La loi anti immigration de Trump est elle “Made in Israël” ?


Par Allison Weir – Le 11 fevrier 2017 – Source Information Clearing house

Le président Trump a publié un décret suspendant l’entrée aux États-Unis pour les personnes originaires d’Irak, de Syrie, de Libye, de Somalie, du Soudan, d’Iran et du Yémen (le décret est intitulé «Protéger la nation contre l’entrée des terroristes étrangers aux États-Unis»). Ces mêmes pays ont été l’objet de la «Visa Waiver Program Improvement and Terrorist Travel Prevention Act de 2015» [programme d’amélioration des octrois de visas et loi de prévention contre le voyage des terroristes, 2015], sous le président Obama.

Alors que les articles de presse sur le décret de Trump soulignent qu’il s’agit de pays à majorité musulmane, les analystes semblent avoir ignoré une autre caractéristique importante, que ces pays partagent.

À une exception près, tous ces pays ont été pris pour cible, en 2001, par certains hauts fonctionnaires des États-Unis. En fait, cette politique remonte à 1996, 1991, 1980 et même aux années 1950. Dans cet article, nous retracerons cette politique dans le temps et examinerons ses objectifs et ses promoteurs.

Le fait est que l’action de Trump est dans la continuité des politiques influencées par des personnes travaillant pour le compte d’un pays étranger, dont l’objectif a été de déstabiliser et de remodeler une région entière. Ce type d’interventionnisme agressif axé sur le « changement de régime » provoque des réactions en chaîne dont l’escalade de la violence est l’un des maillons.

Nous assistons déjà à des guerres dévastatrices, à un mouvement massif de réfugiés qui déracinent des peuples entiers et remodèlent des parties de l’Europe, un terrorisme désespéré et horrible, et maintenant l’horreur qu’est État islamique. Si cet effort de plusieurs décennies n’est pas interrompu, il sera de plus en plus dévastateur pour la région, notre pays et le monde entier.

Le coup d’État politique de 2001

Le général quatre étoiles Wesley Clark, ancien commandant suprême des forces interarmées, a décrit ce qu’il a appelé le « coup d’État  » de 2001, comme un petit groupe de personnes désireuses de déstabiliser et de conquérir le Moyen-Orient, ciblant six des sept pays mentionnés par Obama et Trump .

Clark en a donné les détails en 2007, dans une interview diffusée par Democracy Now et au cours d’une conférence donnée au Commonwealth Club de San Francisco.

Clark y décrit une rencontre fortuite au Pentagone en 2001, dix jours après le 11 septembre, dans laquelle il a pris connaissance du projet de s’en prendre à ces pays.

Après avoir rencontré le secrétaire d’État à la Défense Rumsfeld et le secrétaire adjoint Paul Wolfowitz, Clark est descendu pour dire bonjour aux employés de l’état-major des forces interarmées qui avaient travaillé avec lui dans le passé. Un des généraux l’interpela.

« Monsieur, venez me voir une seconde, dit-il à Clark, « nous avons pris la décision de partir en guerre contre l’Irak. »

Clark fut choqué. Il lui répondit : « Nous partons en guerre contre l’Irak ? Pourquoi faire ? » L’officier lui répondit qu’il ne savait pas. Clark demanda s’ils avaient trouvé des informations reliant Saddam à Al-Qaïda. L’homme lui répond : « Non, non, il n’y a rien de nouveau à ce sujet. Ils ont simplement pris la décision de déclencher une guerre contre l’Irak.»

Quelques semaines plus tard, Clark revient au Pentagone et parle de nouveau au général. Il lui demande si les États-Unis envisagent toujours de faire la guerre contre l’Irak.

Le général répond : « Oh, c’est pire que ça. » Clark raconte alors que le général a pris un morceau de papier sur sa table et a dit : « Je viens de le recevoir de l’étage supérieur aujourd’hui. C’est un mémo qui décrit comment nous allons nous en prendre à sept pays en cinq ans, en commençant par l’Irak, puis la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et finir par l’Iran. »

Clark demanda : « Est-ce classifié ? », l’autre répondit: « Oui, monsieur. »

Clark dit qu’il a été stupéfait : « Je ne pouvais pas croire que cela puisse être vrai. Mais c’est ce qui s’est vraiment passé. Ces gens ont pris le contrôle de la politique des États-Unis. « 

1991

Clark rajoute qu’il se souvint alors d’une rencontre qu’il avait eue en 1991 avec Paul Wolfowitz. En 2001, Wolfowitz était secrétaire adjoint à la Défense alors qu’en 1991 il était sous-secrétaire à la Défense, c’est-à-dire qu’il occupait le troisième échelon du Pentagone.

Wolfowitz est un néoconservateur pro-israélien, qu’un de ses associés a caractérisé comme « prêt à tout quand il s’agit d’Israël ».

Clarck décrit sa visite au bureau de Wolfowitz en mars 1991. Clark dit à Wolfowitz : « Vous devez être plutôt satisfait de la performance des troupes de l’opération Desert Storm. » Wolfowitz lui a répondu: « Pas vraiment, parce que la vérité est que nous aurions dû nous débarrasser de Saddam Hussein et que nous ne l’avons pas fait. »

Wolfowitz lui déclare alors que les États-Unis avaient l’occasion de nettoyer « la Syrie, l’Iran, l’Irak, avant que la prochaine superpuissance ne vienne nous défier ».

Clark déclare qu’il a été choqué par la proposition de Wolfowitz poussant les militaires à lancer des guerres et des changements de régime, et du fait que Wolfowitz pensait que les États-Unis se devaient d’envahir les pays dont ils n’aimaient pas les gouvernements.