Il n’y a rien à espérer des médias-système


Moon of Alabama

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Le 24 décembre 2015 – Source Moon of Alabama

Les médias américains se moquent complètement qu’un expert qu’ils publient se soit trompé dans ses prévisions précédentes. Ils laissent des idiots qui refusent de voir la réalité en face répéter leurs erreurs, encore, encore et encore. A une condition toutefois : que l’expert en question soit issu d’organisations respectables ou de think tanks qui ont de gros soutiens financiers.

Prenons par exemple Michael O’Hanlon du Brookings Institute sur l’Afghanistan. En janvier 2014, nous avons publié un article appelé : O’Hanlon, un cas désespéré:

Une rapide recherche sur Internet sur les mots : « O’Hanlon » « Hope » « Afghanistan » donne les résultats suivants :

TwinCities.com, 17 novembre 2009: Michael O’Hanlon: Une ligne bleue d’espoir en Afghanistan

LA Times, 27 décembre 2009: Une année de guerre – et des progrès

La question est de savoir si ce sera trop peu trop tard, mais il y a des raisons de garder espoir.

Washington Post, 26 juin 2010: La stratégie américaine en Afghanistan permet de garder espoir

Politico, 28 septembre 2010 : De nouvelles raisons de garder espoir en Afghanistan

NYT, 20 mai 2011 : Enfin, une force de combat

Mais il y a des raisons de garder espoir

CNN, 16 mars 2012 : O’Hanlon: 7 raisons de garder espoir en Afghanistan

Voici quelques indicateurs importants qui permettent de garder espoir en Afghanistan…

CNN, 2 mai 2012 : O’Hanlon: Des raisons de garder espoir en Afghanistan

Washington Times, 1 juin 2012 : O’Hanlon : Rayons d’espoir en Afghanistan

J’ai vu plusieurs choses lors de mon récent voyage qui donnent de l’espoir

Politico, 21 mars 2013 : Kandahar et l’espoir

Maintenant, Kandahar donne de l’espoir à l’effort de guerre. […]

Michael Cohan vient d’ajouter à sa liste sur Twitter quelques nouvelles citations, tout aussi désespérantes, de O’Hanlon.

Dans Politico du 5 septembre 2013 :

Revenons sur une guerre oubliée

… La force globale des troupes de la coalition n’a guère diminué, parce qu’à mesure que les forces américaines diminuent, les forces afghanes augmentent.

[…]

… bien que la guerre soit évidemment toujours quelque chose d’horrible, la campagne de cette année en Afghanistan est raisonnablement encourageante jusqu’ici.

Le 2 janvier 2014, dans le Washington Post :

Les Renseignements étasuniens sont trop pessimistes sur l’Afghanistan

Ce sont sans doute les trois évolutions les plus notables de l’année 2013 qui conduisent certains à penser que la guerre en Afghanistan est sans espoir

[…]

Mais on peut tout aussi bien considérer ces faits comme des raisons de garder espoir.

Le 23 mars 2014, dans Politico:

L’Afghanistan se porte mieux qu’on ne le croit

Mais la situation militaire globale est assez bonne. […] la campagne afghane se passe beaucoup mieux que la plupart des critiques ne l’imaginent.

[…]

La situation dans la plupart des grandes villes, où la violence n’a jamais égalé celle de nombreux centres urbains d’Amérique latine ou d’Afrique, même au plus fort de la guerre, s’est encore améliorée.

[…]

Les forces de sécurité afghanes se débrouillent beaucoup mieux qu’on ne s’y attendait. […] Cette guerre ne peut peut-être pas être gagnée au sens classique du terme, mais nous ne sommes certainement pas en train de la perdre.

Le 4 février 2015, dans le Wall Street Journal :

Comment ne pas dilapider les gains durement acquis en Afghanistan

On parle beaucoup des drames et on oublie trop souvent les avancées. Les grandes villes et les principales routes, par exemple, sont de plus en plus sûres.

O’Hanlon dans le Washington Post du 7 juillet 2015 :

Les États-Unis doivent maintenir des troupes en Afghanistan

Au-delà de ce que notre lutte globale contre le terrorisme exige, l’Afghanistan lui-même encore besoin d’aide. La situation n’y est pas sans espoir, mais elle est sérieuse.

[…]

Mais tout n’est pas perdu. Loin de là.

[…]

La bonne réponse à la situation n’est pas que les États-Unis se retirent l’année prochaine, mais qu’ils gardent plusieurs bases et plusieurs milliers de soldats américains et de soldats de l’Otan en Afghanistan, dans un futur proche.

Dans Politico, il y a deux jours, le 22 décembre 2015 :

Comment gagner en Afghanistan

La situation en Afghanistan est loin d’être sans espoir. Tous les arguments négatifs peuvent être contredits.

[…]

La détérioration a été importante, c’est sûr, mais la situation est loin d’être apocalyptique.

[…]

Il faut reporter le retrait de 5 500 soldats américains, qui sera presque certainement prématuré. En fait, nous ferions mieux d’augmenter nos forces jusqu’à 12 000 hommes ou davantage pendant quelques années

La guerre en Afghanistan a été perdue peu après que les talibans ont été chassés. L’Afghanistan était alors en capacité de se débrouiller seul à nouveau et de trouver sa propre voie vers un nouvel équilibre. Au lieu de cela les États-Unis ont décidé d’occuper le pays et de traquer, torturer et tuer tout ce qui ressemblait à du taliban. L’argent occidental a alimenté une orgie de trafics d’influence et de corruption. Avec le soutien d’une population aliénée, les vrais talibans sont revenus. Comme il y a environ 20 ans, ils sont en train de gagner la guerre contre les occupants et leurs hommes de main et il n’y a rien que l’Occident puisse faire.

Pendant ce temps, al-Qaïda s’est répandu hors d’Afghanistan. La théorie selon laquelle une telle organisation terroriste a besoin d’une base sûre est erronée. Si demain l’Afghanistan était sécurisé et libéré du conflit, des groupes comme Al-Qaïda et consorts pourraient toujours exister et prospérer là ou ailleurs.

Mais les analyses sincères et véridiques ne sont pas autorisées dans les médias officiels. Trop d’intérêts financiers se nourrissent de la guerre.

Voilà pourquoi des imbéciles désespérément déconnectés de la réalité comme O’Hanlon sont toujours publiés.

Traduction : Dominique Muselet

 

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