu parce qu’ils peuvent payer pour leur sécurité de nombreuses façons ; ceux qui ont le plus besoin d’armes sont les faibles, les pauvres et les sans défense). 

J’ai été élevé par une mère seule, j’ai vu de près combien c’est difficile pour une femme seule de survivre dans notre société prétendûment civilisée. Donc même si ce blog n’est certainement pas un blog de défense du 2nd Amendment, je ne peux rester indifférent au fait que nous vivons dans un monde très dangereux et que l’année qui commence comporte vraiment des risques majeurs pour notre planète. 

En d’autres termes, il y a de bonnes chances pour que le système économique international s’effondre à la suite d’une attaque américaine sur la Corée du Nord ou l’Iran. Si cela devait se produire, il y a de fortes chances que de nombreux pays occidentaux, y compris les États-Unis, entrent dans l’un des Cinq stades de l’effondrement définis par mon ami Dmitri Orlov. Si cela se produit, la loi et l’ordre public pourraient s’effondrer très rapidement et, franchement, c’est déjà le cas dans de nombreux endroits du monde. Voici les dernières statistiques de cette année pour Chicago : morts par balle : 619 ; blessés par balle : 2911 ; total des tirs d’armes à feu : 3530 ; nombre total d’homicides : 670 [C’est une ville qui a typiquement une politique très restrictive en matière d’armes à feu, donc seuls les criminels sont armés !]. Voici où je veux en venir : être en mesure d’utiliser une arme à feu pour se défendre nécessite déjà une compétence cruciale pour survivre dans de nombreux endroits du monde et dans le proche avenir ces endroits ne feront que croître en taille et en nombre. Vous êtes, bien sûr, plus que bienvenus pour vous défendre seulement avec des mots, mais comprenez que d’autres pourraient voir la chose différemment. Il se trouve qu’au fil des années, j’ai appris un petit quelque chose sur les armes à feu et que j’ai consacré beaucoup de temps à enquêter à ce sujet. J’ai décidé de publier cet article un peu hors-sujet dans l’espoir qu’au moins certains lecteurs en profiteront. Je vous serais reconnaissant si nous pouviez garder la section des commentaires centrée sur la question débattue ici et non pas sur la haine habituelle contre un objet inanimé (une arme à feu) ou contre ceux qui croient en l’auto-défense personnelle, y compris votre serviteur. Merci.


The Saker

Nous vivons dans un monde de tromperie quasi-universelle. Nous vivons aussi dans un monde qui favorise avec détermination une acceptation crédule et acritique des mythes et des mensonges dominants, en particulier ceux qui sont propagés par le monde des affaires. Cette réalité imprègne nos vies partout, ce que nous écoutons, qui nous épousons, comment nous élevons nos enfants, ce que nous mangeons, ceux à qui nous faisons confiance pour notre santé, à qui nous confions l’éducation de nos enfants et beaucoup, beaucoup d’autres choses.

Aujourd’hui, je veux aborder une question très restreinte qui n’est importante que pour ceux qui veulent et sont en mesure de se défendre jusqu’à ce que les policiers arrivent. Pour être clair, je n’écris pas l’analyse qui suit pour ceux qui croient que les armes à feu sont la cause de la violence, ni pour ceux qui croient que, s’ils sont attaqués par des criminels, ils appelleront les flics et que les flics arriveront assez vite pour stopper les agresseurs. Et je ne destine certainement pas cette analyse à ceux qui vivent dans les zones sûres – ou pensent qu’elles le sont. Enfin, je n’écris pas non plus pour les forces de l’ordre, c’est essentiel, voir plus bas ! Mon public cible est très restreint. Il est constitué par ceux qui remplissent ces conditions :

1) Être prêts à se défendre, eux ou d’autres, jusqu’à ce que les forces de l’ordre se présentent.
2) Être prêts à utiliser une arme à feu pour se protéger ou protéger leurs proches.
3) Des civils ordinaires, c’est-à-dire pas des gens ayant suivi une formation avancée dans le maniement des armes à feu.

Ce que je veux faire aujourd’hui, c’est démonter un mythe très dangereux presque universellement accepté et répété avec une ferveur quasi religieuse jour après jour par presque tout le monde : que les pistolets semi-automatiques sont meilleurs que les revolvers pour les besoins d’auto-défense des civils.

D’abord, passons en revue les bases : les semi-automatiques, c’est-à-dire à  chargement automatique, par rapport aux revolvers, c’est-à-dire les pistolets.


En haut à gauche vous voyez un revolver (un Smith & Wesson .357 magnum) et en bas à droite un semi-automatique (un Smith & Wesson 9mm avec un combiné lampe torche/ laser)

Je pense que nous pouvons tout de suite nous entendre sur le fait que le revolver a l’air beaucoup plus ancien tandis que le semi-automatique a un look résolument moderne. Quoique relativement moderne, le revolver évoque des images de cowboys à OK Corral tandis que le semi-automatique ressemble au genre d’arme à feu que porteraient des policiers et des soldats modernes. Et c’est vrai, les cowboys portaient des revolvers – bien que leur arme principale ait toujours été la carabine – et les policiers et les militaires utilisent aujourd’hui presque exclusivement des semi-automatiques. Pourquoi ?

Les semi-automatiques ont une longue liste d’avantages. Voici les principaux :

1) Ils ont une capacité plus grande :  ils ont plus de balles dans le chargeur ;
2) Le rechargement est plus rapide et plus facile ;
3) Ils sont beaucoup moins chers, du moins dans la plupart des cas ;
4) Le 9mm moderne est un calibre idéal pour tirer sur quelqu’un ;
5) On peut facilement y adapter des accessoires comme une lampe-torche ou un pointeur laser ;
6) Ils font plus moderne et moins règlement de compte à OK Corral ;
7) Il est généralement plus facile de tirer avec.

C’est tout à fait vrai. Mais ce n’est pas le problème. Le problème réside dans les hypothèses implicites qui sous-tendent la présentation de ces faits comme arguments en faveur de la supériorité du semi-automatique. En réalité, ces hypothèses se révèlent fausses lorsqu’elles sont appliquées aux civils. Je vous explique.

Quelle est la différence entre un civil et un représentant des forces de l’ordre ?

Ce n’est pas l’arme qu’ils portent, ni la qualité de leur formation, les flics sont généralement d’assez mauvais tireurs. Ce n’est pas le droit légal de recourir à la force létale, les civils peuvent le faire en cas de légitime défense – du moins dans les juridictions qui autorisent les civils à porter une arme à feu pour se défendre. Alors qu’est-ce que c’est ? Ce sont les différences fondamentales suivantes :

Lorsque des policiers entendent des coups de feu, ils doivent aller voir et enquêter ou intervenir, alors que lorsque des civils entendent des coups de feu, ils doivent se mettre à l’abri ou courir.

C’est absolument crucial : les représentants des forces de l’ordre doivent appliquer la loi et protéger tout le monde. Les civils sont seulement autorisés à se protéger eux-mêmes – ou quelqu’un qui est sous leur protection – et seulement jusqu’à ce que les forces de l’ordre se présentent. C’est tellement important que je veux le souligner encore : les civils n’ont pas le devoir d’arrêter quiconque, même dans des juridictions où les soi-disant arrestations de citoyens sont légales. Les civils n’ont pas à pourchasser et à arrêter les criminels, ils n’ont pas à entamer une confrontation avec les bandes, les voyous, les hooligans ou les petits criminels. Les civils n’appliquent pas les lois sur les stupéfiants – les flics non plus, selon moi, mais c’est un autre sujet – et les civils ne font pas de contrôles routiers. Si vous êtes un civil et si vous voyez trois voyous se promener dans une rue à sens unique en sniffant de la cocaïne et en brandissant leurs armes, vous devriez chercher un abri et sortir de là. Les flics sont liés par le devoir d’intervenir immédiatement. C’est une énorme différence.

Pour les civils, les armes à feu sont des instruments d’utilisation exceptionnelle et de protection de dernier ressort. Ce n’est que lorsque quelque chose tourne mal que vous pouvez sortir votre arme et, si cela échoue aussi, l’utiliser.

Les forces de l’ordre et les civils vivent dans des réalités totalement différentes. La réalité, pour les civils, ressemble à ceci :

  • La grande majorité des situations (environ 90%) dans lesquelles les civils doivent se protéger se produisent lors d’intrusions dans leur domicile.
  • Dans la grande majorité des cas (environ 90%), montrer l’arme (sans tirer) est suffisant pour faire cesser l’attaque.
  • Dans la grande majorité des cas (environ 90%), lorsque des civils doivent tirer avec leur arme, ils ne tirent qu’un à trois coups.
  • Dans la majorité des cas, ces confrontations armées interviennent à une distance d’un peu moins de 3 mètres.
  • Dans la majorité des cas, l’ensemble des événements ne dure que quelques secondes, et puis c’est terminé.

Permettez-moi d’ajouter une dernière chose : dans la plupart des juridictions, dès que vous avez stoppé un crime en montrant votre arme ou en l’utilisant, vous n’êtes pas autorisé à continuer de tirer. Rappelez-vous, les civils n’ont pas le droit d’utiliser la force létale pour appréhender un criminel. Ce qui signifie que dès que l’agression est stoppée, soit parce que le criminel s’est mis à courir de peur ou s’est fait tirer dessus, vous devez cesser de tirer. Vous ne pouvez pas vider votre chargeur dans le dos de quelqu’un qui ressemble pour vous à un criminel, peu importe combien la tentative, ou le crime commis a été flagrant. Donc même si vous attrapez un pervers en train d’essayer de violer votre enfant de 5 ans, dès que le crime a été stoppé, vous ne pouvez pas tirer sur ce fils de pute même s’il le mérite amplement. Répétons-le, tirer ne serait-ce que un coup de plus que le strict minimum nécessaire pour mettre fin au crime en cours vous exposerait à des poursuites judiciaires pour l’un des motifs suivants : agression avec une arme létale, homicide involontaire, homicide ou même meurtre au second degré.

Il y a une autre vérité que la plupart des gens qui vivent dans des quartiers infestés de criminalité et les flics connaissent : l’immense majorité des criminels ici sont médiocres, idiots et lâches. On estime qu’entre 20% et 30% d’entre eux portent des armes qui ne fonctionnent même pas, ils sont trop pauvres ou trop fauchés pour acheter une bonne arme à feu, et trop stupides pour les entretenir correctement. Les criminels s’en prennent aux faibles et aux personnes sans défense. Ils ne sont pas là pour l’emporter dans une fusillade. Je n’ai jamais dû utiliser une arme à feu pour me protéger (Dieu merci), mais je connais beaucoup de gens qui l’ont fait et tous sont unanimes : dès que les petits voyous voient votre arme, ils se mettent à courir, en particulier si vous tirez une fois, voire plus, et si vous en touchez un.

Oui, je sais, les mafieux et les trafiquants de drogue peuvent utiliser des guerriers très expérimentés et il y a eu des cas célèbres où les policiers, ou les agents du FBI, ont été surpassés dans de longues batailles armées. Mais les chances que cela vous arrive sont presque nulles. La menace la plus probable pour vous est une intrusion dans votre domicile par deux ou trois imbéciles à demi illettrés qui n’ont pas remarqué tous les signes indiquant que la maison est occupée et qui veulent voler votre poste de télévision pour s’acheter de la drogue. En criant seulement « foutez le camp, ou je vous descends » vous les ferez partir en courant comme des fous. D’ailleurs, si vous êtes vraiment sur la liste des cibles du cartel de Sinaloa, aucune arme à feu ne vous sauvera de toute façon, même pas le plus gros et le plus terrible semi-automatique.

Et que faire si vous êtes dans une petite épicerie et si trois voyous armés entrent soudain et tentent de braquer la boutique (et les clients) ? De combien de coups auriez-vous besoin ? La réponse correcte est aucun. Ce n’est pas votre affaire et vous ne devez pas ouvrir le feu, à moins d’avoir des raisons de soupçonner que vous ou d’autres sont sur le point d’être assassinés. Et si cela arrive, votre problème principal ne sera pas la capacité de l’arme mais le fait que trois adversaires différents, à moins qu’ils ne fuient, ouvriront le feu sur vous à partir de différentes directions. Rappelez-vous, l’emporter dans une fusillade ce n’est pas tirer sur l’autre type, c’est d’abord ne pas se faire toucher. Donc que vous ayez votre revolver à 5 coups ou votre semi-automatique à 18 coups, tout se passera si vite que votre capacité sera le cadet de vos soucis. Mais la chose intelligente à faire est de lever les mains, de vous taire, de leur donner votre porte-monnaie et d’attendre que les méchants s’en aillent, et non d’avoir une fusillade à quatre – vous et les trois méchants – entourés partout de civils innocents.

D’accord, tout ce qui précède vise à ceci : la capacité compte beaucoup pour les forces de l’ordre, mais à peine pour les civils. Bien sûr, il vaut mieux avoir plus de balles que moins, comme le dit l’expression, « Je préfère les avoir et ne pas en avoir besoin qu’en avoir besoin et ne pas les avoir » mais aussi séduisante que soit cette expression, dans le monde réel, la capacité n’est tout simplement pas importante pour les civils.

Donc qu’est-ce qui est important ?

Eh bien, la fiabilité, d’abord et avant tout.

Et là, je vais détruire un autre mythe : que les revolvers sont plus fiables que les semi-automatiques. D’accord, ils le sont. Mais avec une si petite marge que cela ne fait pas de différence significative. Les semi-automatiques modernes produits par des fabricants de qualité sont à peu près aussi fiables que les revolvers – qui s’enrayent aussi parfois ! Mais c’est une très mauvaise comparaison. Ce que nous devons comparer, ce n’est pas des revolvers et des semi-automatiques, mais des revolvers et des semi-automatiques lorsqu’ils sont utilisés par des civils !

Il y a des défaillances et ce qu’on appelle des « dysfonctionnements imputables au tireur ». Celles-ci dépendent pour la plupart de la complexité à utiliser correctement l’arme à feu, en particulier en cas de stress. Alors que la différence de fiabilité entre les revolvers modernes et les semi-automatiques modernes est mince, celle-ci devient immense lorsqu’on y inclut les défaillances causées par le tireur. Des trucs comme ne pas ôter un cran de sûreté ou oublier de mettre une balle dans la chambre. Il y a aussi une autre sorte de dysfonctionnement provoqué par le tireur, c’est le manque de soins appropriés pour l’arme à feu. Les chargeurs, par exemple, sont la cause principale des échecs, ils ont aussi tendance à tomber lorsque l’arme est manipulée, ce qui, pour certains modèles, rend le semi-automatique totalement inutilisable.

Une défaillance classique de ce genre est lorsque quelqu’un se saisit d’un semi-automatique chargé, mais dont le percuteur n’est pas désarmé, et appuie sur une gâchette sensible, tirant ainsi par inadvertance. La plupart des revolvers (mais pas tous) ont un avantage sur la plupart des semi-automatiques (mais pas tous non plus) qu’en cas de dispositif à double-action [à double détente], leurs gâchettes sont beaucoup plus dures, ce qui est parfait dans une situation d’auto-défense, et peut être changé en mode simple-action rendant la gâchette beaucoup plus sensible, ce qui est parfait pour la pratique du tir sur cible.

En clair, cela signifie que vous êtes beaucoup plus susceptible de vous tirer dessus, ou sur quelqu’un d’autre, par inadvertance lorsque vous avez un semi-automatique plutôt qu’un revolver, en particulier sous le stress. C’est pourquoi les semi-automatiques comportent des sécurités – une autre idée terrible, à mon avis – qui rendent effectivement la manipulation de l’arme plus sûre, mais cela au prix de l’ajout d’une manipulation critique à exécuter, et qui peut échouer lorsque vous devez vous défendre.

Pour tirer avec un semi-automatique, vous devez engager complètement un chargeur (dans la crosse), l’armer (ce qui met une balle dans la chambre), ôter la sécurité (si vous l’avez mise avant) et tenir l’arme assez fermement pour lui permettre de faire un cycle complet [en résistant au recul, NdT]. Si vous la tenez trop légèrement, ce qu’on appelle un poignet mou, le semi-automatique ne fera pas son cycle et, tout simplement, s’enrayera – c’est ce qui arrive le plus souvent aux femmes, en particulier celles qui ont une morphologie légère ou mince. Si cela arrive, vous devez faire ce qu’on appelle un « tap rack bang » 1 (voir ici une vidéo explicative).

Le Manuel des armes d’un revolver indique ce qui suit : appuyez sur la détente ; si le revolver ne tire pas, appuyez de nouveau. C’est tout.

Tant que vous n’aurez pas armé le percuteur, la détente sera suffisamment lourde pour être sûre, sans le besoin d’une sécurité supplémentaire. Armer le percuteur est quelque chose que vous ne devriez jamais faire dans une situation d’autodéfense – seulement dans les films – et c’est pourquoi un revolver, purement d’autodéfense, aura souvent un percuteur enveloppé (caché) (voir la photo du Ruger LCR ci-dessous).

La réponse des propagandistes du semi-automatique est « formation, formation , toujours plus de formation ». J’aborderai cet argument plus loin, mais pour l’instant, demandez-vous simplement ce que vous préféreriez faire si vous étiez confronté à un criminel [et que votre arme s’enraye] : appuyer de nouveau sur la gâchette ou essayer une procédure de tap rack bang. Rappelez-vous que dans la plupart des cas, lorsque des civils doivent utiliser une arme à feu pour se défendre, leur adversaire se trouve à 3 mètres ou moins. Le méchant se tient donc à portée de crachat, il vous tire peut-être déjà dessus ou, du moins,  rapproche la distance (une fraction de seconde à cette distance !) et vous allez essayer un tap rack bang ? Vraiment ? J’en doute fort, peu importe combien vous aurez dépensé en « entraînement tactique » (plus d’informations ci-dessous).

Ensuite, nous devons nous éloigner des problèmes techniques liés aux armes à feu et examiner la vision d’ensemble de l’approvisionnement en armes.

Voici la version officielle : toutes les forces de maintien de l’ordre et les militaires sont passés aux semi-automatiques parce que ce sont les meilleurs. Vraiment ?

Réfléchissez encore.

Combien de personnes, à votre avis, sont-elles impliquées dans la décision de procurer une arme à feu pour, disons, un important service de police ? Permettez-moi de vous parler de trois catégories qui sont ignorées : les comptables, les avocats et les politiciens. Aucun d’eux ne se soucie beaucoup de la qualité des armes que les flics vont porter. Les comptables veulent le meilleur marché, les avocats éviter les poursuites, et les politiciens paraître à leur avantage. Ce qui ne serait pas si mal en soi, sauf pour le monde du business.

Tout d’abord, un fait simple : les semi-automatiques sont, en règle générale, beaucoup moins chers que les revolvers. Deuxième fait, pour faire respecter la loi, ils sont objectivement mieux. Troisième fait : ce que les principaux services de police décident devient un dogme quasiment accepté. Donc, disons que, si le LAPD (Police de Los Angeles) et le NYPD (Police de New-York) passent tous deux leur personnel au semi-automatique, nous, civils, voudrions nous en tenir à leur sagesse et faire la même chose. Sauf que, comme je l’ai expliqué plus haut, nous ne sommes pas des flics.

Alors permettez-moi de vous poser la question suivante : en théorie, accepteriez-vous de payer, disons, deux fois le prix d’une arme bien mieux adaptée à vos besoins ? Je pense que la plupart d’entre nous diraient oui. Nous ne sommes pas comptables dans un grand service de police, il s’agit de nos vies et de celles de nos proches. Vous allez me dire que 300 dollars contre 700 dollars font une grande différence pour vous et votre famille ? Mais combien coûte votre téléviseur chaque année ? Sans parler de vos hobbies ou loisirs ?

Ensuite, les avocats et les politiciens – la même chose, en vérité : ils voudront dire qu’ils ont donné aux flics la plus grande puissance de feu possible pour éviter des cas tels que la célèbre fusillade de Miami en 1986. Donc, non seulement ils veulent des semi-automatiques, mais aussi des carabines, des gilets pare-balles, des casques, des AR-15 (ou M16 : fusil d’assaut), des véhicules blindés et, si on leur en donne la possibilité, des chars et des mitrailleuses lourdes. Nous connaissons tous la sur-militarisation ridicule des forces de police américaines qui traitent maintenant ceux qu’elles sont censées « servir et protéger » comme des terroristes ou des insurgés dangereux. Et c’est leurs choix que vous voulez copier ?

Encore une fois, je pense vraiment que si les semi-automatiques sont meilleurs pour les flics, pour les militaires ils sont généralement inutiles sauf pour imposer la discipline. Tout ce que je dis, c’est que les gens impliqués dans le processus de décision pour acquérir des armes pour la police (ou l’armée) ont des critères très différents de ceux d’un civil. Nous, les civils, devrions utiliser notre cerveau et ne pas suivre aveuglément ce qu’ils disent ou font.

Maintenant, regardons les entreprises. Tout ce qu’elles veulent, c’est gagner autant d’argent que possible. Donc, si vous étiez à la tête d’une société qui fabrique des armes de poing et si vous saviez avec une certitude absolue que tous les services de police et les forces armées de votre pays vont vous commander un grand nombre de semi-automatiques, quel intérêt auriez-vous à garder une ligne de production, et un stock, pour des revolvers que les gens pourraient peut-être encore vouloir acheter, mais en quantités beaucoup plus petites ? La vérité est que toute l’industrie des armes a un énorme intérêt à pousser les semi-automatiques et la seule raison pour laquelle les revolvers sont encore fabriqués est que des gens sont prêts à payer plus cher, parce que certains les utilisent pour la chasse et sont assez intelligents pour démasquer la propagande des grandes entreprises.

Maintenant, regardons du côté de la communauté d’experts. Que pensez-vous qu’ils préfèrent ? Je peux vous le dire, environ 95% d’entre eux vont rejeter le six coups (revolver) comme totalement vétuste et ne jureront que par le semi-automatique. Maintenant, vous vous souvenez de l’argument avancé à propos de la technique tap, rack, bang (en cas de défaillance de l’arme) : si vous vous entraînez bien, vous pouvez apprendre à la faire en une fraction de seconde même soumis à un stress énorme.

Eh bien, réfléchissez une seconde, et gardez à l’esprit le Manuel des armes que j’ai mentionné ci-dessus, si vous étiez instructeur d’armes à feu, comment feriez-vous le plus d’argent? En enseignant les techniques de base des armes à feu, les  tactiques intermédiaires et avancées, ou simplement « en appuyant encore et encore sur la gâchette » ?

Toute cette absurdité de formation tactique m’agace vraiment. Comme si nous, civils, avions tous besoin de passer notre temps libre à nous entraîner – sans parler des centaines et des milliers de dollars à payer pour tout cela – et d’essayer de devenir membre d’une équipe civile du genre RAID ! C’est absolument ridicule, mais puisque tous les experts insistent sur la formation régulière (et gagnent beaucoup d’argent en vendant ce type de cours !), tout le monde, répète comme un perroquet, l’injonction absurde : « entraînement, entraînement, entraînement ». Jetez un œil à cette vidéo, où l’on voit un expert démontrant comment effectuer un rechargement tactique, avec une seule main, lors d’un échange de tirs contre deux voleurs armés. Oui, c’est vrai, un remplacement du chargeur avec une seule main ! Voilà à quel point tout ce non-sens tactique est devenu totalement ridicule. Mais il y a beaucoup d’experts qui en vivent ! Et tous vous diront que les revolvers sont mauvais. En effet, ils sont mauvais pour eux et pour leur modèle de business.

Le S & W Mod. 60 avec ses munitions spéciales Ruger ARX .38 est une excellente option d’auto-défense pour les personnes sensibles au recul

Alors avez-vous besoin de formation et pendant combien de temps ?

Oui, vous en avez besoin. Vous devez être familiarisé et à l’aise pour manipuler, entretenir et tirer avec votre arme. Je recommanderais de tirer au moins 4 à 5 fois par an. Vous devez vous habituer au bruit de l’explosion et au recul de l’arme. Pour les débutants – et je ne me moque pas du tout – vous devez vous convaincre que votre arme à feu ne tirera pas d’elle-même, que tant que vous n’appuyez pas sur la gâchette, elle est totalement inoffensive. Cela peut prendre un certain temps pour beaucoup de gens. Vous pouvez les repérer facilement : ils auront même peur de toucher un fusil chargé comme si ce dernier pouvait, par magie, mordre un doigt ou deux. Enfin, vous devez vous familiariser avec les éventuels dysfonctionnements de votre arme à feu et savoir quoi faire si ça arrive, dans le cas d’un revolver, c’est très simple : appuyez de nouveau sur la gâchette. Ce dont vous n’avez pas besoin, c’est apprendre à faire un rechargement tactique de l’arme, tout en faisant une course tactique, lors d’un échange de tir tactique contre plusieurs adversaires armés. D’accord, si vous êtes riche et aimez jouer, alors, grands dieux, faites-le. Mais pour ceux d’entre nous qui ont du mal à payer leurs factures et qui ont peu de temps libre, il y a mieux à faire.

S’il vous plaît, rappelez-vous les chiffres ci-dessus : dans 90% des cas, vous ne tirerez pas du tout, et si vous le faites, dans environ 90% des cas, vous tirerez un à trois coups, en manquant probablement souvent la cible. Cela réglera 99% des situations que vous risquez de rencontrer dans votre vie – sauf si vous êtes un flic ou un trafiquant de drogue, bien sûr.

Alors, que voulez-vous que votre arme fasse, en plus de faire « bang ! » ?

Ne vous souciez pas de la précision. Premièrement, parce que votre arme est beaucoup plus précise que vous et, deuxièmement, parce que votre précision aura un impact négligeable sur le résultat de votre échange de tirs. Tout ce discours sur « le placement est plus important que le calibre (de la munition) » est vrai, mais il est aussi entièrement théorique. Dans le monde réel, même les agents du FBI ont un taux d’échec de 80% dans les échanges de tirs réels. Tant que votre arme fait « bang » et que vous ne vous faites pas tirer dessus, vous vous débrouillez bien.

Cependant, si vous frappez votre adversaire, vous voulez que votre balle ait un impact maximal. Rappelez-vous, dans le monde réel, vous ne tirerez que une à trois fois avant que tout ne soit fini, vous serez soit abattu vous-même ou vous aurez arrêté votre assaillant.

Je ne vais pas entrer dans une longue discussion sur les calibres ici, mais j’ai deux faits importants à évoquer.

Tout d’abord, comme vous le savez tous, un revolver conserve les balles dans son cylindre. Un semi-automatique garde ses balles dans un chargeur inséré dans la crosse. Maintenant permettez-moi de vous demander ceci : pourquoi les revolvers peuvent-ils tirer d’énormes cartouches de chasse comme le S & W500 et pas les semi-automatiques ? La raison est simple : les revolvers ont été conçus autour d’un calibre de munition spécifique tandis que les calibres semi-automatiques ont été conçus pour être assez petits pour tenir dans la crosse d’un pistolet. Cela signifie que lorsque le calibre du revolver a été conçu, il a été conçu pour être le meilleur possible pour le travail à faire, alors que les calibres semi-automatiques ont dû faire un compromis sur la quantité de balles par rapport à la capacité du chargeur adapté au semi-automatique. Maintenant commencez-vous à comprendre pourquoi la capacité (nombre de balles) est cruciale pour les semi-automatiques ?

Ensuite, je veux mentionner un concept que j’ai appris chez les chasseurs : la courbe d’incapacité. C’est le temps que met un animal abattu pour s’effondrer. Les humains sont beaucoup, beaucoup plus fragiles que les animaux, mais le concept est totalement pertinent pour l’autodéfense : si vous tirez, par exemple trois balles, et qu’une seule touche, combien de temps faudra-t-il pour neutraliser l’attaquant ? Permettez-moi de souligner ici que le but de l’auto-défense armée n’est pas de tuer, mais d’arrêter l’attaque. Une petite balle de .22 long rifle peut vous tuer, pas de problème, mais elle va vous tuer lentement et elle a très peu de puissance d’arrêt, si votre attaquant meurt dix minutes après que vous l’avez abattu, ça ne sert à rien s’il a eu le temps de vous tuer d’abord.

Maintenant, examinons la même question d’un point de vue juridique. Nous connaissons tous les nombreux cas où des policiers ont tiré sur quelqu’un 5, 10 ou 15 fois. À votre avis, de quoi aurez-vous l’air au tribunal si le procureur vous demande pourquoi vous avez tiré 15 fois sur votre attaquant ? La vérité est que ce que l’on appelle arroser et prier [spray and pray] est quelque chose que les tribunaux n’autorisent qu’aux flics, les civils vont en prison pour ça ! Alors permettez-moi de vous demander ceci : est-ce plus simple pour vous d’expliquer au tribunal pourquoi vous tirez une ou deux fois en état de légitime défense, que dix à quinze fois – sans parler de la question du rechargement de l’arme ?

Encore une fois, nous, les civils, ne sommes pas des policiers et la justice ne nous donne pas les mêmes droits qu’aux flics. C’est peut-être injuste, mais c’est vrai. Cela signifie pour vous quelque chose de simple : vous voulez que chaque balle tirée compte, compte vraiment.

J’ai promis de ne pas entrer dans les questions de calibre (puissance de l’arme) et je ne le ferai pas. Vous pouvez trouver des semi-automatiques qui tirent des calibres très similaires à ceux des revolvers : le 10 mm est une excellente munition, même si elle est trop puissante pour beaucoup (mais pas tous) de semi-automatiques initialement conçus pour du 9 mm. Mais la vérité est que dans la grande majorité des cas, les gens utilisent, pour un tas de raisons, le 9 mm, c’est un très bon calibre, mais certainement pas le meilleur. Il est également très inefficace contre les animaux sauvages, ce qui, selon l’endroit où vous vivez, est une autre question à considérer – je dirai juste ici que mon calibre de défense personnel est le .357 magnum qui est, je crois, le meilleur calibre jamais conçu.

Ensuite, je veux m’intéresser à un sous-ensemble spécifique de civils : ceux d’entre nous qui n’ont pas seulement une arme à feu dans leur maison ou leur voiture, mais qui en portent une sur eux tous les jours. C’est un petit sous-ensemble de ceux qui possèdent des armes à feu, mais leur nombre augmente très rapidement.

Pour eux, je dirai que la taille de l’arme à feu est moins importante que son poids. Il y a plusieurs façons de porter une arme à feu dissimulée : certaines sont meilleures que d’autres, mais il n’y a aucun moyen d’alléger le poids de votre arme à feu. Donc une arme à feu légère est certainement la meilleure solution pour un civil qui la porte quotidiennement.

À gauche un S & W Bodyguard – À droite un Right Ruger LCR

Il y a beaucoup de petites armes à feu correctes, mais les deux meilleures sont, à mon avis, le S & W M & P Bodyguard en .380 et le Ruger LCR en .357 magnum. Le semi-automatique Bodyguard, surtout s’il est chargé de cartouches Lehigh Extreme Penetrator, est une arme d’autodéfense très convenable et ne pèse que 408 grammes à pleine charge. Il vous permettra sept coups de feu. Mais comparez cela au revolver Ruger LCR en .357 magnum, avec un poids de 555 grammes à pleine charge, qui vous donnera 5 coups. Maintenant posez-vous cette question: dans votre situation typique d’autodéfense préférez-vous tirer trois balles de .380 et en avoir quatre en réserve, ou trois balles de .357 magnum et avoir deux coups supplémentaires ? Pas sûr.

Un quart de $ américain, une balle de .357 magnum et une de .380. Dites-moi : est-ce que la taille importe ?

Ensuite, regardez cette photo, à gauche, comparant les cartouches et laissez-moi vous dire ceci : une balle de .357 peut venir à bout de n’importe quel animal aux États-Unis à l’exception du grizzly. Le .380 peut régler le compte de la plupart des humains. S’il vous plaît ne vous méprenez pas : le S & W Bodyguard M & P est une très bonne arme à porter : ultra-légère avec sept coups. Mais le revolver Ruger LCR, bien qu’un peu plus lourd, apporte un punch beaucoup plus grand avec cinq balles qui peuvent arrêter n’importe quoi, à part un ours grizzly. Lequel a le plus de sens pour vous ? Que se passe-t-il si vous devez tirer à travers une portière pendant un vol de voiture ? Feriez-vous plutôt confiance au minuscule .380 ou au puissant .357 magnum qui a été spécifiquement conçu pour surmonter le handicap des calibres .380 que les flics ne pouvaient pas employer contre des criminels fuyant dans leurs voitures ?

Pas convaincu ? Avez-vous remarqué que vous ne pouvez pas voir le percuteur sur le LCR Ruger ? Il est caché à l’intérieur du fût pour que vous puissiez sortit l’arme de l’intérieur d’une poche ou d’un sac à main. Essayez de faire ça avec un semi-automatique dont le fût doit effectuer un cycle complet chaque fois que vous tirez !

Aparté 

Une façon de comparer la puissance des calibres / cartouches est d'utiliser le Taylor Knock Out Factor ou « TKO ». La formule est la suivante poids de la balle (en grammes) x vitesse (en pieds/seconde) x diamètre de la balle (en pouces) / 7000. 

Voici ce que nous verrions dans notre comparaison : 

1/Munition Lehigh XTP .380: (chiffres approximatifs) 
TKO = 90 x 850 x .380 / 7000 = 4,15 par balle. 
Nombre de balles 7 donc total TKO = 4,15 x 7 = 29,05 

2/Munition Lehigh XTP .357: (chiffres approximatifs ) 
TKO = 140 x 1100 x .357 / 7000 = 7,85 par balle,
Nombre de balles 5 donc total TKO =  7,85 x 5 = 39,25

Cela montre très grossièrement que vous avez environ 25% de puissance de feu en plus avec le Ruger LCR en .357 magnum qu'avec le S & W M & P Bodyguard en .380. Cette différence devient encore plus grande (près de 50%) si l'on compare la quantité de balles tirée en situation d'autodéfense (1 à 3). Encore une fois ce n'est en aucun cas une preuve scientifique de quoi que ce soit, mais encore un autre critère de comparaison, surtout si vous voulez vous assurer que chaque balle tirée compte vraiment.

Une objection correcte au Ruger LCR en .357 magnum est que le recul d’une telle munition est puissant dans une arme aussi légère. C’est vrai. Et pour ceux qui sont sensibles au recul, Ruger fabrique également le LCR dans une variété de calibres incluant le 9 mm et même le .22 long rifle. Mais je pense que si vous êtes sensible au recul, aucun canon léger ne sera agréable à tirer, à moins d’être prêt à descendre vers des calibres qui, tout en étant capables de tuer, sont connus pour ne pas pouvoir arrêter un attaquant rapidement. Les personnes sensibles au recul doivent accepter que les lois de la physique s’appliquent aux armes aussi, et comme le pouvoir d’arrêt est le produit de la masse par la vitesse, alors le recul sera proportionnel à l’énergie nécessaire pour propulser une balle de taille appropriée à une vitesse appropriée.

Cependant, si vous voulez vraiment le meilleur de toutes les options, elle existe mais n’est pas bon marché : le Chiappa Rhino 200DS en .357 Magnum.

Le Chiappa Rhino 200DS en .357 magnum et canon court

Ces pistolets ne pèse que 795 grammes à pleine charge. Mais il offre six coups en .357 magnum. Sa caractéristique la plus étonnante est sa conception révolutionnaire : ce canon tire du bas du cylindre plutôt que du haut. Ceci met la sortie du canon presque dans l’axe de la paume de la main du tireur, réduisant ainsi la composante verticale du recul. En termes pratiques, cela signifie que lorsque vous tirez avec le .357 magnum, votre sensation est celle d’un .380. L’explosion, cependant, reste assourdissante, ce qui est bon à l’extérieur – cela fait peur à l’attaquant – mais pas pour vous – cela pourrait provoquer une rupture du tympan. Il est incroyablement facile à tirer et très précis (bien plus que, disons, le Ruger LCR ou le Bodyguard, même si tous ont un canon court). La chose la plus étonnante est la facilité de placer correctement des tirs successifs sur la même cible. Le recul est toujours là, mais il est horizontal, pas vertical. Simplement dit, l’ergonomie de ce pistolet est supérieure à tout revolver ou semi-automatique existant. Il est difficile de le dire avec des mots, il faut l’essayer pour le ressentir vraiment. J’ai personnellement vu deux fois quelqu’un qui n’avait pas l’intention d’acheter une nouvelle arme à feu, mais qui essayant le Chiappa Rhino seulement deux ou trois fois, a décidé immédiatement d’en acheter un.

Pour résumer, avec le Chiappa Rhino vous avez un petit revolver, pas trop lourd, très agréable d’emploi, et avec une puissance de feu inégalée pour une si petite arme. L’inconvénient principal ? Le prix, environ 800 dollars. Mais vu qu’il est usiné à partir d’un bloc massif d’aluminium à haute résistance (toutes les pièces internes sont usinées en acier), qu’il est livré avec un viseur à fibre optique et des moonclips 2, vous en aurez certainement pour votre argent. Cependant, si vous ne ressentez pas le besoin de porter une arme à feu toute la journée, vous pouvez trouver des options beaucoup moins chères, quoique plus lourdes, qui sont excellentes (y compris le S & W 686P montré en photo au début de cet article).

Je ne veux pas aller dans la recommandation de modèles spécifiques. En fait, je ne veux même pas vous convaincre que les revolvers sont un meilleur choix pour les civils. J’admettrais même volontiers que certains semi-automatiques, comme le nouveau, S & W M & P Shield, peuvent être de très bonnes armes à porter au quotidien. Mon seul but est de démystifier les absurdités vomies par des sociétés et des experts tactiques disant que les revolvers étaient dépassés et les semi-automatiques supérieurs. Il y a même des situations où les forces policières d’élite préfèrent un revolver : un bon exemple est le Smith & Wesson R8 (voir plus bas) qui a été conçu suite à la demande d’une équipe américaine SWAT [RAID en français, NdT] qui voulait équiper le leader de l’équipe, entrant dans un bâtiment avec une arme de poing puissante, qui ne se coincerait pas et qui, une fois tirée, ne frapperait pas le bouclier porté par le leader lors d’un assaut (comme le fait le cycle d’un semi-automatique). Smith et Wesson a réagi en créant un revolver à 8 coups (!), mais très léger (1150 grammes à pleine charge) avec un cadre construit à partir d’un alliage de scandium. C’est sans doute le revolver le plus avancé jamais construit. Je pense à cela comme un « âge spatial du 686 ». Le voici :

Le Smith & Wesson R8 : sans doute le revolver le plus avancé jamais fabriqué (montré ici avec des balles Cor-Bon DPX .357 Magnum 125 Grain DPX à pointe creuse)

Ma conclusion personnelle est que le revolver reste idéalement adapté aux besoins civils d’auto-défense, que ce soit dans une maison, une voiture ou même pour le port quotidien. Aucune des raisons pour lesquelles les armes semi-automatiques sont, en effet, meilleures pour les forces de l’ordre ou les forces militaires ne s’applique aux civils. La vraie raison de l’intérêt actuel presque total pour les armes semi-automatiques pour les civils réside dans l’intérêt des entreprises, les mensonges intéressés des nombreux experts du tir tactique et la mentalité de troupeau de la plupart des gens. J’encourage tout le monde à penser par lui-même et dans son propre intérêt. J’espère que ce qui précède contribuera à cette réflexion.

The Saker

Traduit par Diane et jj, relu par Cat pour le Saker francophone

  1. Tap : taper sous la crosse sur le chargeur ; Rack : réarmer en tirant le fût du canon vers l’arrière ; Bang : tirer à nouveau
  2. Petite plaque métallique circulaire, munie de trous, dans laquelle on peut prépositionner les six balles pour les introduire simultanément dans le barillet