Du positif : d’Ankara à Moscou, l’intégration de l’Eurasie est en marche


L’Union économique eurasienne dirigée par la Russie déploie ses ailes et gagne en force, avec des projets clés, de grands acteurs et de grands travaux en cours


Pepe EscobarPar Pepe Escobar − Le 5 avril 2018 − Source thesaker

Alors que les présidents Vladimir Poutine, Hassan Rouhani et Recep Tayyip Erdogan se sont rencontrés à Ankara pour un deuxième sommet Russie-Iran-Turquie sur l’avenir de la Syrie, Moscou a accueilli sa 7e conférence internationale de sécurité réunissant des ministres de la défense de dizaines de pays.

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La chute tragique d’Afrine après l’intervention de la Turquie


Par Roger Annis – le 24 mars 2018 – Source A Socialist In Canada

Les milices syriennes de droite et l’armée turque profanent la statue de Kawa, le héros mythique de la libération kurde, le 18 mars 2018 à Afrine

La ville d’Afrine, dans la région à majorité kurde du même nom au nord-ouest de la Syrie, est tombée lors d’une invasion turque qui avait débuté le 20 janvier 2018. La ville (35 000 habitants avant 2011) est tombée après l’encerclement des forces défensives des YPG qui ont décidé de se retirer. Leur retrait avait été facilité par les forces armées syriennes et leurs alliés russes. Continuer la lecture de La chute tragique d’Afrine après l’intervention de la Turquie

La chute de Sarkozy : la vengeance de Kadhafi et de la Libye


Par John Wight – Le 30 mars 2018 – Source Sputnik

Jules César nous rappelle que « la fortune, dont le pouvoir est très grand dans tous les domaines, mais surtout dans la guerre, peut d’une légère chiquenaude causer de grands retournements ».

La grande sagesse de l’empereur le plus célèbre et le plus illustre de Rome, un homme dont le nom même est synonyme de pouvoir, se voit confirmée par le sort de Nicolas Sarkozy, un ancien président de la République française qui vient d’être frappé d’ignominie par la nouvelle qu’il était accusé de corruption et de trafic d’influence. Plus exactement, il est accusé d’avoir tenté de suborner le juge qui dirigeait l’enquête sur les irrégularités du financement de sa campagne présidentielle de 2007. Continuer la lecture de La chute de Sarkozy : la vengeance de Kadhafi et de la Libye

La réaction de la Russie aux insultes de l’Occident est un suicide politique


Russia’s Reaction to the Insults of the West is Political SuicidePar Peter Koenig – Le 17 mars 2018 – Source thesaker

L’assaut de l’Occident contre la Russie ces derniers jours, depuis la prétendue attaque au poison avec un agent neurotoxique venant de l’ère soviétique, le Novichok (dont l’inventeur, d’ailleurs, vit aux États-Unis), contre un agent double russe, Sergueï Skripal et sa fille Ioulia, a été tout simplement épouvantable. Surtout de la part du Royaume-Uni. En commençant par le Premier ministre May, qui a carrément accusé la Russie d’utiliser des armes chimiques sur le territoire britannique, sans fournir de preuve. Curieusement, il n’y a aucune indication du lieu où Skripal et sa fille se trouvent, dans quel hôpital le couple est traité, aucune analyse du poison n’est publiée, on ne peut pas leur rendre visite ; il n’y a absolument aucune preuve de la substance avec laquelle ils auraient été empoisonnés – Sergueï et Ioulia existent-ils réellement ?

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L’« indépendance » du Kosovo : les dilemmes de l’agression de l’OTAN en 1999


Par Vladislav B. Sotirović – Le 7 mars 2018 – Source Oriental Review

Les ruines d’une cathédrale orthodoxe serbe à Djakovica (Kosovo), dynamitée en juillet 1999.

Le dixième anniversaire de l’« indépendance » de la République du Kosovo, célébré par les Albanais du Kosovo le 17 février 2018, a une fois de plus réouvert la question de l’intervention militaire de l’OTAN contre la République fédérale de Yougoslavie (RFY) entre mars et juin 1999 comme fondement de la sécession du Kosovo de la Serbie et sa proclamation d’une quasi indépendance le 17 février 2008. Pourtant, le Kosovo est devenu le premier et le seul État européen dirigé par des chefs de guerre terroristes, qui venaient dans ce cas de l’Armée de libération (albanaise) du Kosovo (UCK). Continuer la lecture de L’« indépendance » du Kosovo : les dilemmes de l’agression de l’OTAN en 1999

L’OTAN est en train de cibler les Serbes bosniaques afin de « terminer le boulot » dans les Balkans.


Par Aleksandar Pavic – Le 28 février 2018 – Source Strategic Culture

L’Occident « libéral » qui en train de s’effondrer, est désespérément pressé d’en finir dans les Balkans. Plus d’un quart de siècle après que les premiers États occidentaux, poussés par l’Allemagne, ont reconnu unilatéralement la sécession des anciennes républiques fédérales yougoslaves de Slovénie, de Croatie et de Bosnie-Herzégovine et environ 19 ans après l’attaque aérienne et terrestre de l’OTAN contre ce qui restait du pays (la République fédérale de Yougoslavie, comprenant la Serbie et le Monténégro) qui a entraîné l’occupation par l’OTAN et l’amputation forcée de la province serbe du Kosovo-Metohija (par la reconnaissance de son indépendance unilatéralement déclarée en février 2008 par les principales puissances occidentales, par certains pays musulmans, mais pas tous, et tous les petits pays dont l’Oncle Sam pouvait soit tordre les mains soit y glisser une poignée de dollars), les maîtres de l’OTAN montrent de plus en plus des signes de nervosité parce qu’ils n’ont pas réussi à établir un contrôle complet sur le territoire de l’ancien pays multiethnique modèle. En conséquence, les appels pour que l’Alliance « termine le boulot » dans la région gagnent en volume.

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Des criminels de guerre en liberté


Beaucoup de militaires et de responsables politiques occidentaux devraient être jugés et passer la fin de leur vie derrière les barreaux.


Par Daniele Ganser – Le 13 janvier 2018 – Source rubikon.news via Les éditions DemiLune

Kriegsverbrecher auf freiem Fuß

C’est une idée fausse très répandue que les démocraties ne déclenchent pas de guerres d’agression ni ne mènent d’attaques terroristes. Les faits historiques pour la période allant de 1945 à aujourd’hui, montrent une réalité totalement différente : au cours des 70 dernières années, des États démocratiques d’Europe et d’Amérique du Nord ont sans cesse participé à des guerres d’agression voire à des attentats terroristes.

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Daniele Ganser – Les guerres illégales de l’OTAN


Une chronique de Cuba jusqu’à la Syrie


Par Hervé – Source le Saker Francophone

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Daniele Ganser

Si vous nous suivez depuis quelques année, vous vous souvenez sûrement d’une série d’interview de Daniele Ganser sur Les Armées Secrètes de l’OTAN qui a fait l’objet d’un premier livre. Depuis, le sujet a fait son chemin et le travail de cet historien, avec d’autres, a sacrément terni l’image de l’OTAN, braquant les feux des projecteurs sur cette alliance qui aurait du disparaître avec la fin de la guerre froide.

L’auteur se définit comme historien et irénologue, celui qui étudie la science de la paix. Pour avoir écouté un certain nombre de ses interviews, la paix n’est pas le qualificatif que l’on pourrait accoler à ses propos car il parle surtout de guerre et notamment celles de l’OTAN. C’est son sujet d’étude principal, dégrossi à partir de 1998 pour sa thèse de doctorat.

Les Guerres illégales de l'OTAN
Éditions Demi-Lune
Collection Résistances

C’est une première surprise qui va rester présente lors de cette lecture. L’auteur ne serait-il pas un « dangereux pacifiste » ?

Daniele Ganser commence par définir un certain nombre de principes autour desquels il va articuler son livre, l’ONU, l’OTAN et le droit international en matière de guerre avec ses extensions, les Cours de justice. Comme historien, il tente l’exercice difficile de ne pas sombrer dans la caricature anti-occidentale, accusant le plus fort par principe, en mettant chaque protagoniste, même le faible, face à ses propres responsabilités. Il tente de le démontrer par des références, nombreuses et éclectiques, picorant allégrement dans les sources officielles, notamment celles de l’ONU,  mais aussi chez des auteurs anti-système bien connus sur notre blog puisque  nous les traduisons, comme Eric Zuesse ou William Blum. Ce livre a un autre intérêt, celui de donner la parole à des auteurs germanophones, peu connus dans la francophonie. Ces auteurs sont comme Daniele Ganser profondément marqués par la période nazie et cela explique cette farouche posture anti-guerre.

L’ONU est la seconde tentative de créer un organisme mondial supra-national et quoi qu’on puisse dire et penser des intérêts qui sont derrière, elle reste à ce jour le seul espace de discussion possible officiel, car tous les États ou presque en sont adhérents. L’axe de recherche de Daniele Ganser va donc se baser sur la légalité des actions en rapport du droit international.

Dans la Charte des Nations Unies, les textes sont clairs. Les guerres d’agression sont illégales et on peut lire dans ce livre comment ces textes, pourtant bafoués à maintes reprises, vont quand même peser dans le temps sur les principaux acteurs étatiques dans le combat pour ranger les opinions publiques occidentales dans leur camp. Avec une précision d’horloger suisse, Daniele Ganser va méthodiquement passer en revue chacun des conflits dans 13 pays, depuis l’Iran en 1953.

Le 25 juin 1945, lors de la signature de cette charte, l’OTAN n’existe pas mais on la voit apparaître progressivement et se transformer d’une alliance dite de défense en une alliance offensive au service du pays hégémonique, les États-Unis, et de ses dirigeants.

J’ai volontairement passé sous silence jusqu’à présent les conséquences de ces guerres illégales pour les acteurs étatiques et leurs dirigeants. Plusieurs cours de justice ont surgi depuis la création de la fameuse Cour pénale internationale, dont ses avatars, le Tribunal pénal international pour le Rwanda ou pour l’ex-Yougoslavie. S’il existe des cours, c’est pour juger des crimes, crimes qui sont définis précisément comme l’explique l’auteur : le crime d’agression, le crime de guerre, le crime contre l’humanité et le génocide.

Si le droit est relativement clair, son application l’est beaucoup moins car beaucoup se joue au niveau du Conseil de sécurité et des droits de veto exercés par les cinq membres permanents. Ces joutes verbales parfois homériques vont parfois réussir à faire reculer la guerre, parfois pas, selon des processus complexes que Daniele Ganser décrit précisément, au cas par cas.

À noter que récemment,  le Saker US a écrit sur un autre artefact du droit international, « Uniting for Peace » qui a fait l’objet d’une passe d’armes autour de la Crimée et du statut de Jérusalem et qui démontre toute la puissance de ces textes pour peu que la justice puisse être dite et respectée.

Une fois passée cette première partie théorique mais essentielle, l’auteur attaque la partie historique des faits et des guerres. Si vous connaissez mal ces aspects juridiques, ce livre reste vraiment un bonheur car il est de nature à convaincre de la nécessité du combat juridique, seul à même de régler les différends entre pays. La montée en puissance de la Russie et de la Chine, depuis quelques années, et beaucoup moins connotée idéologiquement que pendant la Guerre froide, montre déjà comment les textes votés en 1945 pèsent de plus en plus sur tout ceux qui seraient tentés de décider seuls de par leur destinée manifeste.

Cette seconde partie plus historique est découpée par guerre. À chaque fois, Daniele Ganser plante le décor historique en insistant sur le fait que tous ces pays étaient membres de l’ONU. Si vous avez survolé ces périodes historiques, en une trentaines de pages, l’auteur rappelle les faits connus et documentés, les acteurs, les doutes qui existent encore, et il analyse chacune de ces guerres sous l’angle du droit et de possibles actes d’accusation. Je vous laisse découvrir vous-mêmes des guerres oubliées, comme celle du Guatemala. J’y ai appris beaucoup de détails significatifs, de faits avérés avec leurs sources. L’auteur nous aide aussi à nous remettre dans le contexte de l’époque pour expliquer les intérêts croisés, notamment ceux des multinationales et de leur puissance grandissante au cours des décennies.

Finalement, même si dans les termes, c’est l’OTAN qui prend des coups, on perçoit parfaitement qu’il y a une continuité dans la domination américaine, surtout après l’effondrement de l’URSS. On devine parfaitement le moment unipolaire américain et aussi le début de la fin en Syrie et en Ukraine.

Daniele Ganser ne fouille pas en profondeur chaque conflit, ce n’est pas son objectif principal. Du coup, il y a parfois quelques raccourcis gênants comme sur l’ex-yougoslavie où il parle du massacre de Srebrenica, semblant accréditer la thèse du TPI clairement pro-OTAN, avant de soulever des objections pour équilibrer son analyse. Il renvoie aussi parfois certains acteurs dos à dos sans soulever tous les enjeux géostratégiques à même d’expliquer certains actes semblant sortir de nulle part.

Vous aurez donc un travail personnel de mise en perspective avec vos propres sources, mais ce livre atteint pleinement ses objectifs de départ : démontrer la nécessité de l’ONU déjà sous sa forme actuelle et montrer que le droit écrit reste toujours valide, qu’il a pesé, qu’il pèse et qu’il pèsera de plus en plus sur les psychologies des acteurs pour guider la politique internationale.

Ce livre m’aura surpris sur son contenu et sur sa forme, montrant un visage différent de Daniele Ganser par rapport à ses conférences. Il aura sans doute changé ma vision de l’actualité, m’ouvrant un peu plus  l’esprit à une autre grille de lecture autour de l’importance du droit international. Même si l’actualité semble parfois démontrer le contraire, la Russie et la Chine qui ont visiblement intégré dans leur diplomatie le respect du droit à la lettre – parfois contre leurs intérêts à court terme – sont sans doute gagnantes sur le long terme et, il faut l’espérer, le monde entier avec elles.


Daniele Ganser n’a malheureusement pas pu répondre à notre sollicitation d’interview. Nous vous proposons de lire celle qu’il a donnée récemment au site arretsurinfo.ch.

Daniele Ganser : La plupart des guerres menées par des membres de l’OTAN commencent par des mensonges

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Qui a perdu la Turquie ?


Le projet américano-kurde en Syrie menace l’OTAN


 

Moon of Alabama
Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 25 janvier 2018

Dans les années 1950, la sphère politique américaine a été empoisonnée par une campagne de dénigrement sans fondement contre des experts du département d’État accusés d’avoir perdu la Chine. Si l’administration de Trump poursuit sa trajectoire actuelle, elle sera peut-être bientôt accusée de quelque chose de similaire. Ceux qui seront accusés d’avoir « perdu la Turquie » seront une fois de plus les personnes qui ont averti du danger et non les véritables coupables. Continuer la lecture de Qui a perdu la Turquie ?