L’argent-dette corrompt la société


Par Brian Maher – Le 10 juin 2017 –Source dailyreckoning.com

Debt-Based Money Corrodes Society
Nous commençons la réflexion d’aujourd’hui avec une hypothèse :

Le système monétaire actuel débauche la culture.

Les lecteurs de longue date connaissent bien notre… faible estime du papier-monnaie. Le papier-monnaie – ou l’argent numérique de nos jours – est le grand épouvantail du cycle de boom/crash économique. Il gonfle les bulles de chaque exubérance.

Pendant ce temps, le papier-monnaie alimente un grand gouvernement… comme l’oxygène alimente le feu. Mais quels sont les effets du papier-monnaie sur la culture ?

« Cela a un impact très important sur notre culture », écrit l’économiste Jorg Guido Hulsmann.

Sous « l’argent naturel » comme l’or, explique Hulsmann, les prix ont tendance à diminuer avec le temps. Ainsi, l’argent naturel encourage les vertus de l’épargne… les économies… la gratification différée. Cela incline l’esprit vers l’avenir :

Dans une économie libre avec un système monétaire naturel, il a une forte incitation à économiser de l’argent… Les investissements dans les comptes d’épargne ou d’autres investissements relativement sûrs jouent également un certain rôle, mais l’accumulation de trésorerie est primordiale.

Avant le XXe siècle, explique Hulsmann, la Dette était un tabou culturel… un grand « D » écarlate.

Le crédit pour les ménages était pratiquement inconnu, dit-il. Et seuls les ménages les plus pauvres recouraient à une consommation financée par l’emprunt. Ah, mais le XXe siècle est venu avec ses guerres… ses mouvements sociaux… et ses illuminés…

L’or est notoirement résistant au changement. Il résiste à l’élévation sociale, de la même manière qu’un vieil homme résiste à une nouvelle paire de chaussures. Il se détourne du son des trompettes. « Tu vas là-bas, dit l’or. Je reste ici. »

« Le problème avec l’or est qu’il tourne le dos aux améliorateurs du monde, aux bâtisseurs d’empires et autres faiseurs de bien », écrit Bill Bonner et notre chef de file Addison Wiggin dans Empire of Debt. « La bonne chose à propos de l’or, c’est qu’il est neutre, poursuivent-ils. Il ne rit ni il n’applaudit ».

Et c’est pourquoi il ne pouvait durer…

Seul un système de papier-monnaie basé sur la dette pouvait financer les grandes guerres, les améliorations sociales et les rêves feutrés du XXe siècle. Mais cette même monnaie basée sur la dette s’est également infiltrée dans la moelle culturelle… dans le flux sanguin… et s’est mise au travail… Le ralentissement de l’épargne a donné lieu à l’attrait du gain rapide. Hulsmann dit que tout cela a encouragé une perspective à court terme.

« Les systèmes monétaires établis par décret [du latin « fiat », NdT] ont tendance à rendre les gens insatiables dans leur quête de rendements monétaires toujours plus élevés sur leurs investissements », note Hulsmann.

Dépêchez-vous, dépêchez-vous, dépêchez-vous. Plus, plus, plus.

Hulsmann soutient que les choses fonctionnent différemment dans un système monétaire naturel. Au fur et à mesure que l’épargne augmente dans un tel système, le rendement sur investissement tend à diminuer. Et au lieu de chasser les arcs-en-ciel, les gens dirigent leurs fonds dans la poursuite d’autres intérêts qui en valent la peine, y compris la philanthropie :

Il devient de moins en moins intéressant d’investir ses économies afin de gagner un rendement et, par conséquent, d’autres motivations se hissent au premier plan. Les économies seront utilisées de plus en plus pour financer des projets personnels, y compris l’acquisition de biens de consommation durables, mais aussi l’activité philanthropique. C’est exactement ce que nous avons vu dans l’Ouest au cours du dix-neuvième siècle.

« En revanche, ajoute Hulsmann, dans une société d’argent fiduciaire, vous êtes plus susceptibles d’augmenter vos rendements en restant endettés et en continuant à pourchasser des revenus monétaires indéfiniment en empruntant de plus en plus de fonds. » [Investissement à bras de levier, NdT]

La société engloutie dans la dette perd quelque chose de son visage humain. Il conclut :

« Vous pouvez donc imaginer comment, avec le temps, ce système d’inflation et de dette commencera à changer la culture d’une société et son comportement.

Nous devenons plus matérialistes qu’avec un système monétaire naturel. Nous ne pouvons plus juste nous assoir sur nos économies, nous devons surveiller nos investissements en permanence, et réfléchir constamment aux revenus, car si cela ne gagne pas suffisamment, nous devenons de plus en plus pauvres [à cause de la hausse des prix, NdT]. »

Un point à considérer en ce jour de juin…

Nous ne soutenons évidemment pas que la restauration de l’argent solide/sain transformerait chaque cœur en or. Mais il semble que ce Hulsmann a mis le doigt sur quelque chose. Peut-être que notre système de papier-monnaie a non seulement dégradé/dévalué notre économie et nos politiques… mais aussi notre culture.

Et peut-être notre argent créé socialement… nous a, d’une certaine façon, rendu moins social…

Brian Maher

Traduit par Hocine relu par Catherine pour le Saker Francophone

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