L’obscénité en guise de pensée


L’Amérique approche, à tâtons, du sommet de la stupidité


Lewd for Thought: America Is Groping Towards Peak Stupidity


James George JATRASPar James George Jatras – Le 25 août 2017 – Source Strategic Culture

Nous savons depuis l’antiquité grecque que « les dieux rendent fous ceux qu’ils veulent perdre ». Il semble maintenant que les dieux rendent aussi extrêmement stupides ceux qui sont voués à la destruction.

Je ne sais pas combien de personnes en dehors des États-Unis ont remarqué la frénésie rugissante des allégations d’abus sexuels qui sont maintenant devenues une pièce maîtresse de la vie publique américaine. Chaque rafale de nouvelles apporte avec elle les dernières accusations. Chaque jour apparaît un nouveau mécréant présumé. C’est une merveille que les bookmakers de Londres n’aient pas encore commencé à prendre des paris sur celui qui sera le prochain visé.

Les allégations vont du viol aux commentaires obscènes en passant par les baisers « sans consentement » et tout le reste. (Combien de premiers baisers ont lieu avec consentement ? « Vous pouvez m’embrasser maintenant. » Voulez-vous une autorisation écrite, devant témoin, et notariée ?). L’infraction présumée la plus commune semble être le pelotage.

Il est rare que des distinctions soient faites entre des actes qui constituent des crimes graves, qui devraient être punis en conséquence, et d’autres actes qui, jusqu’à récemment, étaient considérés comme une initiative masculine ordinaire. Par exemple, l’accusation selon laquelle le candidat au Sénat de l’Alabama Roy Moore a sexuellement caressé une fille de 14 ans (acte criminel entraînant la déchéance, s’il est avéré) est confondue avec le fait d’avoir pris un rendez-vous avec une fille de 17 ans, avec la permission de sa mère et sans aucune allégation de contact sexuel, ou peut-être avoir signé un annuaire scolaire.

Le mélange indifférencié entre des actes criminels et – oserais-je le dire ? – des comportements normaux, au milieu d’une foule d’allégations, ne devrait pas surprendre quand nous considérons que la véritable cible n’est pas tant l’agression sexuelle ou l’inconduite considérée communément, mais la masculinité elle-même. Baissez la tête ! À bas le patriarcat ! Quelqu’un a-t-il une idée de ce à quoi ressemblerait le fonctionnement d’une société, une fois que le dernier reste du patriarcat aura été éradiqué ? Y a-t-il déjà eu un exemple, à part un petit groupe marginal affamé dans une jungle ou un désert ?

Peu importe que pendant des siècles notre société ait brandi le concept du gentleman qui était tenu de respecter, de protéger et de s’en remettre aux femmes, renforcé par les rôles sexuels coutumiers et les contraintes morales chrétiennes. Mais les femmes n’ont pas besoin de ce genre d’oppression ! « Une femme a besoin d’un homme comme un poisson a besoin d’un vélo ! » Après cela, nous sommes choqués que la rupture sociale des traditions morales laisse les femmes seules face aux sauvages qui sont parmi nous.

La stupidité règne. Reflétant la certitude démente qu’« il n’y a pas de différence » entre les hommes âgés prédateurs s’attaquant à des femmes plus jeunes et les cas beaucoup plus rares où les sexes sont inversés, les juges ont mis un point d’honneur à prononcer des sentences draconiennes contre des femmes impliquées avec de jeunes adolescents. Bizarrement, les jeunes eux-mêmes ne semblent généralement pas particulièrement contrariés. Au Nevada, une femme de 34 ans a été reconnue coupable de débauche avec un mineur pour avoir embrassé un garçon de 13 ans et posé la main de celui-ci sur sa poitrine, elle a été condamnée à une peine d’emprisonnement à vie… Elle s’en serait mieux sortie si elle avait tué le gamin. Pendant ce temps, du côté homosexuel de la question, la culture du « minet » est bien vivante.

L’année dernière, face à la frénésie médiatique autour des commentaires torrides de Donald Trump sur les femmes autorisant des hommes riches et célèbres à prendre des libertés sexuelles, il est devenu évident que le plus grand flou régnait sur la qualification de ce qui constitue ou non des pensées, mots, et actions obscènes. L’utilité du guide suivant est encore plus d’actualité aujourd’hui :

1. Obscène : cela désigne pratiquement ce que tous les hommes pensent parfois des femmes, avec des degrés variables de fréquence ; l’expression verbale de telles pensées par certains, mais loin du public, habituellement dans des circonstances intimes ; la pratique de telles pensées par une minorité particulière d’hommes qui supposent, souvent à juste titre, qu’ils peuvent s’en tirer du fait de leur richesse, de leur renommée, de leur statut social ou de leur beauté. L’obscénité ainsi définie, est intrinsèquement menaçante et humiliante pour les femmes, fleurs frêles que la société doit défendre rigoureusement contre les pensées, les paroles et les actes obscènes des hommes en attendant l’éradication définitive de la testostérone.

2. Pas obscène et acceptable : par le fait que les femmes sont rudes et coriaces, elles peuvent faire tout ce qu’un homme peut faire, en mieux, c’est à dire, à des degrés divers, penser, parler ou agir envers eux avec une lubricité analogue à celle dont les hommes font preuve à leur égard. Ceci est entièrement acceptable. Cependant, si les hommes réagissent positivement au comportement non obscène et acceptable des femmes ainsi  défini, cela peut constituer un crime de leur part, selon l’appréciation des femmes face à cette réaction.

3. Pas obscène, vertueux et méritoire : il s’agit de toute pensée, mot ou action, autrefois considérés comme immoraux, et émanant de n’importe quelle personne appartenant à l’ensemble LGBTQILSMFT [gardez de la place pour des ajouts ultérieurs] ou à certains genres artistiques – par exemple, le hip hop. Une telle non-obscénité vertueuse, digne d’éloges, ainsi définie, doit être célébrée dans des parades, donner lieu à des récompenses, et à une reconnaissance sponsorisée par le gouvernement. Toute critique ou manque de respect – voire tout enthousiasme retenu – à l’endroit de cette catégorie de non-obscénité est synonyme de discours de haine, et constitue un motif d’ostracisme social, de ruine économique et, de plus en plus, de sanction légale. Et, sur la scène internationale, justifie l’agression contre les pays rétrogrades.

James George Jatras

Note du Saker Francophone

Pour prolonger l'analyse du Patriarcat et du Matriarcat évoqué par l'auteur, on vous propose d'écouter cet entretien passionnant entre Charles Robin et Sylvain Durain.

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

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