Mythes et choix d’auto-défense pour les civils


2015-09-15_13h17_31-150x112Par le Saker – Le 1er janvier 2018 – Source The Saker

 

 

Note introductive du Saker US :

Il y a très, très longtemps que je voulais aborder ce thème, parce qu’il m’intéresse beaucoup. C’est cependant totalement hors-sujet pour ce blog. Mais comme il y a une accalmie (c’est le moins qu’on puisse dire) entre le Nouvel An et la Nativité orthodoxe, j’ai décidé de le caser ici entre ces deux dates et pendant que nos thèmes habituels sont un peu moins pressants. De plus, une de mes amies songeait récemment à se procurer une arme à feu pour se défendre et un pseudo-expert lui a écrit une quantité d’absurdités sur les semi-automatiques et les revolvers. Je lui ai envoyé un courriel pour détruire certaines de ces conneries, puis un autre plus long, et alors j’ai pensé : « OK abordons ce sujet une fois pour toutes ». 

Le résultat est l’article ci-dessous. Ma motivation ici n’est pas de me lancer dans un débat idéologique stérile sur les droits à détenir des armes à feu – il y a assez de pseudo débats 100 % idéologiques et 100% détachés de la réalité au point qu'ils m’ennuient à mourir (les armes, comme l’avortement et les drogues, sont des sujets qui ont tendance à susciter les pires débats, hautement émotionnels et la plupart du temps très peu informés, non seulement aux États-Unis mais dans le monde entier). Tout d’abord, ce que j’ai écrit ci-dessous s’adresse aux membres de notre communauté qui courent des risques parce qu’ils ne sont pas riches, qu’ils vivent dans des quartiers pas très beaux, ceux qui sont malades et faibles, les personnes âgées, les femmes seules et tous ceux qui sont généralement choisis par les voyous criminels pour être maltraités et agressés (les riches et les privilégiés ont rarement besoin d’armes à feu parce qu’ils peuvent payer pour leur sécurité de nombreuses façons ; ceux qui ont le plus besoin d’armes sont les faibles, les pauvres et les sans défense). 

J’ai été élevé par une mère seule, j’ai vu de près combien c’est difficile pour une femme seule de survivre dans notre société prétendûment civilisée. Donc même si ce blog n’est certainement pas un blog de défense du 2nd Amendment, je ne peux rester indifférent au fait que nous vivons dans un monde très dangereux et que l’année qui commence comporte vraiment des risques majeurs pour notre planète. 

En d’autres termes, il y a de bonnes chances pour que le système économique international s’effondre à la suite d’une attaque américaine sur la Corée du Nord ou l’Iran. Si cela devait se produire, il y a de fortes chances que de nombreux pays occidentaux, y compris les États-Unis, entrent dans l’un des Cinq stades de l’effondrement définis par mon ami Dmitri Orlov. Si cela se produit, la loi et l’ordre public pourraient s’effondrer très rapidement et, franchement, c’est déjà le cas dans de nombreux endroits du monde. Voici les dernières statistiques de cette année pour Chicago : morts par balle : 619 ; blessés par balle : 2911 ; total des tirs d’armes à feu : 3530 ; nombre total d’homicides : 670 [C’est une ville qui a typiquement une politique très restrictive en matière d’armes à feu, donc seuls les criminels sont armés !]. Voici où je veux en venir : être en mesure d’utiliser une arme à feu pour se défendre nécessite déjà une compétence cruciale pour survivre dans de nombreux endroits du monde et dans le proche avenir ces endroits ne feront que croître en taille et en nombre. Vous êtes, bien sûr, plus que bienvenus pour vous défendre seulement avec des mots, mais comprenez que d’autres pourraient voir la chose différemment. Il se trouve qu’au fil des années, j’ai appris un petit quelque chose sur les armes à feu et que j’ai consacré beaucoup de temps à enquêter à ce sujet. J’ai décidé de publier cet article un peu hors-sujet dans l’espoir qu’au moins certains lecteurs en profiteront. Je vous serais reconnaissant si nous pouviez garder la section des commentaires centrée sur la question débattue ici et non pas sur la haine habituelle contre un objet inanimé (une arme à feu) ou contre ceux qui croient en l’auto-défense personnelle, y compris votre serviteur. Merci.


The Saker

Nous vivons dans un monde de tromperie quasi-universelle. Nous vivons aussi dans un monde qui favorise avec détermination une acceptation crédule et acritique des mythes et des mensonges dominants, en particulier ceux qui sont propagés par le monde des affaires. Cette réalité imprègne nos vies partout, ce que nous écoutons, qui nous épousons, comment nous élevons nos enfants, ce que nous mangeons, ceux à qui nous faisons confiance pour notre santé, à qui nous confions l’éducation de nos enfants et beaucoup, beaucoup d’autres choses.

Aujourd’hui, je veux aborder une question très restreinte qui n’est importante que pour ceux qui veulent et sont en mesure de se défendre jusqu’à ce que les policiers arrivent. Pour être clair, je n’écris pas l’analyse qui suit pour ceux qui croient que les armes à feu sont la cause de la violence, ni pour ceux qui croient que, s’ils sont attaqués par des criminels, ils appelleront les flics et que les flics arriveront assez vite pour stopper les agresseurs. Et je ne destine certainement pas cette analyse à ceux qui vivent dans les zones sûres – ou pensent qu’elles le sont. Enfin, je n’écris pas non plus pour les forces de l’ordre, c’est essentiel, voir plus bas ! Mon public cible est très restreint. Il est constitué par ceux qui remplissent ces conditions :

1) Être prêts à se défendre, eux ou d’autres, jusqu’à ce que les forces de l’ordre se présentent.
2) Être prêts à utiliser une arme à feu pour se protéger ou protéger leurs proches.
3) Des civils ordinaires, c’est-à-dire pas des gens ayant suivi une formation avancée dans le maniement des armes à feu.

Ce que je veux faire aujourd’hui, c’est démonter un mythe très dangereux presque universellement accepté et répété avec une ferveur quasi religieuse jour après jour par presque tout le monde : que les pistolets semi-automatiques sont meilleurs que les revolvers pour les besoins d’auto-défense des civils.

D’abord, passons en revue les bases : les semi-automatiques, c’est-à-dire à  chargement automatique, par rapport aux revolvers, c’est-à-dire les pistolets.


En haut à gauche vous voyez un revolver (un Smith & Wesson .357 magnum) et en bas à droite un semi-automatique (un Smith & Wesson 9mm avec un combiné lampe torche/ laser)

Je pense que nous pouvons tout de suite nous entendre sur le fait que le revolver a l’air beaucoup plus ancien tandis que le semi-automatique a un look résolument moderne. Quoique relativement moderne, le revolver évoque des images de cowboys à OK Corral tandis que le semi-automatique ressemble au genre d’arme à feu que porteraient des policiers et des soldats modernes. Et c’est vrai, les cowboys portaient des revolvers – bien que leur arme principale ait toujours été la carabine – et les policiers et les militaires utilisent aujourd’hui presque exclusivement des semi-automatiques. Pourquoi ?

Les semi-automatiques ont une longue liste d’avantages. Voici les principaux :

1) Ils ont une capacité plus grande :  ils ont plus de balles dans le chargeur ;
2) Le rechargement est plus rapide et plus facile ;
3) Ils sont beaucoup moins chers, du moins dans la plupart des cas ;
4) Le 9mm moderne est un calibre idéal pour tirer sur quelqu’un ;
5) On peut facilement y adapter des accessoires comme une lampe-torche ou un pointeur laser ;
6) Ils font plus moderne et moins règlement de compte à OK Corral ;
7) Il est généralement plus facile de tirer avec.

C’est tout à fait vrai. Mais ce n’est pas le problème. Le problème réside dans les hypothèses implicites qui sous-tendent la présentation de ces faits comme arguments en faveur de la supériorité du semi-automatique. En réalité, ces hypothèses se révèlent fausses lorsqu’elles sont appliquées aux civils. Je vous explique.

Quelle est la différence entre un civil et un représentant des forces de l’ordre ?

Ce n’est pas l’arme qu’ils portent, ni la qualité de leur formation, les flics sont généralement d’assez mauvais tireurs. Ce n’est pas le droit légal de recourir à la force létale, les civils peuvent le faire en cas de légitime défense – du moins dans les juridictions qui autorisent les civils à porter une arme à feu pour se défendre. Alors qu’est-ce que c’est ? Ce sont les différences fondamentales suivantes :

Lorsque des policiers entendent des coups de feu, ils doivent aller voir et enquêter ou intervenir, alors que lorsque des civils entendent des coups de feu, ils doivent se mettre à l’abri ou courir.

C’est absolument crucial : les représentants des forces de l’ordre doivent appliquer la loi et protéger tout le monde. Les civils sont seulement autorisés à se protéger eux-mêmes – ou quelqu’un qui est sous leur protection – et seulement jusqu’à ce que les forces de l’ordre se présentent. C’est tellement important que je veux le souligner encore : les civils n’ont pas le devoir d’arrêter quiconque, même dans des juridictions où les soi-disant arrestations de citoyens sont légales. Les civils n’ont pas à pourchasser et à arrêter les criminels, ils n’ont pas à entamer une confrontation avec les bandes, les voyous, les hooligans ou les petits criminels. Les civils n’appliquent pas les lois sur les stupéfiants – les flics non plus, selon moi, mais c’est un autre sujet – et les civils ne font pas de contrôles routiers. Si vous êtes un civil et si vous voyez trois voyous se promener dans une rue à sens unique en sniffant de la cocaïne et en brandissant leurs armes, vous devriez chercher un abri et sortir de là. Les flics sont liés par le devoir d’intervenir immédiatement. C’est une énorme différence.

Pour les civils, les armes à feu sont des instruments d’utilisation exceptionnelle et de protection de dernier ressort. Ce n’est que lorsque quelque chose tourne mal que vous pouvez sortir votre arme et, si cela échoue aussi, l’utiliser.

Les forces de l’ordre et les civils vivent dans des réalités totalement différentes. La réalité, pour les civils, ressemble à ceci :

  • La grande majorité des situations (environ 90%) dans lesquelles les civils doivent se protéger se produisent lors d’intrusions dans leur domicile.
  • Dans la grande majorité des cas (environ 90%), montrer l’arme (sans tirer) est suffisant pour faire cesser l’attaque.
  • Dans la grande majorité des cas (environ 90%), lorsque des civils doivent tirer avec leur arme, ils ne tirent qu’un à trois coups.
  • Dans la majorité des cas, ces confrontations armées interviennent à une distance d’un peu moins de 3 mètres.
  • Dans la majorité des cas, l’ensemble des événements ne dure que quelques secondes, et puis c’est terminé.

Permettez-moi d’ajouter une dernière chose : dans la plupart des juridictions, dès que vous avez stoppé un crime en montrant votre arme ou en l’utilisant, vous n’êtes pas autorisé à continuer de tirer. Rappelez-vous, les civils n’ont pas le droit d’utiliser la force létale pour appréhender un criminel. Ce qui signifie que dès que l’agression est stoppée, soit parce que le criminel s’est mis à courir de peur ou s’est fait tirer dessus, vous devez cesser de tirer. Vous ne pouvez pas vider votre chargeur dans le dos de quelqu’un qui ressemble pour vous à un criminel, peu importe combien la tentative, ou le crime commis a été flagrant. Donc même si vous attrapez un pervers en train d’essayer de violer votre enfant de 5 ans, dès que le crime a été stoppé, vous ne pouvez pas tirer sur ce fils de pute même s’il le mérite amplement. Répétons-le, tirer ne serait-ce que un coup de plus que le strict minimum nécessaire pour mettre fin au crime en cours vous exposerait à des poursuites judiciaires pour l’un des motifs suivants : agression avec une arme létale, homicide involontaire, homicide ou même meurtre au second degré.

Il y a une autre vérité que la plupart des gens qui vivent dans des quartiers infestés de criminalité et les fl