Du positif : d’Ankara à Moscou, l’intégration de l’Eurasie est en marche


L’Union économique eurasienne dirigée par la Russie déploie ses ailes et gagne en force, avec des projets clés, de grands acteurs et de grands travaux en cours


Pepe EscobarPar Pepe Escobar − Le 5 avril 2018 − Source thesaker

Alors que les présidents Vladimir Poutine, Hassan Rouhani et Recep Tayyip Erdogan se sont rencontrés à Ankara pour un deuxième sommet Russie-Iran-Turquie sur l’avenir de la Syrie, Moscou a accueilli sa 7e conférence internationale de sécurité réunissant des ministres de la défense de dizaines de pays.

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La Bolivie face au Chili : conséquences régionales de l’opposition libéralisme – réalisme


Par Andrew Korybko − Le 23 mars 2018 − Source Oriental Review

Chilean president Michelle Bachelet and her Bolivian counterpart Evo Morales

La Bolivie essaie de revenir sur les conséquences géopolitiques de la guerre du Pacifique contre le Chili, de 1879 à 1883 ; ses tentatives sont pétries de naïveté libérale, supposant que des arguments moraux peuvent suffire à apporter des changements concrets dans le système international néo-réaliste contemporain.

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Les États-Unis menacent de sanctions les entreprises européennes impliquées dans le projet de gazoduc russe


Par Russia Today – Le 21 mars 2018

Le département d’État américain a lancé un avertissement concernant de probables sanctions à l’encontre des entreprises engagées dans la construction du gazoduc Nord Stream 2, en prétendant que le projet russe compromet la sécurité énergétique en Europe.

 « Comme beaucoup le savent, nous nous opposons au projet Nord Stream 2, le gouvernement américain s’y oppose » a déclaré la porte-parole du département d’État, Mme Heather Nauert, lors d’une conférence de presse. « Nous pensons que le projet Nord Stream 2 risque de nuire à la sécurité et à la stabilité énergétique globale de l’Europe. Cela fournirait à la Russie un autre outil pour faire pression sur les pays européens, en particulier sur des pays comme l’Ukraine. »

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Pétrodollar : changement de donne…


Le marché à terme du pétroyuan ouvre ses portes aujourd’hui. Dix milliards de yuans négociés dés la première heure.


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Profile picture for user Tyler DurdenPar Tyler Durden – Le 26 mars 2018 – Source ZeroHedge

Après la préparation et toutes les attentes, les pom-pom girls et les prédictions d’apocalypse, les contrats à terme sur le pétrole brut – INE Crude Oil Futures – libellés en yuan chinois, ont commencé à se négocier ce soir à Shanghai, et cela semble bien démarrer avec plus de 10 milliards de yuans négociés dans la première heure.

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Vous pensez camionnage ? Passez à la conduite en peloton !


Par Ugo Bardi – Le 11 février 2018 – Source Cassandra Legacy

image de scania.com

Le concept de « peloton » implique des camions connectés électroniquement et proches les uns des autres. C’est une idée beaucoup plus innovante que celle des voitures particulières auto-pilotées et elle a le potentiel de révolutionner le transport routier en réduisant drastiquement les coûts.

Les voitures autonomes (ou « véhicules automatisés » VA) font fureur dans le débat. Dans la plupart des cas, nous avons beaucoup de battage publicitaire et peu de preuves, mais il est également vrai que de telles voitures ne sont pas impossibles. Alors, que pouvons-nous dire à propos de cette idée ?

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Hassan Nasrallah sur les guerres du pétrole et du gaz au Moyen-Orient


Par Sayed – Le 28 février 2018 – Source sayed7asan

Discours du Secrétaire général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 16 février 2018, à l’occasion de la commémoration des dirigeants martyrs du Hezbollah (Cheikh Ragheb Harb, Sayed Abbas Mousawi, Hajj Imad Moghniyeh)

Traduit et sous-titré par Sayed

Première partie

Deuxième partie

Transcription 

[…] Premièrement, en ce qui concerne la bataille actuellement en cours, et le défi qui accapare aujourd’hui l’esprit de tous les Libanais, (à savoir la délimitation de) la frontière (libano-israélienne) terrestre et maritime, de la Zone économique (exclusive), et les gisements d’hydrocarbures du Liban, surtout dans les eaux du sud.

Premièrement, il semble bien que toute la région – je parle du point de vue global et non pas seulement de la ZEE libanaise et du Bloc 9 (qu’a revendiqué) le ministre de la Guerre israélien Liberman – il semble que toute la région est entrée ouvertement au cœur de la bataille du pétrole et du gaz. Et notre cas (libanais) n’est pas distinct de ce cadre général. À travers cette introduction, je veux dire que personne ne doit traiter cette question comme une question à part.

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Afghanistan – Le pipeline, la paix, et les saboteurs


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 2 mars 2018

Les négociations de paix en Afghanistan ont longtemps été au point mort. Mais cela vient de changer à la surprise générale. Il y a dû avoir pas mal de négociations secrètes entre de nombreux acteurs pour parvenir soudain à ces deux résultats :

Les talibans s’engagent à protéger le projet de gazoduc TAPI – VOA, 24 février

Afghanistan – Ghani propose des pourparlers « sans conditions préalables » aux talibans – Reuters, 28 février

Les deux décisions, le soutien des talibans au TAPI et l’offre du président Ghani marquent un changement. Il y a tout juste deux semaines, Ghani rejetait toujours des pourparlers sans conditions.

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Le gazoduc Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde (TAPI) est en négociation depuis le début des années 1990. Il est censé apporter du gaz d’Asie centrale au Pakistan et en Inde. Seuls les gazoducs russes relient actuellement le Turkménistan et ses grandes réserves de gaz à ses marchés d’exportation. C’est une des raisons pour lesquelles les États-Unis ont toujours soutenu le projet. La société américaine Unocal s’y est fortement impliquée. Un de ses consultants, Zalmay Khalilzad, est devenu plus tard ambassadeur des États-Unis en Afghanistan, puis en Irak.

Les troubles ont jalonné la longue histoire du projet de pipeline. Le projet TAPI était une des principales raisons pour lesquelles les États-Unis voulaient renverser les talibans. Le 11 septembre 2001 leur a donné un prétexte pour envahir l’Afghanistan et, à la fin de 2001, le gouvernement taliban avait mis fin à ses activités.

Mais il a fallu encore 14 ans pour que les premiers tuyaux de ce projet de pipeline d’une valeur de 10 milliards de dollars, soient posés. Après le renversement en Afghanistan du gouvernement taliban qui lui était inféodé, le Pakistan est devenu hostile au projet de gazoduc. Il y a également eu des différends au sujet des prix, et des conflits entre l’Inde et le Pakistan. Le Pakistan a ensuite négocié avec l’Iran pour lui acheter du gaz. Les États-Unis ont fait pression sur l’Inde pour qu’elle n’achète pas de gaz à l’Iran. Mais le gazoduc Iran-Pakistan-Inde (IPI) n’a jamais été achevé. Le Pakistan revient maintenant soutenir TAPI. C’est probablement la raison pour laquelle les talibans ont accepté de protéger le projet dans les zones qu’ils contrôlent. Mais à mon avis, il y a autre chose derrière cette décision. Je crois qu’un accord plus large sur l’avenir de l’Afghanistan a été conclu. Combien de sièges ministériels les talibans peuvent-ils obtenir ? Quelle influence le Pakistan peut-il exercer ?

Au Turkménistan, la construction du gazoduc TAPI a commencé en 2015. En Afghanistan, la construction a commencé le 24 février de cette année. Les États-Unis contrôlent le financement de l’ensemble du projet.

Il ne faut pas parier sur la date de mise en service du pipeline. Le soutien des États-Unis au gazoduc a pour objectif de limiter l’influence russe et chinoise en Asie centrale. Une analyse du marché du gaz permet de discerner plusieurs raisons de saboter le projet :

TAPI est en concurrence directe non seulement avec le projet iranien IPI, mais aussi avec les exportateurs de gaz naturel liquéfié (GNL), parmi lesquels figurent des pays comme le Qatar, l’Australie, les États-Unis, le Canada et la Russie, qui, à eux tous, exportent environ 30 milliards de m³/an en Inde.

En construisant le gazoduc TAPI, les États-Unis tentent de prendre le dessus dans une région qui est loin de ses rivages et sur laquelle ils ont peu de contrôle. Plus de 25 ans après sa conception, l’entreprise nécessite et nécessitera encore des tonnes d’argent, des années de travail et beaucoup de chance pour se réaliser. Il y a de nombreux acteurs qui pourraient vouloir s’ingérer dans l’affaire et qui connaissent la région beaucoup mieux que les États-Unis ne le feront jamais.

Le plus grand risque, cependant, est l’approche agressive et militante que les États-Unis continuent d’adopter à l’égard des talibans. L’intense campagne aérienne américaine contre leurs intérêts et leurs opérations se poursuit sans grand résultat. Les talibans continuent de contrôler près de la moitié du pays. Une série d’attaques contre le gouvernement central à Kaboul a ébranlé la confiance du public dans le gouvernement de Ghani. Aujourd’hui encore, un attentat-suicide a frappé la capitale.

Les récentes annonces montrent que les négociations de paix et le gazoduc sont intimement liés. Si les pourparlers échouent, le soutien des talibans au gazoduc prendra également fin. Si le pipeline tarde à être opérationnel, les États-Unis pourraient se décider à quitter le pays. Beaucoup de gens ne souhaitent sans doute rien d’autre, et ils feront ce qu’ils peuvent pour y parvenir.

Traduction : Dominique Muselet

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Corridor arménien entre la Mer Noire et le Golfe Persique


Ce projet risque de piétiner les intérêts de la Russie


Par Andrew Korybko – Le 24 février 2018 – Source Oriental Review

Armenian Pres. Serzh Sargsyan at the Munich Security Conference, Feb 2018

Le président Serge Sargsian a déclaré lors de la conférence de Munich sur la sécurité le week-end dernier que son État enclavé, l’Arménie, s’efforçait de devenir la composante « terrestre » d’un ambitieux plan visant à relier la Mer Noire et le Golfe Persique par un corridor arménien de transit. C’est dans l’intérêt stratégique de son pays mais cela affecterait sans aucun doute la situation géopolitique dans cette région sensible. Pour commencer, cette initiative détournerait une partie du trafic du corridor de transport nord-sud multimodal entre la Russie et l’Inde en éliminant Bakou et Moscou de l’équation s’agissant de faciliter le commerce entre l’UE et l’Inde, en les remplaçant principalement par Erevan et Tbilissi. Cela ferait émerger sur les cartes un couloir secondaire à celui de la Mer Noire qui pourrait ensuite conduire jusqu’aux membres du bloc des Balkans.

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Les Romains et nous. Pourquoi la violence de l’État est en hausse


Par Ugo Bardi – Le 8 janvier 2018 – Source CassandraLegacy

La police espagnole a blessé des centaines de personnes, y compris des femmes et des personnes âgées, lors du référendum pour l’indépendance de la Catalogne, en 2017. Ce n’était pas le pire de ce que les États peuvent faire – et qu’ils ont fait – à leurs citoyens, mais c’est une indication que la violence de l’État est en hausse. Peut-être pouvons-nous trouver des raisons à cette tendance si nous regardons l’histoire de la Rome antique. Les Romains étaient extrêmement cruels et violents, peut-être un effet de leur dépendance aux esclaves. Dans notre cas, nous avons remplacé les esclaves humains par des esclaves fossiles (combustibles fossiles) mais, comme ils nous abandonnent, nous risquons de revenir à la violence des temps anciens.
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Jusqu’où la situation peut-elle empirer pour la compagnie pétrolière d’État vénézuelienne ?


Par  Amy Myers Jaffe – Le 23 janvier 2017 – Source Council on Foreign Relation

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La dernière tentative du Venezuela pour lever des capitaux en émettant une crypto-monnaie, le petro, liée prétendument à ses réserves de pétrole de l’Orénoque est problématique à tant de niveaux qu’il est difficile de savoir comment la commenter au-delà du fait que le gouvernement américain a déjà dit que le nouveau marché risquerait d’être exposé aux sanctions américaines. L’arrêt de cette crypto-monnaie pourrait devenir l’élément le plus facile à traiter par l’administration de Donald J. Trump pour contrer les mesures prises par Caracas pour gérer les créanciers de la compagnie pétrolière publique du Venezuela, Petróleos de Venezuela, PDA (PDVSA).

PDVSA s’engage dans toutes sortes de transactions sans argent pour contourner les saisies de cargaisons de pétrole. Mais la société pourrait faire face à encore plus de difficultés cette année car les difficultés financières du Venezuela ont mordu dans sa capacité à maintenir ses champs pétroliers en activité. Citibank estime que la capacité de production de pétrole du Venezuela pourrait chuter à un million de barils par jour au cours de l’année 2018, contre 2,8 millions b/j en 2015, alors que son accès au crédit se détériore, accentuant encore plus le délabrement de ses installations. Les sociétés de services internationales limitent leurs activités dans le pays en prenant prétexte des centaines de millions de dollars de frais impayés. Les champs de pétrole du Venezuela ont un taux de déclin naturel de 25% qui nécessite une attention constante pour maintenir les capacités de production.

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